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Richelieu

Max Gallo raconte la vraie vie de Richelieu, personnage de légende et grand bâtisseur de l’unité française.

Armand Jean du Plessis de Richelieu n’aurait jamais dû devenir cardinal. Voué au métier des armes, il hérite pourtant, à vingt-trois ans, du petit évêché de Luçon. Dès lors, il fait preuve d’une détermination et d’une ambition infinies pour ne pas s’embourber dans son Poitou natal, et accéder à la Cour, à  la dignité de cardinal, et finalement au Conseil du roi.

Demeurer au faîte des honneurs et du pouvoir, c’est être capable de déjouer les cabales qu’animent Marie de Médicis, Anne d’Autriche, ou encore Monsieur frère du roi. C’est écarter avec cruauté les ennemis du royaume : protestants ou grands seigneurs refusant de faire allégeance. C’est mener la guerre contre l’Espagne. Et surtout, c’est séduire Louis XIII, homme insaisissable, hésitant et susceptible, qui peut à tout instant décider du sort de son plus proche conseiller.

L’histoire de Richelieu est aussi celle de son roi. Et c’est grâce à ce couple qu’ils formaient que Richelieu, serviteur de la grandeur de la France, est entré dans la légende.

Le destin fascinant d’un homme aux multiples facettes, sensible, déchiré, malade, mais aussi impitoyable et redoutable.

Interview de l’auteur

Dans votre livre, quel portrait faites-vous de Richelieu ?

Richelieu est un personnage fascinant, aux multiples facettes, déchiré, malade mais aussi impitoyable et redoutable. Il est un des personnages majeurs de l’histoire nationale. Il est autant un homme de foi, au sens religieux, qu’un homme d’État. Premier ministre de Louis xiii, il a profondément foi en la France. D’où ce sous-titre donné à l’ouvrage : « Richelieu, la foi dans la France ». On pourrait même dire que Richelieu a été l’un des grands bâtisseurs de l’unité française. Cet homme, Cardinal du Plessis de Richelieu, a joué un rôle considérable dans les institutions. Même la création de l’Académie française, qu’il a voulue, n’est pas anecdotique. Elle montre qu’il a compris que le pouvoir est réellement partout, jusque dans cette institution. Dans la salle des séances, d’ailleurs, Richelieu a toujours son portrait. N’oublions pas aussi que plus tard, Louis xiv, enfant, à cinq ans, devra assumer l’apparence du pouvoir avec, comme éducateur, Mazarin, l’homme de Richelieu. On est là dans un cercle étroit, fermé presque… Richelieu a aussi tenté de résoudre les problèmes que pose alors le royaume de France. Le rapport, notamment, avec les communautés qui ne sont pas catholiques, c’est-à-dire les protestants. Que faut-il faire ? Comment les traiter ? Doit-on laisser une influence, voire une importance, aux minorités ? Richelieu organise le siège de La Rochelle, cité protestante qui finira par se rendre. Il pose aussi la question de la misère. Le siècle de Louis xiii est très dur pour ceux qui le vivent. Les révoltes, les rebellions, les va-nu-pieds, les croquants, Richelieu affronte quotidiennement cette réalité difficile.

Richelieu a connu une ascension fulgurante. Comment l’explique-t-on ?

Chez lui, la dimension de l’ambition est très forte. Il construit sa vie, choisit son engagement. À vingt et un ans, il n’hésite pas à se rendre à Rome pour demander au pape de le nommer évêque, alors qu’il n’a pas l’âge requis. Et il obtient cette dérogation. Richelieu a accumulé une fortune considérable. Mais, toute sa vie, il fera passer les intérêts de la nation avant les siens. Je dis bien « la nation » car on voit poindre déjà dans ce siècle, le développement de cet État nouveau qui a commencé à être construit par Saint

Louis et François Ier et qui franchit avec Richelieu une étape capitale dans son épanouissement. C’est aussi un homme implacable. Auprès du roi, Richelieu doit affronter les conjurations, les cabales, les complots. Il fait face à l’association de quelques grands seigneurs qui veulent conserver une réalité à leur pouvoir. Des nobles qui refusent d’être réduits à un simple rôle de courtisan. Et pour cela il fait preuve de la plus grande sévérité. Il n’hésite pas à faire exécuter à la hache des nobles qui ont le malheur de bâtir – ou qui rêvent de bâtir – une conjuration. À cette époque, ceux qui ne sont pas soumis à l’acceptation de l’ordre royal, on les pend, on leur coupe la tête ou on leur inflige le supplice de la roue. Richelieu soutient fermement cette politique de Louis xiii car il pense que la France, pour se consolider, a besoin d’une structure suffisamment autoritaire.

Richelieu et Louis XIII, les deux hommes semblent indissociables…

C’est même l’histoire d’un couple. Richelieu comprend très vite qu’il ne peut garder le pouvoir qu’à la condition de s’y soumettre. Autrement dit, de se soumettre au pouvoir de Louis xiii. Pour le roi de France, personne n’est totalement fiable. Louis xiii conserve toujours la main. Il la met à la disposition de Richelieu qui, malin, ne la prend pas… Avant de lui tendre la main, Louis xiii analyse le personnage. Il observe les choix et l’attitude de Richelieu dans les différents complots. Il mesure sa fermeté dans les exécutions capitales qu’il prononce parmi les gens de la grande noblesse. Il le considère fiable autant que peut l’être un grand homme politique. Louis xiii lui accordera sa confiance mais avec réticence.

Et à l’inverse, Richelieu comprend l’intelligence et la force et de Louis XIII.

Richelieu saisit très bien le fonctionnement de la France absolutiste et cette impossibilité qui consiste à s’opposer au roi. Et donc il ne s’oppose pas au roi. Il sait que d’un seul mot le monarque peut le renverser. Il l’a craint à plusieurs reprises. Richelieu construit l’absolutisme et, en même temps, il sait que c’est pour lui une menace. C’est tout le paradoxe. Il va atteindre le pouvoir majeur en étant celui qui obéit le mieux au roi. À la fin de sa vie, pourtant, il est très malade. Il souffre atrocement. Il doit prendre sur lui pour paraître, pour continuer à jouer efficacement son rôle de Premier ministre de la France. On présente souvent Richelieu comme celui qui va dominer la politique mais, en réalité, il existera toujours, chez lui, une véritable fragilité par rapport au monarque. Il doit séduire Louis xiii en permanence pour ne pas être désavoué.

Si vous deviez retenir une seule image de Richelieu ?

Ce serait celle, souvent représentée, de Richelieu portant des cuissardes qui arpente les digues protégeant le port de La Rochelle. Et ça, c’est vraiment l’homme d’État. Mais en même temps il porte la cape du cardinal, il est ce cardinal. C’est l’homme rouge, l’homme de sang immortalisé par Victor Hugo.

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la presse en parle

« Qui mieux que Max Gallo, grand spécialiste des biographies historiques, pouvait se pencher sur le destin du Cardinal?  Une biographie comme le plus passionnant des romans, comme une aventure dans un univers d’intrigues et de complots, de haines tenaces et de guerres interminables. » Florence Dalmas, Le Dauphiné Libéré