Lire pour le plaisir
  • Twitter
    S’inscrire à la newsletter
  • Twitter
  • Facebook
  • Instagram

Loup

Avec ce roman d’aventures mené tambour battant, Nicolas Vanier nous transporte au milieu de territoires sublimes et inconnus.

Attendri par le spectacle d’une louve jouant avec ses louveteaux, Serguei sait qu’il transgresse les lois millénaires de son peuple nomade. Il a en face de lui des loups, les égorgeurs de rennes, les ennemis héréditaires. Il est tenu par son rôle de futur chef de clan de les abattre tous, sans état d’âme. Mais, dans l’insouciance de ses dix-sept ans, Serguei se dit qu’il aura tout le temps de le faire plus tard. Pas un instant, il ne pense que sa vie est en train de basculer.

Le jeune Évène vient d’entrer dans le cercle des loups.

À cause de cette trahison, Serguei est renié par son père et banni de son clan. Il doit désormais survivre seul dans le désert glacé de la Sibérie. Mais quand des hommes sans scrupules, venus de cet Ouest tout-puissant, débarquent et menacent la survie des siens, le jeune homme n’a plus qu’une idée en tête : sauver coûte que coûte sa tribu et la femme qu’il aime. Seul contre les pirates des temps modernes, Serguei réussira-t-il à empêcher la disparition de son peuple ?

Une aventure extraordinaire au cœur du Grand Nord sibérien, entre un monde ancestral régi par les lois de la nature et la modernité, qui menace de tout balayer.

Interview de l’auteur

Votre nouveau roman se passe dans le Grand Nord sibérien. Cette histoire est-elle inspirée de votre expérience personnelle ?

Lorsque j’ai parcouru la Sibérie en 1990, de la Mongolie jusqu’à l’océan Arctique, j’ai rencontré le peuple nomade éleveurs de rennes de mon roman en traversant les montagnes Verkhoïansk : les Évènes. J’ai passé six mois avec eux puis j’y suis retourné l’été et l’automne suivant. Depuis, j’ai toujours eu envie de raconter cette expérience extraordinaire.

Le chef de ce clan s’appelait… Nicolaï, comme dans mon roman, en hommage à ce personnage qui fut l’un de mes grands amis. C’est lui qui m’a initié à ce monde des nomades, à leur art de vivre. Lui aussi se posait de nombreuses questions quant à l’avenir de son peuple, à sa place, à son identité. En été, il m’a confié la lourde charge de garder le troupeau de rennes dans les hauts alpages, de surveiller la harde, de la défendre et de la déplacer si besoin était. Pendant deux semaines, j’ai été comme Serguei, mon héros, seul avec les rennes, assailli par l’angoisse de ne pas être à la hauteur et jouissant du bonheur de vivre avec la grande harde, isolé, là-haut dans les montagnes.

C’est au cours de cette période que j’ai compris le rapport très particulier que ces nomades entretiennent avec les loups : un prédateur qui s’attaque à leurs rennes, que les Évènes poursuivent jusqu’en enfer mais qu’ils admirent en même temps, car ils mesurent son intelligence, son endurance, sa magnificence… C’est ce peuple et son histoire qui m’ont inspiré.

Les personnages du livre sont des nomades, les Évènes, qui vivent de manière très traditionnelle. Pouvez-vous nous en dire plus sur leur mode de vie, leurs coutumes ?

Les Évènes sont l’un des derniers peuples nomades du Grand Nord. Chaque clan est composé de 3 à 5 familles, soit de 20 à 30 personnes regroupées dans une petite dizaine de tentes. Le clan répond aux ordres de son chef, qui décide de l’emplacement du campement, des déménagements, règle les différends, s’appuyant parfois sur les conseils du chaman. Le chaman, lui, est une sorte de sage dont le lien entre la nature et l’homme lui permet de voir plus loin que le commun des mortels. Chaque membre du clan vient lui exposer ses problèmes.

Les Évènes vivent grâce aux rennes, qui constituent le cœur de leurs ressources : nourriture, vêtements, moyen de transport… Les rennes se nourrissent de lichens, présents dans les grands pâturages d’altitude. Le camp se déplace dès que le troupeau (environ 3 000 rennes) a consommé tout le lichen dans une zone : si bien que les Évènes sont tout le temps en voyage. Les femmes, les enfants, les vieillards suivent le rythme et participent aux tâches journalières : surveiller la harde, la déplacer, ramener les rennes égarés mais aussi collecter du bois, chasser les mouflons, les lièvres, les perdrix et les canards, pêcher…

On voit dans le roman que ce mode de vie est menacé. Pensez-vous que ces peuples soient condamnés à disparaître ? Pour quelles raisons ?

C’est vrai que c’est un peuple menacé, pour deux raisons :

La première est d’ordre environnemental : le réchauffement et les bouleversements climatiques ont pour conséquence la raréfaction du lichen dans de nombreuses zones des montagnes Verkhoïansk. Si la tendance ne s’inverse pas, les rennes ne pourront plus survivre dans ces zones et les Évènes seront contraints de déménager (vers le Nord ou plus en altitude) ou de changer de vie…

Il existe aussi des risques liés à la déforestation. Dans ces contrées éloignées, non surveillées, la pratique de l’« illegal logging » est monnaie courante. Une armée de bucherons suréquipés envahissent en toute illégalité un secteur qu’ils ratiboisent. Ils revendent le bois à des entreprises peu scrupuleuses en arrosant quelques intermédiaires dans l’administration et ailleurs. Derrière eux, ils ne restent qu’un désert sur lequel rien ne repoussera jamais.

La seconde raison tient au fait que ce mode de vie est dur et que les jeunes sont de plus en plus tentés par une vie qu’ils imaginent plus facile. C’est dans l’ordre des choses, une évolution du monde quasi inéluctable mais les Évènes résistent bien et nombre de jeunes ayant fait l’expérience de la ville reviennent dans leurs montagnes…

Est-ce qu’à travers vos livres vous essayez d’inciter les autres à réfléchir à leur rapport avec la nature ? Est-ce que vous avez l’impression de travailler à sa « sauvegarde » ?

Je pense que la première chose consiste à faire partager mon émerveillement pour ces mondes sauvages que je traverse. Faire aimer donne envie de protéger. Ensuite, il s’agit de passer de la prise de conscience à l’action concrète et je suis engagé aujourd’hui dans de nombreuses initiatives qui consistent à faire changer nos comportements. Il faut se réconcilier avec cette nature merveilleuse et généreuse qui a tant à nous donner à condition de puiser autrement en elle !

On ne parle aujourd’hui que de l’aspect négatif de l’action de l’homme sur l’environnement, et c’est vrai qu’il y a fort à dire. Mais l’homme peut rendre de nombreux services à la nature, y compris en prélevant ce dont il a besoin pour vivre, sans pour autant menacer la survie des espèces. C’est le cas des Évènes.

Les loups, l’un des thèmes centraux de votre roman, est un sujet récurrent dans vos livres. D’où vous vient cette fascination ? Avez-vous, comme votre héros Serguei, « apprivoisé » une meute de loups ?

J’ai rencontré beaucoup de loups dans ma vie, notamment parce que j’ai passé trente ans à sillonner des zones où il y en a beaucoup : l’Alaska, le Grand Nord canadien, la Laponie, la Sibérie.

J’ai souvent traversé ces immensités avec mes chiens de traîneau. Or les loups sont des animaux très territoriaux, qui n’admettent pas qu’on entre « chez eux ». Ils s’approchent pour savoir qui ose pénétrer sur leur territoire. L’homme qui conduit l’attelage a alors la chance de les voir !

La fascination que j’éprouve pour ces animaux s’est développée au fur et à mesure que j’ai appris à les connaître en les voyant chasser, voyager, élever leurs petits…

Je n’ai pas apprivoisé de loups car les loups ne s’apprivoisent jamais vraiment mais certains se sont habitués à ma présence et m’ont toléré dans leur univers : celui que je raconte dans ce livre.

Le film tiré du livre sera d’ailleurs sur les écrans en décembre 2009. Pouvez-vous nous en dire plus ?

C’est une adaptation du roman. Un film qui raconte l’histoire entre une famille Évène et une meute de loups.

Le but était de tourner ce film dans les conditions réelles, dans les lointaines montagnes Verkhoïansk. Deux clans Évènes composés d’une trentaine de personnes, enfants compris, ont participé à l’aventure avec leur grande harde de 3 000 rennes. En hiver, le thermomètre affiche souvent des températures inférieures à – 50° C. Par ce froid, la vapeur qu’exhalent les rennes et les hommes se fige immédiatement et noie tout dans un nuage transparent que le soleil irradie. C’est irréel et magnifique. Pour tourner ces images inédites, il a fallu des semaines de travail afin que les techniciens mettent au point des caméras résistantes à ces températures extrêmes qui modifient même le volume de l’acier !

Et il y avait les loups… qu’on ne dresse pas réellement, car un loup reste toujours un animal sauvage et méfiant qui lui donne cette allure si particulière, hiératique.

Ce fut un long travail de patience, mais, avec à l’arrivée la garantie d’images exceptionnelles, jamais tournées avec de vrais loups.

Le défi était immense, très risqué, et nous avons réussi ; en obtenant même quelques images qui vont au-delà de ce que nous espérions dans nos rêves les plus fous !

Quels sont vos projets pour la suite ? Préparez-vous une autre grande expédition ?

Je rêve d’adapter mon précédent roman : L’Or sous la neige. Ce sera à la fois un film et une grande aventure. Peut-être la prochaine ?

lire toute l’interview

la presse en parle

« Une aventure humaine extraordinaire » France dimanche

« Une histoire captivante » Télé loisirs

versions étrangères

Traduit en 3 langues

Chine : Chiangjiang

Corée : Korean Broadcasting

Russie / Ukraine : Family Leisure Club (Bertelsmann)

Inscription à la newsletter

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies afin de réaliser des statistiques de trafic. En savoir plus