Editions XO

A l’école du Grand Nord

  • • Aventure
  • • avec la collaboration de Jean-Philippe Chatrier
  • • Parution : 10 novembre 2005
  • • 180 pages
  • • Format : 135 x 215 mm
  • • Prix : 14,90 euros
  • • ISBN : 9782845632660
  • • Un cahier photos de 16 pages couleur
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  • Présentation

    Les filles Horn à l’épreuve de l’aventure…

    Mike Horn, on ne le présente plus. Aventurier professionnel, il a effectué des expéditions en solitaires plus extraordinaires les unes que les autres : descente de l’Amazone à la nage, tour du monde sur l’équateur ou encore, récemment, tour du cercle polaire arctique, contre les vents et les courants. Il a vécu les situations les plus extrêmes, affronté des dangers inimaginables – sur la banquise, par moins cinquante degrés, tout son équipement a pris feu ; il a marché pendant quarante-huit heures d’affilée, toujours dans le Grand Nord, parce que la tempête qui faisait rage l’empêchait de monter sa tente… Chaque fois qu’il s’est retrouvé dans une position périlleuse, la pensée de sa famille lui a permis de tenir le coup. Et chaque fois qu’il a vécu des moments extraordinaires, seul, c’est à ses filles et à sa femme qu’il a pensé.

    Ses filles à qui il veut maintenant faire partager son rêve. C’est pourquoi, en famille, ils ont décidé d’organiser l’expédition qu’il raconte aujourd’hui. La traversée de l’île de Bylot, dans le Grand Nord canadien, une réserve naturelle où les températures les plus clémentes ne dépassent pas moins cinq degrés, au plus fort de l’été. Une terre recouverte par la banquise, où les éléments demandent résistance et attention de tous les instants.

    C’est dans ces conditions qu’Annika et Jessica, douze et onze ans, vont faire leur apprentissage du Grand Nord. Et les leçons qu’elles vont en tirer les suivront toute leur vie. Elles vont apprendre la rigueur et la ténacité, mais aussi la sagesse des aventuriers : ne jamais aller contre les éléments, mais s’adapter à eux, prêter attention à tous les détails, savoir observer la nature pour ne pas tomber dans ses pièges. Elles vont faire du temps leur allié, elles qui, comme tous les enfants, ont tendance à vouloir tout, tout de suite. Et, plus que tout, les leçons humaines les marqueront profondément : la chaleur des campements sur la banquise, la valeur des rencontres, l’universalité de l’amitié. Et la prise de conscience, que nous devons tous faire, de la nécessité de défendre notre planète contre nous-mêmes…

    Pour Mike, le pari est réussi. Il a transmis ce que son expérience d’homme lui a permis de comprendre. L’école du Grand Nord, c’est celle que chacun de nous devrait suivre, au moins une fois dans sa vie…

  • Extrait

    Je me trouve bien au-delà du cercle polaire arctique, en plein cœur de l’hiver polaire, dans une région où la vie ne tient le plus souvent qu’à un fil. Pour arriver là, j’ai bravé des températures de moins cinquante degrés, j’ai marché des jours durant avec pour seule lumière ma lampe frontale, j’ai croisé des ours polaires qui, debout sur leurs pattes arrière, peuvent mesurer plus de trois mètres de haut, j’ai même vu tout mon matériel brûler alors que j’étais seul sur la banquise…
    Et je suis devant des tas de glace agglomérés par le froid et réputés infranchissables. J’ai hâte de m’y attaquer, d’affronter ce nouveau challenge, un des nombreux qui m’attendent sur la route que j’ai décidé de suivre pour cette aventure : le tour du cercle polaire arctique.
    Après quelques jours de lutte avec ce paysage incroyable, je suis heureux. Je suis exactement là où je voulais être. Le soir, dans ma tente plantée au milieu de ces millions de sentinelles colossales, je sais que j’ai trouvé l’endroit idéal pour le projet que je caresse depuis quelque temps déjà : laisser un message à l’intention de mes filles.
    Dans la lettre que je vais déposer sous une pierre, je m’efforce de restituer certains moments exceptionnels que cette aventure m’a fait vivre, et je tâche, avec mes mots, de justifier à la fois mes rêves et mes absences.
    Cette lettre, j’en ai gardé dans mon GPS les coordonnées précises. Un jour, peut-être, Annika et Jessica iront à sa recherche…
    Lorsque l’on mène la vie que je mène, la vie d’aventurier professionnel, les risques, bien que calculés, sont importants. Que ce soit en descendant l’Amazone à la nage, ou encore en faisant le tour de la Terre sur l’équateur, il y a des moments où la vie ne tient plus à grand-chose. Au courage, à la ténacité, et à cette force que l’on trouve en soi alors que l’on pensait être au bout, cette force qui tient fondamentalement à une chose : l’amour qui nous lie à nos proches.
    Un jour, sur la banquise, alors que le vent soufflait si fort que je ne pouvais pas m’arrêter pour planter ma tente – les risques étaient trop grands de la perdre, de la voir s’envoler avec une bourrasque –, j’ai touché du doigt une fois de plus cette force. Depuis des heures, je bataillais pour avancer. Ne pouvant cesser de marcher, je n’avais pas mangé depuis des heures. Le souffle du vent me jetait régulièrement au sol, et chaque fois me relever était plus pénible. À un moment donné, tombé sur la glace de nouveau, je n’ai plus senti le froid. J’étais si épuisé que je me suis laissé tout doucement glisser. Mourir ne me semblait pas douloureux – beaucoup moins que de vivre. Une fraction d’instant avant que je bascule définitivement, j’ai revu mes filles le jour de mon départ pour cette aventure. « Papa, on sait que tu peux le faire. Tu vas y arriver, et tu rentreras à la maison. » Alors j’ai trouvé en moi la force de me relever, de remettre un pied devant l’autre jusqu’à ce que je puisse enfin monter ma tente et me reposer en toute sécurité.
    L’idée de cette expédition est née de mon envie de voir Annika et Jessica vivre tout ce que j’ai vécu. Pas le danger, bien sûr, mais la beauté de ces paysages préservés, le miracle que représente chacun de ces moments. Voilà comment est née l’expédition que nous allons vous raconter. Je voulais emmener mes filles et ma femme à l’intérieur de mon rêve. Parce que leur absence m’empêchait de le vivre complètement. Et aussi parce que dans la bouche d’Annika et de Jessica revenait sans cesse la même question : « Papa, quand est-ce que tu nous emmènes avec toi ? » Je me devais de leur répondre.

    Dans mon « code de conduite » personnel, l’aventure ne vaut que par les leçons qu’on en retire, et tous les bonheurs qu’elle offre ne sont rien, s’ils ne font pas de nous un meilleur être humain.
    Cette expédition sera celle des filles. Cathy, leur mère, nous accompagnera, mais Annika et Jessica dirigeront les opérations.
    Une fois que nous serons lancés, ce sera à elles de calculer les itinéraires, de trouver les passages les plus favorables, de choisir les campements les mieux appropriés.
    Cette expérience leur fera découvrir précocement l’extraordinaire liberté de faire leurs propres choix, de créer leurs propres horizons.
    Moi, je resterai en retrait, n’intervenant qu’en cas de danger, ou pour faire une remarque, une suggestion – toujours de façon positive. Annika et Jessica ne devront pas ressentir leurs erreurs comme des fautes, mais comme autant d’occasions d’apprendre.
    On répète assez qu’à cet âge on est une véritable éponge. Je sais que mes filles s’approprieront, plus vite encore que je ne l’ai fait avant elles, une quantité d’informations qu’aucune école au monde ne pourrait leur transmettre...
    Je serai heureux de les voir devenir chaque jour, chaque heure, plus sages et plus averties.

    Elles n’ignorent pas que ce sera parfois dur. Nous avons évoqué ensemble cet aspect des choses, et elles n’ont pas cherché à me cacher leur appréhension. Quoi de plus normal, pour deux gamines de dix et douze ans (Jessica en aura onze en cours de route) qui s’apprêtent à plonger dans l’inconnu ?
    Je leur ai expliqué, sans dramatiser, que le but de l’opération n’est évidemment pas de leur « en faire baver », comme on dirait à l’armée, mais qu’une certaine dose de souffrance fera inévitablement partie de l’aventure. Sinon, où serait l’aventure ? Où serait l’apprentissage ? Et où serait la victoire ? Je le crois profondément : les plus grandes satisfactions ne s’obtiennent qu’au prix de quelques douleurs. Et puisque rien, dit-on, n’est gratuit, j’ajouterai que ce qu’on paie le plus cher nous rend le plus heureux.

    Pour autant, il va de soi que je ne mettrai pas sciemment mes enfants en danger. Contrairement à ce qu’on dit parfois, je ne suis pas un trompe-la-mort inconscient au point de risquer la vie de sa propre famille. Mon rôle, dans cette expédition, sera celui d’ange gardien... et je l’assumerai avec vigilance.
    Dans le confort de nos sociétés occidentales, les enfants me semblent trop souvent choyés, dorlotés à l’extrême, au point – sous le prétexte fourre-tout de la sécurité – d’être privés de ce qui, à mon sens, est la définition même de l’enfance : le jeu, l’aventure, l’imaginaire...
    J’ai la conviction qu’un certain degré de prise de risques – mesurés, calculés... – doit faire partie de la vie et, donc, de l’éducation. Je n’ai aucune prétention psycho-médicale, mais il me semble bien que la grande Françoise Dolto a écrit quelque chose qui va dans ce sens.

    Annika et Jessica seront des pionnières. On ignore, en effet, comment peuvent réagir et se comporter des enfants de cet âge, soudain confrontées à un environnement aussi difficile. On ne sait pas quels peuvent être leurs points de vue, leurs réactions, leurs sentiments. Et ce, pour la bonne et simple raison que les aventuriers de l’extrême, les arpenteurs de banquise, ont toujours été... des adultes.
    En devenant les premières fillettes à se lancer dans une expédition arctique, Annika et Jessica vont donc ouvrir de nouvelles voies au sport, à l’éducation et à la médecine pédiatrique. Grâce à elles, on saura si, oui ou non, des enfants sont capables de participer à ce genre d’entreprise, et à quel âge il est possible de commencer.
    Personnellement, je pense qu’il n’est jamais trop tôt.

    Mais le plus important de tout, ce n’est pas nous, c’est ELLE.
    La planète.
    Sous les assauts du réchauffement global, la glace du Grand Nord et des pôles est en train de fondre. L’Arctique recule un peu plus chaque jour, et de plus en plus rapidement.
    C’est un fait. Et une tragédie écologique qui concerne chacun de nous, qu’il en ait conscience ou pas.
    Pour moi, dont la planète est à la fois le lieu de travail, le bureau, le stade et le terrain de jeux, la manière d’agir la plus efficace est de contribuer à la prise de conscience collective. Je crois modestement posséder une certaine crédibilité, lorsque je parle de régions du monde où j’ai vécu, où j’ai souffert, où j’ai noué des amitiés indéfectibles. Le message d’un simple aventurier dans mon genre a parfois plus d’impact que celui d’un scientifique en blouse blanche, quelles que soient ses compétences.
    Ce message, c’est d’abord à Annika et à Jessica que je veux le transmettre, afin qu’à leur tour, à travers le récit de cette aventure, elles le fassent suivre à toutes celles et tous ceux qui, demain, tiendront la planète entre leurs mains : les enfants d’aujourd’hui.
    Ce message est simple : voir, ressentir, comprendre les liens, l’« interdépendance » qui nous unit à cette planète. Nous sauver nous-mêmes en la sauvant. Pour que l’aventure ne s’arrête jamais.

    Si, cette expédition terminée, Annika et Jessica ont compris ce que je fais, et pourquoi je le fais, si elles ont saisi le sens profond de ma vie et de mes défis, et que leur propre manière de concevoir l’existence s’en trouve modifiée... ce sera pour moi la plus belle des récompenses.
    La seule qui me tienne à cœur.
    Je n’attends pas de mes filles qu’elles suivent mes traces et se lancent plus tard dans une carrière d’aventurière professionnelle.
    Je veux simplement leur donner la clé de cette porte... pour le cas où, dans le futur, elles décideraient de l’ouvrir.

    Un jour, dans le Grand Nord canadien, un Inuit nommé Makabi m’a offert un poisson. Il l’a posé devant lui sur la glace, puis il a reculé en me faisant signe d’avancer pour le ramasser moi-même. C’était sa manière de me faire comprendre que la Nature elle-même me faisait ce cadeau, que lui n’était qu’un passeur, un intermédiaire.
    C’est ce que je veux être pour mes filles : un passeur.

  • Critiques Presse

    « A l’école du Grand Nord est une ode à l’amour : celui de l’aventure et celui qu’il porte aux siens. » Gala, 21 décembre 2005.

  • Avis des lecteurs (1 avis)

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    • Abbie Ootova
      18 novembre 2006 19:55

      Hey how are you guys were good
      and this is Calebs little girl
      Abbie Ootova and I miss you guys very much
      and call some times if you can
      I just whant to say hi.

      Love : Abbie Ootova0

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