Avec mes chiens – L’Odyssée Sauvage
6 000 km à travers Sibérie, Chine et Mongolie

6  000 km à travers Sibérie, Chine et Mongolie jusqu’au lac Baïkal

« Je regarde l’océan Pacifique pour m’imprégner de cette image symbolique, le point de départ de ce projet un peu fou que j’ai réussi à mettre sur pied : l’Odyssée sauvage, six mille kilomètres depuis le plus grand océan jusqu’au plus grand lac du monde, à travers Sibérie, Chine du Nord, puis Mongolie.

— Du calme les chiens !

Ils sont dix. Alignés deux par deux, à gesticuler, à aboyer, à exprimer de toutes sortes de façons leur impatience à prendre le départ.

Je remonte tout l’attelage jusqu’à Burka, la chienne de tête. Elle me regarde, observe mon comportement, me jauge. Elle suit avec attention chacun de mes gestes, dont elle connaît les codes.

— Ma Burka, tu sais ? Tu comprends ce qui nous attend ?

Elle me regarde avec des yeux pleins d’amour. Elle me fait confiance, elle ira où je lui demanderai d’aller…

— Je compte sur toi, ma belle. »

 

Après L’Odyssée sibérienne (2005) et L’Odyssée blanche (1998), Nicolas Vanier, « le voyageur du froid », revient avec le dernier tome de sa trilogie pour les amoureux du grand Nord.

Interview de l’auteur

L’Odyssée sauvage est votre dernière grande aventure en date. Quand s’est-elle déroulée, et où ?

 L’hiver dernier, du 21 décembre 2013 au 15 mars 2014, j’ai effectué plus de six mille kilomètres avec mes chiens. Nous sommes partis de la côte pacifique de la Sibérie pour rejoindre le lac Baïkal, en traversant la Sibérie, la Chine du nord, la Mongolie. C’est sur les bords du lac Baïkal que, voilà trente ans, un trappeur m’a donné mon premier chien – celui-là même qui est l’arrière-grand-père de mes chiens actuels, avec lesquels j’ai réalisé ce grand voyage…

Pourquoi et comment avez-vous choisi votre parcours ?

 Le prétexte, car il en faut toujours un, était de suivre un parcours qui me laisserait le plus de chances d’apercevoir le seigneur de la taïga : le tigre de Sibérie. J’ai donc choisi un chemin dans les zones les plus sauvages et montagneuses de la Sibérie orientale et de la Mandchourie, là où vivent les derniers spécimens de cet animal mythique – le plus grand félin du monde. Puis je me suis décidé pour la Mongolie, un pays que je connaissais peu et dont je rêvais de découvrir la steppe, ces étendues incroyables où l’on se croit seul au monde et où, pourtant, j’ai rencontré un accueil des plus chaleureux ! Le lac Baïkal, enfin, m’a paru être le but naturel de l’Odyssée : je le connais bien pour l’avoir remonté pendant deux mois à la rame. J’en suis aussi parti pour rejoindre la place Rouge de Moscou. Pour les chiens comme pour moi, c’était une sorte de retour aux sources…

Cette aventure a-t-elle été différente des précédentes ? Notamment dans votre relation avec vos chiens ?

 Dans cette aventure, l’attelage était très jeune (d’un an et demi à trois ans et demi), et le musher très vieux (cinquante-deux ans) ! Un peu rouillé, moins souple et moins fort qu’avant… Les chiens ont énormément appris pendant ces trois mois : ils ont bénéficié de toute mon expérience, celle que j’ai accumulée pendant trente ans. En retour, ils m’ont donné leur enthousiasme et leur engagement total dans la course. C’est incroyable ce qu’ils ont réalisé ! Au fur et à mesure des jours, j’ai appris à les connaître individuellement d’une manière bien différente que pendant les entraînements en France. Les caractères se sont révélés, et j’ai tissé avec chacun d’eux des liens très forts. D’ailleurs, au moment de me mettre à la rédaction de ce livre, je me suis rendu compte que je n’avais envie de parler que d’eux. Tout le reste – l’organisation, etc. – est passé au second plan et je raconte les moments extraordinaires que nous avons passés tous les onze, mes dix chiens et moi. Des épreuves et des instants de plénitude où nous avons partagé le même plaisir de traverser des paysages incroyables, de vivre au plus près de la nature et de savourer chaque instant, chaque rencontre…

Cette expédition a aussi été une aventure humaine…

 Oui. Ce qui m’a frappé, aussi, dans ces immensités glacées, ce sont les gens que j’ai rencontrés. On a l’impression d’être au bout du monde et, presque miraculeusement, un être humain apparaît… Des pêcheurs qui ouvrent des trous dans la glace des rivières, par exemple. Chaque fois, ils ont donné du poisson à profusion pour les chiens… Ou encore des cavaliers mongols, sur la steppe. C’est un désert d’herbe et, tout à coup, la tâche colorée d’une yourte émerge. J’étais là pour le Nouvel An, et c’est un souvenir impérissable pour moi. J’ai toujours été frappé de constater combien ces peuples du Nord, qui vivent dans des conditions extrêmes, sont attentifs à l’autre, généreux. Les chiens sont un vecteur formidable pour rencontrer l’autre. Les enfants, notamment, sont toujours les premiers sur les rangs pour prendre soin d’eux…

Et puis j’ai fini l’aventure avec mon fils, Côme, et ça a été une grande joie pour moi – et pour lui aussi ! Nous nous sommes entraînés ensemble, en France, et il a mis en pratique ce que je lui ai enseigné. C’était très émouvant pour moi de le voir conduire le traîneau, répéter les gestes que je fais tous les jours… J’ai emmené son frère et sa sœur en expédition, je l’ai raconté. Transmettre mon expérience à mes enfants va au-delà de la simple conduite du traîneau. Je voudrais leur faire comprendre tout ce qu’une vie m’a appris. Leur ouvrir l’esprit sur autre chose…

Quels sont vos projets maintenant ?

 Dans quelques semaines, nous repartons dans l’Alaska et le Yukon. Nous allons nous entraîner dans les grandes étendues sauvages des montagnes Rocheuses avec un but : courir le Vendée Globe des mushers, la Yukon Quest. C’est une course mythique à travers le Yukon et l’Alaska, qui a la réputation d’être la plus difficile du monde. Après ce que j’ai vécu avec mes chiens lors de l’Odyssée sauvage, je crois qu’ils seront à la hauteur du rendez-vous !

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la presse en parle

“Une belle déclaration d’amour pour ses chiens, les rencontres et le Grand Nord.” Télé 2 Semaines

“Un ouvrage éblouissant dans lequel le chien est plus que jamais le fil conducteur… ” Midi Libre

“[Le] récit haletant d’un parcours en forme de chant d’amour pour le vivant, L’odyssée sauvage fascine, émeut, transporte.” ‎ Le Populaire du Centre

versions étrangères

Traduit en 3 langues:

  • Allemagne: Piper/Malik
  • Italie: Sperling & Kupfer
  • Russie: Hemiro

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