La Gloire à 20 ans

Trente-trois jeunes gens qui ont connu une gloire immortelle.

Alexandre le Grand qui voulait aller au bout du monde, les Beatles qui l’ont conquis, Blaise Pascal génie des sciences et des lettres, Charlie Chaplin et son déguisement devenu une seconde peau, Jesse Owens remportant toutes les médailles d’or aux Jeux de 1936, devant un Hitler furibond…

Leur point commun : ils ont rencontré la gloire, très jeunes, avant trente ans.

Car tout est là : à l’âge où le commun des mortels entame sa vie d’adulte, les personnages choisis par Jean François Deniau gravaient déjà leur nom dans l’Histoire. Exemplaires, excessifs ou fulgurants, tous étaient habités par la certitude que leur vie avait un sens. On se laisse entraîner avec délices à leur rencontre par ce grand conteur, qui nous brosse de véritables tableaux de leurs destins lumineux.

Autres personnages : Cléopâtre, Aliénor d’Aquitaine, Jeanne d’Arc, Vasco de Gama, Michel-Ange, Rembrandt, Le Grand Condé, Mme de Pompadour, Goethe, Mozart, La Fayette, Bonaparte, Surcouf, Hugo, Berlioz, Rostand, Guynemer, Marlène Dietrich, Lindbergh, Mermoz, Joséphine Baker, James Dean, Youri Gagarine, Brigitte Bardot, Elvis Presley, El Cordobés, Cassius Clay, Ellen MacArthur…
Enfin, trois Compagnons de la Libération, héros très discrets du combat de l’ombre, emportés en pleine jeunesse dans le maelström de la Deuxième Guerre mondiale.

Interview de l’auteur

Comment vous est venue l’idée de raconter La Gloire à vingt ans ?

C’est un beau titre, et en partant de ce titre, je me suis mis à rêver. La gloire, vouloir laisser derrière soi un nom, une œuvre, un exemple… Que signifie la gloire pour tous nos contemporains, dont les plus jeunes ? J’ai été pris de passion par ce sujet. Surtout si, au lieu d’en parler en général, on s’attache à ce moment si exceptionnel et émouvant d’une vie : la rencontre de la gloire, très jeune, à vingt ans. Rien que la liste de ceux qui ont eu cette chance — et cette volonté — peut conduire à beaucoup de surprises elles aussi passionnantes. En outre, je crois que la meilleure éducation, c’est l’exemple. Connaître la vie des autres peut nous aider dans notre vie. Notre façon de faire face à la maladie peut aider d’autres à faire face. Savoir qu’il existe des actes de courage peut aider à avoir du courage. J’ai raconté non pas des vies illustres mais des moments symboliques dans des vies illustres, d’Alexandre le Grand à Brigitte Bardot… Des exemples.

Dans votre introduction, vous parlez de « l’entêtement héroïque » commun à tous ces personnages. Qu’entendez-vous par cette expression ?

Ne se contenter ni de ce qui est ni de ce qu’on est. Vouloir faire mieux. En prendre le risque. C’est une question de chance, d’occasion certes. Mais aussi de volonté de saisir sa chance. C’est le contraire de deux phrases que j’entends trop et que je ne supporte pas : « Il n’y a rien à faire » et « Ce n’est pas mon problème ».

Vos personnages ont-ils conscience d’avoir un destin à accomplir ?

Peut-on être sûr à vingt ans et quelque d’avoir un destin ? Non. Peut-on en vouloir un ? Oui. C’est une voix intérieure qui vous le dicte. Voix : c’est le même mot que vocation. Tous ceux qui ont eu la gloire très jeunes avaient des « voix ».

Comment avez-vous choisi ces 33 personnages ?

Les règles de choix, en dehors de l’âge, sont claires. Dépasser les positions privilégiées de la naissance et de la fortune : être né roi ou reine ne suffit pas. Ne pas confondre la grande notoriété, le succès parisien, voire la célébrité, avec cet éclat de lumière particulier comme un soleil se démasquant. Écarter donc les « gloires d’un jour ». Écarter les actes douteux ou criminels même s’ils sont célèbres ! La gloire est un mot de lumière.

En travaillant sur des centaines de cas, j’ai eu des surprises. Étaient exclus de nombreux maréchaux de Napoléon, Che Guevara, Sarah Bernhardt… Ils ont eu la gloire, certes, mais après trente ans, comme les cosmonautes américains qui, à la différence du russe Gagarine, ont tous entre trente et quarante ans. Corneille aurait eu sa place, mais s’il écrit Le Cid à 29 ans, la pièce, triomphal succès, n’est jouée qu’après ses trente ans.

La frontière entre célébrité et gloire n’est pas toujours facile à tracer non plus — j’attends les suggestions des lecteurs. La différence entre le talent ou la célébrité et le génie ou la gloire, on la sait d’instinct en quelque sorte. C’est la nature de la lumière. Mon choix est aussi un choix subjectif, qui peut se discuter. J’ai choisi ceux en qui j’ai senti la flamme. On pouvait hésiter sur Joséphine Baker ou Cassius Clay. Ellen MacArthur est aujourd’hui encore une sorte de pari. La gloire est joueuse…

Vos portraits évoquent toutes les époques, avez-vous vu une évolution dans la nature de la gloire au fil du temps ?

Sans aucun doute. Avec le rôle grandissant des médias, qui fabriquent des célébrités du jour au lendemain, il est de plus en plus difficile de distinguer le fait d’être connu, le renom, et la gloire elle-même. Les catégories professionnelles changent aussi. Les militaires, les aviateurs, s’éloignent au profit de vedettes du spectacle et du sport. La différence reste dans une sorte de chaleur qu’irradie la gloire. Certains l’ont, d’autres pas.

Les occasions de succès, conquêtes, victoires évoluent. Il y a eu la traversée des océans, la découverte du monde, l’exploration du Nil, des deux pôles, puis la conquête de l’air et celle de l’espace. Il y aura toujours les grandes œuvres du génie humain, dans la littérature, les beaux-arts, l’invention scientifique. Il y aura toujours l’éclat d’hommes ou de femmes exceptionnellement doués. En un mot : le succès prodigieux d’une vie humaine.

Les femmes sont présentes dans la politique, le sport, le spectacle… et même le militaire, mais pas dans la création artistique. C’est si difficile, d’atteindre la gloire, quand on est une femme ?

C’est la création artistique elle-même qui fait apparaître peu de génies avant l’âge de trente ans. Sur plus de vingt siècles, pour la peinture, je n’en ai trouvé qu’un seul, Rembrandt. Pour la sculpture qu’un seul, Michel-Ange. Il en est de même pour la science où je n’ai pu retenir, à cause d’une maturation plus lente, ni Newton, ni Pasteur, ni Einstein… Un très grand peintre, Mme Vigée-Lebrun, n’atteint la vraie célébrité que trop tard. De même pour la littérature et la politique : Mme de Staël. Qui pourrait contester le pouvoir de la Grande Catherine de Russie ou même d’Agnès Sorel ? Mais plus tard.

Une telle gloire, si jeune, est-elle enviable ?

D’abord il y a le cas tout à fait à part des enfants prodiges. Mozart a bien sûr la gloire à six ans. Mais il lui faudra se faire reconnaître comme un génie alors qu’il n’est plus un enfant, et cela lui vaudra beaucoup de déceptions amères. Le cas des virtuoses est comparable. Chopin, Liszt, sont d’abord célèbres comme virtuoses, en exécutant les œuvres des autres. Passer dans une autre catégorie, avec une autre image, celle des compositeurs, des créateurs, n’est jamais facile.

Alors la gloire à vingt ans est-elle un fardeau ? La Fayette est un peu écrasé par sa gloire si forte et si jeune. On pourrait le dire aussi du Grand Condé qui est resté après Rocroi un éternel insatisfait. Mais d’autres, au contraire, qui ont connu la gloire avant trente ans, ne la verront que progresser encore, lentement mais sûrement, au fil des années… Victor Hugo. Quoi qu’il en soit, comme je vous l’ai dit, ces jeunes gens ne se sont pas posé de questions : poussés par un appel intérieur, ils ont avancé. Et la plupart sont restés « à la hauteur » de leur gloire toute leur vie.

Le dernier chapitre évoque de très jeunes résistants. Pourquoi avez-vous tenu à ce qu’ils figurent dans votre livre ?

Sur le millier de compagnons de la Libération qui ont en commun la force de la « voix » intérieure qui les appelle et « l’entêtement héroïque » qui les conduit, il y a des cas particulièrement bouleversants, notamment celui de ces trois jeunes compagnons (qui n’ont pas encore vingt ans) dont deux ne survivront pas à leur héroïsme. Ce sont de « glorieux anonymes » : leurs noms sont quasiment oubliés. Pour moi, très injustement. Je n’aurais écrit ce livre que pour eux, j’en serais déjà heureux.

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