George Sand
Les carnets secrets d'une insoumise

Le roman de la vie cachée de George Sand

De George Sand s’impose l’image de la « bonne dame de Nohant ». Celle qui, ayant derrière elle une riche carrière littéraire, s’occupait de son jardin et de ses œuvres. Pourtant, la romancière fut tout autre que cette image surannée : une amoureuse ardente, une républicaine, une combattante de la cause des femmes. Pourquoi un tel fossé entre ce qu’elle fut et l’image qu’elle a laissée ? En grande partie parce que, dans ses mémoires, George Sand a occulté tout un pan de sa vie.

C’est cette histoire cachée que font revivre ces Carnets secrets, histoire romancée qui repose entièrement sur des faits avérés. Alors que sa fille Solange lit les confidences – fictives – de George Sand, les points de vue de la mère et de la fille se répondent. Ils dressent le portrait d’une femme libre, passionnément amoureuse – notamment de Musset et de Chopin –, qui mène sa vie personnelle et sa carrière d’une même main de fer.

George Sand est une fantaisiste organisée, une passionnée à la tête froide qui place sa liberté au-dessus de tout le reste. Une femme à la modernité éclatante.

Dans la veine de ses grands romans historiques – Le Grand Vizir de la nuit (prix Femina), La Marquise des ombres ou encore Merveilleuse – Catherine Hermary-Vieille dresse le portrait d’une George Sand inconnue, une femme fascinante et libre.

Interview de l’auteur

Vous remettez en lumière George Sand dans George Sand – Les Carnets secrets d’une insoumise. Pourquoi ce choix ?

J’ai toujours été frappée de voir à quel point George Sand, dans ses mémoires, Histoire de ma vie, passe sous silence des pans entiers de son existence. Elle est remarquablement silencieuse sur sa vie amoureuse et sexuelle. La plupart des livres qui lui sont consacrés sont très élogieux. On en dresse un portrait « sage ». Mais elle garde des zones d’ombre qui me semblaient fort intéressantes à explorer. La vie amoureuse et ses nombreux amants, en premier lieu. Mais aussi les relations mère-fille, qui sont fascinantes. Elle a toujours eu une attitude hostile envers sa fille, ambivalente. Elle qui était contre le mariage l’a pourtant mariée encore mineure, par exemple… Dans cette biographie romanesque, j’ai pris le parti de l’écouter parler d’elle, et j’ai donné la parole à sa fille, Solange, qui apporte un contrepoint inédit.

Ce qui m’a fascinée aussi, c’est la richesse de l’univers culturel dans lequel George Sand évolue. Elle reçoit beaucoup des grands auteurs et peintres de son temps – Flaubert, Balzac, Delacroix –, est l’amante d’Alfred de Musset et de Frédéric Chopin, et sillonne les routes de l’Europe. Elle est réellement au centre d’une vie culturelle intense.

George Sand a une image un peu surannée aujourd’hui… Quelle femme était-elle vraiment ?

George est un personnage très complexe, assez impénétrable de prime abord. Elle véhicule des images qui se croisent et se contredisent parfois.

C’est un écrivain populaire, dont chaque opus rencontre le succès, une femme d’affaires qui sait mener sa barque seule. Mais elle veut aussi donner une image de sagesse : la « bonne dame de Nohant », châtelaine attachée à ses terres.

C’est une femme qui a vécu sa vie amoureuse avec une grande liberté, tout en étant incapable de comprendre les excès de Musset – alcool, drogues, débauches sexuelles.

C’est une militante du socialisme chrétien et utopique de Leroux, qui voit pourtant d’un mauvais œil le vote des femmes.

C’est enfin une mère pleine de principes qui fera le malheur de ses enfants…

Comment avez-vous travaillé ?

Je n’ai rien inventé en ce qui concerne les faits, mais j’ai utilisé mon esprit de romancière pour entrer dans ce personnage et dans celui de sa fille. Pour cela, il me fallait une base solide, qui permette à l’imagination de ne pas s’égarer.

J’ai lu tous les livres importants parus sur George Sand, une grande partie de sa correspondance (la lire intégralement, vu sa logorrhée épistolaire, est une mission quasi impossible : il arrivait à George d’écrire à ses amis des lettres de trente pages), une biographie très intéressante de Solange, une multitude de documents sur les mœurs, habitudes, vie quotidienne de l’époque, tant à Paris qu’en province, sur les salons littéraires, les grands événements culturels : pièces de théâtre, concerts, etc., des carnets de voyageurs. Et bien sûr une douzaine des livres de George Sand, certains vraiment surannés, d’autres toujours attachants. George était lue, comme l’a dit Flaubert, tout autant par les grandes dames que par leurs femmes de chambre. Et bien sûr j’ai écouté maintes œuvres de Chopin, de Liszt, de Berlioz. Quel enchantement ! Je suis tombée amoureuse de Chopin…

Tout cela m’a permis de dresser le portrait de George Sand, et de mettre en lumière Solange, qui toute sa vie a été confrontée à cette figure maternelle toute-puissante, exigeante, dure et pourtant fascinante.

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la presse en parle

“Catherine Hermary-Vieille livre une analyse sensible des rapports entre une mère et sa fille.”
Le Figaro Littéraire, Françoise Dargent

“Une lecture passionnante”
Femme Actuelle

“Un livre magnifique qui fait redécouvrir George Sand, amoureuse ardente, passionnée, républicaine et défendant la cause des femmes. Une vraie « fantaisiste organisée » à la modernité éclatante.”
L’Est Républicain

“Ces confidences nous entraînent dans un monde fait de sentiments forts, de mots et de musique. Un régal.”
L’Est-Eclair

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