Editions XO

Reine de Palmyre Tome 1 : La Danse des dieux

  • • Roman français
  • • Parution : 29 septembre 2005
  • • 384 pages
  • • Format : 153 x 240 mm
  • • Prix : 21,90 euros
  • • ISBN : 9782845630987
  • • La Légende de Zénobie, 52 pages
  • En savoir plus sur l'auteur
Traduit en 6 langues
  • Présentation

    Par amour et par vengeance, une princesse du désert défie l’empire de Rome.

    Après le succès mondial de INCA (500 000 exemplaires en France, parution dans 25 langues), un fantastique roman d’aventures, d’amour et d’intrigues politiques et religieuses. La rencontre de Zénobie, Reine de Palmyre, et d’Aurélien, empereur de Rome. Au IIIe siècle après J.-C., l’empire romain vit ses années les plus noires. Immense, il doit lutter en permanence contre les incessantes invasions des Barbares, les complots et les intrigues intestines, ainsi que l’émergence puis la résistance des adeptes de Mithra et des premiers Chrétiens.

    C’est dans ce contexte qu’une nuit, sous une tente nomade, dans le désert proche de Palmyre, naît une petite fille. Au même instant, une boule de feu enflamme le ciel, frappe la terre et de l’eau surgit du sable. Une source naît en plein désert, un « Don de Dieu ». Ce sera aussi le nom de l’enfant : Zénobie.

    Au même moment, sur les rives du Danube, un jeune officier romain, Aurélien, affronte deux mille Barbares et gagne la bataille avec ses maigres troupes. Pour Aurélien, acclamé par les légions de Rome, c’est le début de la gloire.

    Dès lors, le sort de cet homme, futur empereur romain, et de cette femme, future reine de Palmyre scellera la rencontre de l’Orient et de l’Occident dans un âpre affrontement pour le pouvoir suprême de Rome.

  • Extrait

    Alors que le jour se levait sur le désert, à moins de mille pas du campement, les guerriers M’Toub découvrirent le cratère.

    L’étoile avait brisé la falaise comme un coup de masse et calciné les roches. Elle s’était engloutie dans la terre ocre, creusant un vaste entonnoir sableux. Des langues de poussières noires en zébraient les pentes instables.

    Plus audacieux que les caravaniers, les guerriers M’Toub se laissèrent glisser dans le cratère. Excités par la perspective d’y découvrir l’étoile disparue, ils fouillèrent avidement la poussière et le sable au fond du cône.

    Soudain l’un d’eux poussa un cri d’effroi. Ses pieds, ses mollets ses cuisses glissaient. Il s’enfonçait dans le sable aussi vite que si une bête le tirait depuis l’intérieur du cratère.

    Avant que quiconque puisse lui porter secours, un autre guerrier, tout à côté, s’enfonça d’un coup jusqu’aux épaules.

    Chacun vit son regard halluciné et suppliant. Le sable roula sur sa nuque, monta en vaguelettes jusqu’à ses lèvres. Puis l’avala avec une effroyable douceur.

    Le souffle coupé, la bouche béante, l’autre guerrier M’Toub griffa la poussière mortelle autour de lui. Hurlant des imprécations, des hommes dénouèrent leurs turbans.

    Les longues bandes de tissu bleu fouettèrent le visage du malheureux à l’instant même où une houle de sable l’engloutissait.

    Près d’Abdonaï, un homme lança d’une voix blanche :

     Baalshamîn a creusé les sables du démon !

    Abdonaï serra les poings. Sans un mot, il regarda les guerriers M’Toub se précipiter hors du cratère où le sable ravinait encore en petites cascades.

    Pourquoi Baalshamîn s’acharnait-il ? Lui donner une fille et couvrir sa famille, ses tentes, ses chameaux de cendre infecte ne suffisait-il pas ?

    Les guerriers M’Toub parvenus au bord du cratère s’immobilisèrent.

    Une main agrippa Abdonaï. Il la repoussa et montra le fond du cône de sable.

    Là où les hommes venaient de disparaître, une ombre grandissait. La cendre et le sable ne ruisselaient plus. Ils se mélangeaient en une sorte de boue. Une tache de boue pareille à du sang noir sur un linge.

    Tous regardaient à présent. Certains avaient déjà la main sur les manches des poignards. Les poils se dressaient sur les nuques et les bras. Tous songèrent qu’ils voyaient apparaître la bave fétide d’un démon en train de mâcher leurs compagnons. Tous songèrent qu’ils allaient bientôt voir sa face.

    Puis il y eut un reflet bleu à la surface de la boue. Un miroitement liquide. Un reflet du ciel.

    Un mot se forma dans les poitrines. Un mot si incroyable qu’il ne parvint pas à se glisser entre les lèvres.

    Sur la boue, le miroitement s’élargit.

    Il frissonna ainsi qu’un jeune animal s’ébroue après un long sommeil.

    Il scintilla en mordant dans le sable, le noyant de ses éclats. Il s’étira encore, de plus en plus vif, se glissant entre les cailloux, diluant la poussière, avalant les creux et les bosses. Il n’était plus possible de se tromper. On voyait ce qu’on voyait !

    Abdonaï planta ses ongles dans l’épaule la plus proche et hurla :

     De l’eau ! C’est de l’eau ! Baalshamîn nous a envoyé de l’eau !

    ***

    De l’eau.

    Ici, au coeur du grand désert du Turaq Al’llab. Ici où le sel blanchissait la terre comme les os d’un cadavre. Où le ciel calcinait les insectes. Où un homme sans eau ne résistait que deux jours et deux nuits sur la croûte rôtie de la terre avant de s’effondrer.

    De l’eau.

    Le sable avait beau la boire, elle formait déjà une mare large de vingt ou trente pas dans le fond du cratère. Les enfants dansaient et imitaient de la main les zigzags des mouches qui la frôlaient. Les femmes gloussaient en se voilant la bouche. Les vieux pleuraient de joie. La tribu entière d’Abdonaï était là : les durs Maazin, indifférents au soleil, assis sur le pourtour du cratère qui devenait sous leurs yeux une oasis. Les bouches murmuraient et chantaient. Les coeurs riaient et chantaient.

     De l’eau ! De l’eau. Béni soit Baalshamîn !

    ***

    Lorsque le soleil parvint au zénith, le cratère était plus qu’à moitié plein d’une eau que nul encore n’avait osé toucher.

    Ici et là, les parois les plus pentues du cratère s’étaient effondrées. Tout un pan s’était même évanoui, laissant l’eau courir jusqu’à la falaise dressée au-dessus du campement. Ce n’était plus une mare mais un petit lac qui s’agrandissait encore, prenant la forme allongée d’une fleur d’hibiscus, sombre, bleue et transparente.

    Pour la première fois, alors que le soleil frappait de toute sa puissance, on sentit la fraîcheur de l’eau qui montait dans l’air et caressait les visages. Les enfants ne se tenaient plus d’excitation. Il fallut leur interdire d’aller souiller l’eau merveilleuse. C’est alors qu’Abdonaï songea à sa fille. D’un bond, il se précipita sur Ashémou. Il lui arracha l’enfant des bras, la leva au-dessus de sa tête tel un dément.

     Le don de Dieu ! brailla-t-il. Le don de Dieu !

    Ils le regardèrent, ahuris.

     Baalshamîn me l’a envoyée. Il m’envoie l’eau et il m’envoie ma fille. Elle est née quand l’étoile est tombée. Elle a ouvert le ventre de sa mère comme l’étoile a ouvert le ventre de la terre !

    Les vieux froncèrent les sourcils en bougonnant, peu convaincus. Les femmes secouèrent la tête et ricanèrent.

    Chacun pensait que l’eau était bien le plus beau et le plus satisfaisant des dons de Dieu. N’était-ce pas le miel pour la vie à venir ?

    Mais Abdonaï, sa fille nouvelle-née au-dessus de sa tête, continua de danser sur la crête du cratère. Il rit à s’en déchirer la gorge. Son rire résonna à la surface de l’eau. La falaise le renvoya avec un son qu’on n’avait encore jamais entendu.

    Certains, plus tard, assurèrent qu’en cet instant c’était le rire de Baalshamîn qu’ils avaient entendu. Puis tous virent la sandale d’Abdonaï glisser dans le sable. Tous le virent basculer vers le fond du cratère.

    Tous virent le linge qui enveloppait le bébé s’ouvrir. Tous crièrent quand le corps minuscule de l’enfant vola au-dessus de l’eau. Un petit corps rose pareil à un caillou de chair et qui tournoyait comme s’il n’avait pas de poids. Comme s’il se voulait oiseau. Mais il plongea vers la surface de l’eau telle une flèche, d’un coup. Il la frappa en soulevant une gerbe dentelée. Et disparut.

    Abdonaï avait roulé jusqu’au bas de la pente. Lui aussi frappa l’eau et y sombra. Empêtré dans sa cape et son pantalon bouffant, il peina à se remettre debout sur la rive. Il crachait, soufflait, terrorisé en sentant le sable fuir sous ses pieds. Ses mains battaient le vide, claquaient à la surface du lac. Toute une agitation qui l’engluait un peu plus sûrement. Des hommes glissèrent vers lui, lançant ceintures ou turbans.

    Dans la grande confusion, personne ne vit un tout jeune garçon, au pied de la falaise, qui retirait sa tunique blanche.

    Personne ne le vit qui plongeait dans l’eau, s’y enfonçait, agile comme un poisson.

    Il réapparut au centre du petit lac, alors qu’on tirait enfin Abdonaï sur la rive. Il nageait avec aisance. Sa chevelure drue scintillait en fendant la surface de l’eau. De la main droite il soutenait la fille d’Abdonaï, la maintenant contre sa joue. Paisible, le bébé ne montrait aucune gêne. Dans une sorte de caresse, elle agrippa les boucles de son sauveur. Il y eut un drôle de silence. Les femmes se mordirent les lèvres. Sans effort, le garçon nagea vers Abdonaï. Il prit pied dans le sable, serrant le bébé sur sa poitrine. Sa silhouette était trompeuse. Grand et fort pour son âge, il ne devait guère avoir plus de cinq ou six années.

    D’un geste doux, à regret, il déposa le bébé dans les mains tremblantes d’Abdonaï qui, cette fois, le souleva avec prudence.

     Vous avez vu : elle est entrée dans l’eau et ne s’y est pas noyée. Ce que je dis est vrai : Baalshamîn l’a désignée !

    Cette fois, nul ne grommela. Les vieux sourirent en hochant la tête, les femmes opinèrent, les yeux mouillés de larmes.

     Ce sera son nom, affirma encore Abdonaï. Zénobie : le don de Dieu !

  • Interview de l’auteur

    Votre précédente saga, autour des mythiques Incas, a été un très grand succès. Comment avez-vous choisi votre nouveau sujet ? D’où vous est venue l’idée d’un affrontement entre un empereur romain et une reine de l’Orient ?

    A. B. DANIEL : Vous venez d’utiliser le mot qui a gouverné notre choix : « mythique ». Nous voulions retrouver ce qui fait la grandeur et la splendeur historique d’Inca : des destins exceptionnels affrontant les épreuves d’un moment essentiel de l’Histoire. Zénobie a immédiatement enflammé notre imagination. Elle est mythique autant que mystérieuse. Son destin est hors du commun puisqu’elle a voulu, tout simplement, devenir la première femme empereur de Rome ! Son époque est grandiose : l’Empire romain règne de l’Angleterre à l’Euphrate… mais s’effondre. Les dieux qui ont gouverné les croyances et le quotidien des peuples pendant plus de sept siècles, s’effacent devant le dieu des chrétiens qui ouvre l’ère nouvelle, la nôtre encore aujourd’hui… Que peut-on rêver de mieux si l’on veut emporter le lecteur dans le grand tumulte qui a fait l’histoire des hommes ?

    Précisément, quelle est la part de vérité dans ce roman ?

    A. B. DANIEL : Si l’on peut se permettre cette boutade, la vérité d’un roman historique est à la mesure de l’incertitude historique ! L’histoire de Rome est bien connue, bien documentée. Nous nous sommes attachés à respecter la vérité historique des grands moments, ses grands personnages. En particulier, les batailles, les conflits d’ambitions qui jalonnent la vie d’Aurélien, jeune officier du rang qui devient Empereur par sa gloire de guerrier, sont fidèles à ce nous savons de son ascension. À l’inverse, la personnalité de Zénobie est un mystère. Nous ne possédons pas même une image d’elle. Pas une statue, à peine un profil – très incertain – sur une pièce de monnaie. Les témoignages qui nous sont parvenus tiennent plus de la légende que des preuves historiques. Nous avons donc établi son portrait comme on le fait dans une enquête : avec des indices et des logiques sociales et psychologiques plausibles à l’époque. Avec certitude, nous savons qu’elle a bien été reine, épouse d’un roi de Palmyre assassiné par Rome et une redoutable guerrière. Elle a considérablement agrandi son royaume au point d’en faire un mini-Empire. Il est tout aussi certain qu’elle a affronté l’empereur Aurélien, a été vaincue par lui…

    Mais était-elle vraiment fille de nomades ?

    A. B. DANIEL : Elle est probablement née dans une famille de riches nomades : les puissants de Palmyre étaient d’abord de riches commerçants du désert. Surtout, il semble qu’elle ait été considérée par les peuples de Syrie comme une demi-déesse. C’était le moyen le plus simple, pour l’époque, de justifier chez une femme des qualités qui n’auraient dû être que masculines : courage et ruse guerrière, noblesse et force… À quoi il faut sans doute ajouter une grande intelligence et une volonté de fer. Il en fallait pour faire trembler Rome comme elle l’a fait. C’est ainsi qu’elle entre dans la légende et que ceux qui racontent son histoire ne peuvent s’empêcher de la comparer à Cléopâtre. Pour conclure qu’elle était encore plus belle ! Après l’avoir vaincue, l’empereur Aurélien lui-même, qui n’était pas un sentimental, subjugué par sa beauté, ne se résout pas à l’assassiner comme la « tradition » le voudrait.

    Dans votre roman, un amour manqué, une jeunesse brisée et une terrible volonté de vengeance façonnent l’ambition de Zénobie et la conduisent au drame. C’est de l’imagination ?

    A. B. DANIEL : De l’imagination par déduction. Au premier pas de notre travail, les questions étaient évidentes : que s’est-il passé dans la vie de cette femme pour qu’elle devienne Zénobie ? Pourquoi cette destinée fulgurante alors que rien, dans son monde, ne prédestinait une femme à surpasser les hommes ? Nous possédions un indice : les textes qui créent sa légende vantent son charme mais insistent lourdement sur sa « froideur », sa chasteté. Au point que les moralistes du xviie siècle feront d’elle un modèle de vertu… Heureusement pour le lecteur, nous ne les avons pas suivis ! Il y avait plus grand et plus beau à imaginer à partir de là.

    On est frappé par la place que tiennent les dieux dans les choix et le destin de Zénobie. Les avez-vous inventés ou connaît-on le panthéon de Palmyre ?

    A. B. DANIEL : Non, là, rien d’imaginaire. Le travail des historiens sur les divinités de l’Empire est très riche. Le panthéon de Palmyre est assez bien connu aussi. Et très fourmillant, car la place des dieux dans cette période est immense. Les divinités sont innombrables, surtout celles de l’Orient. Elles vivent en bonne intelligence, d’un peuple à l’autre, d’une caste à l’autre. Le dieu unique des chrétiens est le seul à dénoncer cette foule divine comme une fabulation. C’est la raison de son conflit avec l’Empire. La grande intelligence « politique » des chrétiens des trois premiers siècles a été de comprendre que, pour abattre cette multitude de divinités « païennes », il fallait d’abord abattre Rome. Ainsi, les chrétiens ont vaincu là où Zénobie a échoué. Quelques décennies après elle, l’empereur sera chrétien, Rome cessera d’être Rome !

    Votre roman est une reconstitution minutieuse d’un univers inconnu, jusqu’aux plus petits détails. Comment se répartit votre travail entre l’écriture et la recherche historique ?

    A. B. DANIEL : Sans vouloir être présomptueux ni pédant, c’est la « griffe » A. B. Daniel. C’est ce travail en double qui nous permet d’affronter des périodes très riches, où la nourriture historique abonde, et d’en dresser le paysage, la grande fresque, tout en suivant la force des personnages et de l’histoire propre à une grande saga. Une fois le sujet choisi, Bertrand Houette fait une première recherche. Elle permet de construire un scénario, de piocher dans l’Histoire les personnages réels, d’inventer de manière plausible ceux dont le roman a besoin. Le jeu – c’est un jeu et un plaisir – est de coller autant que possible aux « vérités » de l’histoire tout en ne se frustrant d’aucune imagination. Ensuite, la recherche historique s’approfondit dans tous les domaines – la grande histoire aussi bien que le quotidien – où la trame romanesque va nous emporter. La documentation devient énorme. Il y a un permanent aller-retour entre nous, l’un fouillant dans les documents pour soutenir – ou contredire – les folies imaginaires de l’autre. Pour écrire, il faut en être imbibé et aussi un peu distant pour que les personnages possèdent leur respiration, leur vérité. Et cela se poursuit pendant l’écriture, jusqu’aux dernières lignes.

    On peut supposer qu’il y a bagarre entre le romancier et l’historien ? Qui est vainqueur ?

    A. B. DANIEL : Hélas, tous les deux ! (rires). En vérité, la bagarre est permanente. Plus on avance, plus c’est terrible. Les personnages ont leur logique propre que n’ont pas toujours les faits historiques. La force de notre attelage est cette complicité qui permet la richesse du savoir autant que celle de l’imagination. Ainsi, rien n’est jamais résolu avant le mot « fin ».

  • Critiques Presse

    « Ce roman reconstitue, jusque dans les moindres détails, une grande fresque dont on sort subjugué ! » Gala

    « A.B. Daniel publie un roman historique plein galop, deux tomes sur la reine de Palmyre. L’impératrice vierge contre Aurélien. Mieux que Ben Hur ! » Le Journal du dimanche

    « Une fresque efficace, bien documentée et servie par une plume enjouée. » ELLE

  • Avis des lecteurs (1 avis)

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    • athina
      15 février 22:13

      aucun mot ne peut décrire ce que j’ai ressenti en lisant ce livre ! on est transporté au coeur de l’orient, on se laisse aller. Superbe !!

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