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Madeleine Pauliac
L'insoumise

L’extraordinaire histoire du docteur Madeleine Pauliac, l’héroïne du film Les Innocentes, nommé 4 fois aux César 2017 !

Libre et dévouée jusqu’au sacrifice. N’obéissant qu’à ses indignations. Profondément insoumise. L’histoire de Madeleine Pauliac, médecin et lieutenant, est celle d’une incroyable combattante.

En juillet 1945, quelques semaines après la déroute nazie, elle prend la tête à Varsovie de l’Escadron bleu : onze Françaises de la Croix-Rouge d’à peine vingt ans qui, inlassablement, le jour comme la nuit, rapatrient les blessés français et volent au secours des rescapés des camps de concentration, de Majdanek, en Pologne, à Dachau, en Allemagne.

Chaque jour, avec ses coéquipières, Madeleine Pauliac fait face à l’horreur, au désespoir, à la violence de soldats russes qui n’ont pas hésité à violer des religieuses polonaises. Plusieurs d’entre elles se retrouvent enceintes. Dans le plus grand secret, Madeleine Pauliac les aide à accoucher. C’est ce drame que raconte le film d’Anne Fontaine Les innocentes.

Avec l’Escadron bleu, Madeleine Pauliac accomplit plus de deux cents missions de sauvetage en Pologne, n’hésitant pas à « kidnapper » des blessés français dans des hôpitaux russes.

Jusqu’à ce jour de février 1946 où elle périt en voiture, sur une route verglacée près de Varsovie. Une vie brisée… au service des autres.

Philippe Maynial est le neveu de Madeleine Pauliac. Longtemps responsable des ventes internationales chez Gaumont, il est le fondateur du prix Sopadin du scénario. Il est à l’origine du film les innocentes et livre ici le portrait bouleversant d’une héroïne oubliée.

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Interview de l’auteur

Qui est Madeleine Pauliac et pourquoi avez-vous souhaité écrire ce livre ?

Madeleine Pauliac était la soeur cadette de ma mère. Enfant j’étais fasciné par la photo de ma tante, entourée de toutes ses décorations, qui trônait dans la chambre de ma mère. Dans la famille, tout le monde répétait que Madeleine avait été « admirable » mais personne ne racontait vraiment son histoire. Comme si un voile de mystère planait sur la vie de cette femme médecin qui, en février 1946, à 34 ans, a péri sur une route verglacée de Pologne. Jusqu’à ce jour où ma mère, quelques mois avant de nous quitter, m’a confié une enveloppe. À l’intérieur, des lettres, des photos, des rapports, un journal de bord. Tout s’est alors éclairé : ma tante était plus qu’une femme admirable : une héroïne oubliée qui avait servi la France avec un dévouement et un courage extraordinaires. En me plongeant dans ces documents, j’ai voulu aller à sa rencontre, lui rendre hommage.

Très vite, vous êtes tombé sur l’histoire de ces religieuses polonaises violées par des soldats russes, dont plusieurs étaient enceintes…

Des religieuses que Madeleine a secourues dans le plus grand secret. Elle les a aidées à accoucher. En découvrant les documents que ma mère m’a transmis, j’ai écrit, bouleversé, la trame d’un scénario. La réalisatrice Anne Fontaine en a fait un film magnifique, Les Innocentes, qui est diffusé aujourd’hui dans le monde entier. Ce succès est pour moi une grande émotion.

Les Innocentes

© Mandarin Production

Mais ce que j’ai découvert depuis sur le sort de ces enfants va plus loin encore… Madeleine a rapatrié en France plusieurs enfants de ces religieuses, ainsi que des orphelins. Sans doute vingt-quatre, comme l’indique un rapport. Madeleine a également été à la tête d’un groupe incroyable de onze ambulancières, l’Escadron bleu, qui, après la capitulation allemande, pendant des mois, a sillonné la Pologne pour porter secours aux blessés français et aux rescapés des camps de concentration. C’est cette aventure humaine extraordinaire, aussi, que je raconte dans ce livre.

Comment avez-vous travaillé ? Quelles ont été vos méthodes et quelles difficultés avez-vous rencontrées pour remonter le fil de l’histoire de Madeleine ?

Pour redonner vie à Madeleine, il m’a fallu reconstituer avec précision cette période très courte allant de mars 1945 à février 1946, et comprendre pourquoi ma tante avait été choisie par le général de Gaulle pour se rendre à Moscou puis à Varsovie. En réalité, Madeleine, docteur en médecine, spécialiste de la  trachéotomie, avait été une grande résistante. Les lettres des femmes de l’Escadron bleu m’ont beaucoup aidé. J’ai eu la chance de rencontrer à Lyon la dernière survivante de cet escadron de la Croix-Rouge,  Simone Saint-Olive. Elle m’a raconté mille anecdotes – comment par exemple elles avaient kidnappé des soldats français dans des hôpitaux russes –, et permis de mesurer l’amour, il n’y a pas d’autres mots, que toutes ces fi lles volontaires d’à peine vingt ans éprouvaient pour leur chef. « Pour Madeleine, m’a-t-elle dit, on était prête à mourir ! » Madeleine, incontestablement, était quelqu’un de solaire. Toujours  souriante, toujours optimiste, douée d’un humour parfois corrosif et surtout, n’écoutant que son coeur, son sens du devoir, dépassant ou outrepassant les instructions, les consignes de prudence, prenant tous les risques.

C’est pour cette raison que vous avez appelé votre livre « L’insoumise » ?

Madeleine est une femme intrépide mais surtout profondément libre. Elle est insoumise quand, à 27 ans, résistante, elle ravitaille le maquis et porte secours à des parachutistes alliés. Insoumise quand, sur le territoire soviétique, pour sauver des Français, elle se fait passer pour la cousine d’un pilote de l’escadrille Normandie-Niemen. Insoumise encore quand, malgré les supplications de sa famille, elle repart à Varsovie en février 1946, retour qui lui sera fatal. Durant tous ces mois, cette « saison en enfer » comme aurait dit Rimbaud, les fi lles de l’Escadron bleu la suivront, galvanisées par cette personnalité  hors-norme.

Votre récit porte sur une partie plutôt méconnue de l’histoire de la Seconde Guerre mondiale, à savoir les quelques mois qui ont suivi la fin du conflit. Dites-nous-en un peu plus sur cette période charnière…

Effectivement c’est une période encore confuse. Paris a été libéré en août 1944 et aujourd’hui, pour nombre d’entre nous, cette date illustre la fi n de la guerre en France. Cette guerre pourtant se poursuit avec la bataille des Ardennes et l’entrée des troupes alliées en Allemagne, aboutissant à la capitulation de l’Allemagne le 8 mai 1945. Dans les pays alliés, c’est une explosion de joie, mais pour Madeleine Pauliac et l’Escadron bleu, le combat continue sous une forme diff érente. Il faut, en un temps record, rapatrier les 300 000 Français restés en Pologne avant que se referme le rideau de fer. Ce n’est que le 19 juin 1945 qu’un accord réciproque relatif au rapatriement des prisonniers, blessés et déportés sera signé avec le gouvernement soviétique. Varsovie est rasé, la Pologne est en ruines et il faut accomplir des miracles pour retrouver tous ces Français égarés avant qu’ils ne disparaissent au fin fond de la Sibérie. Ces Français avaient le pressentiment de ce qui les attendait s’ils ne regagnaient pas rapidement la mère patrie. Madeleine, elle, savait. Je repense souvent à tous ces hommes qui ont disparu dans l’immense Sibérie, broyés par l’implacable machine soviétique.

L’existence de cet Escadron bleu est l’une des grandes révélations de votre ouvrage, comment se fait-il qu’on n’en ait jamais entendu parler ?

Ce sont des héroïnes anonymes dans cette période grise de l’histoire qui n’intéressera plus personne une fois la page de la guerre tournée. Ces fi lles, pourtant, sont remarquables : onze jeunes ambulancières et infi rmières de la Croix-Rouge française, âgées de 22 à 29 ans, qui ont toutes un point commun, un idéal : servir la France. Alors que la paix est à portée de main, voilà qu’elles décident de s’engager dans la Croix-Rouge au péril de leur vie, et partent à l’est. Leur mission, tout comme celle de Madeleine, commence en mars 1945 : l’Escadron bleu en Allemagne, Madeleine à Moscou. Toutes se retrouvent ensuite à Varsovie le 27 juillet 1945 pour participer aux missions de rapatriement des blessés. Elles étaient dans une situation d’urgence absolue pour rapatrier ces hommes qui étaient bien souvent dans un état pitoyable. Ces femmes ont mené ces missions à hauts risques sans en tirer la moindre gloire, avec une immense modestie. Leur courage a été magnifi que, leur amitié immédiate et la mort accidentelle de Madeleine en février 1946, sur une route verglacée, a été, pour toutes ces femmes, un cataclysme. Elles resteront soudées toute leur vie, et aujourd’hui encore, leurs familles se réunissent chaque année.

En écrivant sur Madeleine, avez-vous appris sur votre propre vie ?

D’une certaine manière, oui. J’ai réalisé qu’inconsciemment, depuis mon adolescence et plus tard dans ma vie professionnelle, j’avais un peu suivi les pas de Madeleine : j’ai étudié le russe au lycée puis à l’Institut national des langues et civilisations orientales. J’ai été nourri de l’âme slave à travers l’admirable littérature russe et en particulier deux auteurs : Tchekhov et Dostoïevski. À 15 ans j’ai choisi de faire un séjour d’été dans un camp de komsomol, l’Union des jeunesses communistes, alors que rien dans mon environnement familial ne le justifiait. À 20 ans je découvrais avec horreur le camp d’Auschwitz. Plus tard, ma vie professionnelle m’a mené à maintes reprises dans les pays de l’Est et particulièrement en Pologne et en URSS. J’ai été troublé par cette attirance inconsciente pour cette culture et ces destinations, et aujourd’hui je ne peux m’empêcher de m’interroger : était-ce Madeleine, cette femme au regard si doux et déterminé sur la photo, qui m’influençait ? J’aime à le penser, en tout cas.

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la presse en parle

« Un coup de cœur » Laurent Delahousse, France 2 – JT de 13h 

« Un beau destin de femme » Pascale Deschamps, France 2 – JT de 13h 

« Le symbole du féminisme ! […] Une belle histoire de femmes. » Rosa Tandjaoui, France 5 – Le Magazine de la santé

« Digne d’un roman d’espionnage […] l’histoire est passionnante. […] Un portrait incarné, sensible, plein d’affection. » Nicolas Carreau, Europe 1

« Une vie bouleversante racontée avec émotion » Philippe Vallet, France Info

« Un grand livre » Élise Fischer, RCF

« Portée à l’écran par les Innocentes, la figure magnifique de Madeleine Pauliac retrouve un plus pur éclat à travers l’ouvrage que lui consacre son neveu. Celui d’un dévouement absolu, dans l’horreur de la Seconde Guerre mondiale. » Philippe Delorme, Valeurs actuelles

« Poignant. » Eva Roque, Télé 7 Jours

« Avec un amour indicible et une grande rigueur, l’auteur, qui est son neveu, fait revivre Madeleine Pauliac et ses compagnes dans un livre passionnant, qu’on ne lâche plus dès qu’on l’a ouvert. À lire absolument ! » Bernard Cattanéo, Le Courrier français