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C’est le monde à l’envers !

Stanislas est un trader parisien implacable ; Dédé, un SDF un brin poète qui vit en bas de chez l’homme d’affaires. L’« ordre » semble figé à jamais. Et puis, soudain, cette canicule record qui s’abat sur le pays et met le monde à l’envers ! Entre panique sur les marchés financiers, coupure géante d’électricité, pénurie de carburant, le chaos s’installe et jette les familles sur les routes.

Poussés eux aussi dans cet exode climatique inédit, Stanilas et sa femme demandent à Dédé de leur bricoler des vélos. Objectif : atteindre l’exploitation agricole qu’ils avaient achetée, en investisseurs branchés, dans le Morvan.

Le voyage est infernal ; l’accueil de Patrick, l’agriculteur qui occupe la ferme, glacial. Entre Stanislas, Sophie, Dédé et Patrick, la cohabitation s’annonce musclée. Mais dans ce monde à l’envers, les certitudes les plus tenaces vont vaciller. Et des amitiés, hier improbables, se nouer pour affronter un cataclysme que tous pensaient impossible.

Avec ce roman plein de rebondissements, l’aventurier et cinéaste Nicolas Vanier revendique l’urgence d’une « écologie heureuse ». Un appel qui prolonge la « sobriété heureuse » prônée par Pierre Rabhi, le paysan philosophe.

« Toute ma vie, j’ai observé la nature avec mes yeux et avec mon cœur. Aujourd’hui, je suis terriblement inquiet. Mais ne faut-il pas sourire à l’absurdité du monde pour prendre la mesure du chaos qui s’annonce ? » Nicolas Vanier

Interview de l’auteur

La forme d’expression que vous avez choisie pour raconter cette histoire qui porte un message fort, sur l’écologie et l’avenir du monde, est celle d’une comédie, d’un roman, qui deviendra un film. Pourquoi vouloir traiter un sujet si important, si grave, sous une forme qui peut paraître, avant tout, « distrayante » ?

À partir du moment où on écrit un livre, ou qu’on réalise un film, on est dans la recherche de partage, on a envie de s’adresser au plus grand nombre, et pour faire passer des messages, il faut toujours s’appuyer sur du positif. Je n’ai évidemment pas la prétention de pouvoir changer le monde avec un livre ou avec un film, mais c’est ce que j’aime faire, et autour d’eux, un débat, des discussions peuvent et vont naître. Et ce que je raconte ici génère des situations qui peuvent prêter à rire, alors j’en profite avec délectation.

Qu’est-ce que la fiction permet de raconter qu’un rapport ne racontera jamais ?

Avec C’est le monde à l’envers !, on s’appuie sur la fiction parce que la situation décrite n’est pas encore arrivée. Un cataclysme climatique d’une telle ampleur que le chaos s’installe, jetant les familles sur les routes. Pour Stanislas, l’un des personnages principaux, un trader parisien implacable qui se croyait à l’abri de tout parce qu’il a « tout », c’est le début de l’exode et la découverte rocambolesque de la vie à la campagne… d’une vie à reconstruire sur d’autres bases.

Une fiction d’anticipation, donc…

Je pars d’une situation qui n’est pas encore arrivée mais qui est malheureusement probable et parfaitement vraisemblable. Bill Gates, il y a quelques années, a raconté qu’une pandémie pourrait s’étendre sur toute la planète et que ce serait dramatique parce qu’on n’y était pas préparé… Son avertissement est passé totalement inaperçu car tout le monde jugeait ça totalement improbable ! Quand on parle de cette situation que je décris dans le livre, on est dans quelque chose d’infiniment plus probable, ce qui se passe actuellement tend à le prouver tous les jours ! Je me suis appuyé sur un certain nombre de données mais aussi de conversations que j’ai eues avec un grand nombre de personnes. Il faut savoir, par exemple, que pendant la crise des subprimes, on est passé à quelques dizaines de minutes d’une catastrophe de ce genre. Il faut se rappeler que les gens allaient à la banque retirer du liquide, les gens faisaient la queue dans les stations-service et dans les magasins vidés en quelques minutes. Heureusement, il y a eu une réaction extrêmement forte d’un certain nombre d’hommes politiques, dont celle du président français de l’époque, pour freiner cette escalade qui, aujourd’hui, va d’autant plus vite qu’avec internet, en quelques minutes, tout le monde est alerté d’une situation. Si on balance, là, sur internet, « on risque, le week-end prochain, de manquer d’essence », un quart d’heure après, les gens font la queue ! Et du coup, ça provoque le manque d’essence, puis c’est l’enchaînement…

Concrètement, le monde à l’envers, ça veut dire quoi ?

Derrière ce roman, je veux parler de quelque chose qui m’inquiète beaucoup : ceux qu’on appelle aujourd’hui « les réfugiés climatiques », dont le nombre s’accroît de dizaines de milliers chaque jour. Car – et c’est totalement injuste – ce n’est pas dans les pays qui ont provoqué le réchauffement climatique que les effets désastreux se font le plus fortement ressentir. Arrivera un moment, et ce moment est très proche – je ne suis pas un expert, je ne suis pas un scientifique, mais j’ai lu avec attention les 500 pages du rapport du GIEC (je ne me suis pas simplement attaché aux conclusions) –, où des dizaines, des centaines de millions de personnes ne pourront plus vivre là où ils sont. Par notre faute ! Comment imaginer que ces personnes, qu’on a en quelque sorte mises dehors, ne vont pas nous demander de les secourir ? Qu’est-ce qu’on fera le jour où ça arrivera ? On va ériger un mur de 20 mètres de haut ? Leur tirer dessus pour qu’ils ne le franchissent pas ?

Revenons à Stanislas, votre héros. Il réussit bien dans la vie, il a une situation en or…

Oui, un trader qui, au départ, n’avait rien. Et qui a travaillé comme un dingue pour se mettre à l’abri. Il a tellement de millions d’euros sur un compte, qu’il se croit protégé pour toujours. De tout. Sauf de ce qui arrive… Car comme nous ont dit, très tôt, les Indiens, le jour où il n’y aura plus d’eau, où il n’y aura plus de forêt… qu’est-ce que vous ferez de votre argent ? Vous ne pourrez par racheter de l’eau, vous ne pourrez par racheter des arbres.

Ce cataclysme modifie sa vision du monde, et aussi sa relation aux autres…

Quand ce genre de situation arrive, ça révèle ce que sont les personnes, dans ce qu’elles ont de plus mauvais et ce qu’elles ont de meilleur. Effectivement, la leçon de cette histoire-là, c’est que, bien évidemment, on ne s’en sortira que grâce à un peu de solidarité, une denrée rare aujourd’hui.

Est-ce à dire qu’aujourd’hui chacun est enfermé dans une sorte d’aveuglement ? On ne regarde plus l’autre, on ne regarde plus le monde…

Absolument. Avec un égoïsme complètement démesuré. Égoïsme par rapport aux générations futures déjà, puisqu’on continue à se comporter exactement de la même façon, alors même qu’on sait, depuis quatre ou cinq ans, qu’on est définitivement en train de détruire ce sur quoi les générations futures pourront éventuellement vivre ou survivre. On augmente tous les jours la dette, on s’en fiche complètement, on n’en parle même pas pendant les campagnes présidentielles, on augmente la consommation et la surconsommation de tout, alors même que, encore une fois, on a les chiffres ! On a les simulations. On sait qu’on va dans le mur !

Et qu’on a des experts quasi incontestés qui nous expliquent qu’on a quelques années pour changer la donne…

Toutes les simulations qui ont été faites, grâce à des moyens extrêmement puissants, s’avèrent parfaitement exactes. On est capables aujourd’hui de simuler pour l’année à venir, et ainsi de suite. C’est devenu effectivement incontestable et incontesté, mais ça passe totalement inaperçu. Il y a un phénomène d’inertie absolument énorme : ce que l’on fait maintenant, on n’en recevra éventuellement les bénéfices que dans quinze ou vingt ans. Mais de la même façon, ce que l’on ne fait pas maintenant nous conduira dans une dérive exponentielle, avec des périodes d’instabilité telles que plus rien ne sera corrigeable. Avec des phénomènes d’emballement qui sont autant de bombes à retardement climatique. Un phénomène que je connais bien. Autant je ne suis pas un scientifique, autant j’ai observé dans mes expéditions la bombe climatique qu’est le permafrost. Une plateforme gelée en permanence sur laquelle tout repose en Arctique. La combustion des énergies fossiles crée des émissions de gaz à effet de serre qui provoquent le réchauffement climatique. La glace dans l’Arctique est en train de fondre, mais sous la glace, il y a une quantité absolument énorme et gigantesque de gaz, dont le méthane, qui se retrouve libéré dans l’atmosphère alors qu’il est piégé depuis des dizaines de milliers d’années. Voilà une des nombreuses bombes à retardement qui va nous exploser à la figure si, effectivement, on ne réagit pas très vite.

Et ça, vous l’avez constaté, par vos activités, votre parcours d’aventurier. Il y a dans votre engagement beaucoup de choses qui procèdent de ce que vous avez pu observer ?

Toute ma vie, j’ai observé les choses avec mes yeux et avec mon cœur. J’ai traversé, il n’y a encore pas très longtemps, la Sibérie, la Mongolie. Des jours et des jours, avec mes chiens de traîneaux, j’ai vu des forêts où il n’y avait plus un seul arbre debout. Sur des centaines de milliers d’hectares ! Dans le Grand Nord, tout repose sur le permafrost. Lorsque le permafrost dégèle, les arbres qui sont dessus tombent. Tout simplement. On appelle ça des « forêts ivres ». Il a fallu inventer un terme. Des exemples de ce type, j’en ai malheureusement énormément. Autant on ressent peu en France les effets des changements climatiques, autant dans l’Arctique on est sur des augmentations de température qui modifient tout de manière spectaculaire.

Vous nous parliez l’année dernière de la perte de diversité, notamment chez les oiseaux…

Avec Donne-moi des ailes, je me suis beaucoup rapproché de différents scientifiques qui travaillent sur la problématique des oiseaux. On sait qu’on a perdu un tiers des oiseaux, ce qui n’est quand même pas rien dans l’espace européen. Et c’est la même chose au Canada et aux États-Unis. On sait aujourd’hui qu’il y a un deuxième tiers qui va disparaître, quoi qu’on fasse, même si on arrêtait aujourd’hui tout ce qui menace les oiseaux. C’est quand même fou de se dire que nous sommes juste en train d’entreprendre – ou non, mais a priori c’est non – les actions qui vont nous permettre de sauver le dernier tiers. Nos enfants vont se réveiller au printemps, dans quelques années, et il n’y aura plus un oiseau qui va chanter dans le ciel. Cela fait partie des choses incontestées, incontestables, mais… on continue !

Des grandes voix de l’écologie se sont tues ces derniers temps. Est-ce qu’il y a la volonté chez vous, à travers vos romans, vos films, de vous exprimer encore davantage sur ces sujets ?

Oui, même si on a l’impression de prêcher dans le désert. Parce qu’effectivement, il y a une prise de conscience qui est de plus en plus grande, mais comme je le dis souvent, les ours polaires, ils s’en foutent complètement de notre prise de conscience, ce qu’ils voudraient, eux,
c’est que ça change et que ça bouge, et le problème, c’est que ça ne change pas et que ça ne bouge pas ! Il faut définitivement que nous entrions dans une période de sobriété, de sobriété heureuse, comme disait Pierre Rabhi. Assurément, ce n’est ni un livre, ni un film, ni une prise de parole de ma part, qui va changer quelque chose. Mais voilà, chacun s’exprime avec ce qu’il peut, ce qu’il souhaite. C’est vrai qu’avec ce roman et avec ce film, je vais m’exprimer sur le sujet. Pour dire haut et fort que ça fait quinze ans que je parle de ce qui va arriver – et qui est là maintenant – et que ça ne change rien. Parce que les scientifiques, finalement, en dehors du rapport du GIEC dont tout le monde se fout, ont peu l’occasion de s’exprimer. Un livre et un film, oui, offrent une occasion de s’exprimer. De toucher un public auquel je m’adresse très souvent, et particulièrement tous ces enfants à l’école – des enfants sensibles à ces questions – là, mais qui, pour autant, lorsqu’ils ont l’iPhone 10, ne pensent qu’à une seule chose, c’est d’avoir le plus vite possible le 11, et quand ils ont le 11, le jour même où ils l’ont acheté, ils sont malheureux, parce qu’on leur parle déjà du 12 ! Cette génération a ses paradoxes. Mais je ne suis pas quelqu’un qui dit qu’il faut revenir à la période de la charrette à cheval, qu’il faut arrêter de voyager, qu’il faut arrêter de prendre des bains, qu’il faut arrêter de manger de la viande, non ! Il faut faire tout ça raisonnablement. C’est tout.

Est-ce qu’on peut promouvoir une écologie heureuse ?

Tout le prouve ! J’ai travaillé auprès de très grandes entreprises pour réussir à leur faire baisser leur empreinte écologique. J’ai mis en application, pour la fabrication de mes films, la sobriété. Dans le cadre du Grenelle de l’Environnement dans les écoles, j’ai participé à un dispositif dont le but était de baisser l’empreinte écologique d’une classe, d’une école, voire d’un village tout entier. Toutes ces expériences ont prouvé que, lorsqu’on mettait en place des solutions qui existent, on va vers un vivre mieux, plutôt qu’un vivre moins bien. C’est ça qui est très énervant. Très souvent, je pose cette question qui peut paraître complètement futile et ridicule et qu’on pourrait décliner à outrance : est-ce que le fait de pouvoir manger des fraises toute l’année nous rend heureux ? Réponse : non ! Moi, ce qui personnellement me rend heureux, c’est pendant plus de six mois, me priver (même si ce n’est pas une privation) de fraises et, lorsque l’été arrive, de guetter sur les étals la bonne fraise de région, parce que chez moi en Sologne, on fait de très bonnes fraises. J’en suis doublement heureux, parce que : 1/ elles seront dix fois meilleures que celles qui viennent de Bolivie ou de je-ne-sais-où et qu’on trouve tout l’hiver et 2/ parce que justement, pendant six à huit mois, je n’en ai pas eu. J’ai eu d’autres plaisirs. Beaucoup de personnes ont l’impression aujourd’hui qu’il va falloir se sacrifier. Moi je dis : « Surtout, continuez à manger de la viande ! Mais une fois par semaine, et pas de la viande qui a été produite avec de la
forêt amazonienne. »

De ce point de vue, n’y a-t-il pas une forme de radicalisme écologique ?

Un radicalisme insupportable ! On a été très très mal servis en France. On aurait envie aujourd’hui de voir une figure sympathique émerger, qui donne envie ! Quelqu’un qui porte le bonheur de vivre ! C’est comme dans le sport, on est parfois dans l’attente d’une figure qui va faire
la promotion d’un sport, et ça change le visage de toute une discipline !

On sent une urgence dans vos propos…

Je m’exprime parce que je suis un fou amoureux des oiseaux, des ours polaires, de ces pays qui m’ont tout donné. J’étais très optimiste, j’ai envie de le rester, mais voilà, je trouve dramatique de voir qu’à l’aube de ces catastrophes à venir, qui n’ont rien à voir avec le Covid – et je dis ça avec toute la retenue qu’il faut avoir par rapport à toutes ces familles qui ont été détruites –, rien ne bouge. La seule « prise de conscience », encore une fois, je m’en fiche ! Celui qui détient le pouvoir aujourd’hui de changer le monde, ce ne sont pas les présidents de la République, c’est le consommateur ! Le consommateur, c’est lui le roi du monde ! Le consommateur, c’est lui qui détient le pouvoir colossal de pénaliser tous ces produits qui détruisent la forêt amazonienne, voilà ! Encore une fois, on fait de la superbe viande en France. Pourquoi aller bouffer de la saloperie nourrie au soja qui est en train de détruire la forêt amazonienne ?

Dans votre livre, il y a également un discours sous-jacent sur l’équilibre entre la ville et la campagne…

De plus en plus en plus de personnes vivent à la ville et donc ne comprennent plus rien à la vie en dehors des zones urbaines, à l’image de ces écolos qui passent leur vie sur les réseaux sociaux, plutôt que dans les forêts. Et qui vous sortent des aberrations sur la nature. C’est vrai que j’ai beaucoup de mal avec ces écolos. Ils sont complètement déconnectés. Ils m’ont menacé de mort parce que j’ai dit à un journal de 20 heures que la décision de prélever des loups dans des zones où ils faisaient trop de dégâts était une bonne décision, parce que nous avons besoin de bergers pour entretenir nos montagnes. Je leur ai dit : « Bougez-vous… allez passer huit jours avec un berger, quand vous reviendrez, là je vous donnerai l’autorisation de mettre des messages sur les réseaux sociaux ! Là vous allez comprendre ce que les bergers apportent à la montagne, ce qu’ils apportent à la biodiversité, et vous allez comprendre pourquoi il faut qu’on limite le nombre de loups en France avant de savoir gérer cette cohabitation. » Tout vient de ce que les Indiens appellent « Notre mère », la Terre. C’est une histoire d’amour. C’est quoi l’amour ? C’est donner et recevoir. Les personnes dont je parle, les bergers, les pêcheurs, les « vrais » chasseurs, tous ces gens qui vivent dans la nature, sont des gens qui donnent et qui reçoivent. Lorsqu’on vit en ville, souvent, on ne fait que recevoir.

Au-delà, la nouvelle génération n’hésite pas à manifester pour sonner l’alerte. C’est encourageant, non ?

Des jeunes, de par le monde, nous disent : « Vous voulez qu’on aille à l’école pour préparer notre avenir, mais un avenir comme celui que vous nous préparez, on n’en veut pas ! » Je trouve ça très fort comme message. Des gens se permettent d’insulter Greta Thunberg. Comme toute personne, elle est critiquable, mais comment ne pas entendre ce cri ? Qui n’est pas seulement celui de Greta Thunberg mais celui de millions de jeunes qui nous disent : « On ne fera pas d’enfants parce que c’est criminel de mettre au monde un enfant aujourd’hui, dans un monde où ils ne pourront pas vivre. » Je trouve cela absolument désespérant, bouleversant d’en arriver là.

Est-ce que, ces derniers mois, des rencontres sur ces sujets vous ont particulièrement marqué ?

Des pêcheurs, des agriculteurs… Il y en a beaucoup. Moi, je passe ma vie en dehors de la ville, donc je parle continuellement avec ces hommes et femmes de la nature : des éleveurs de rennes de Sibérie avec lesquels j’ai passé deux ans de ma vie, avec des Indiens, avec des Inuits, avec des bûcherons, je suis en contact permanent avec la forêt, la nature, c’est mon monde. Et c’est peut-être pour ça que j’ai une voix un petit peu particulière, parce que justement, je fais partie des deux mondes. Et c’est pour cette raison que lorsque je suis invité au journal de 20 heures de France 2 et qu’on me dit : « Bon, je suppose que tu ne voudras pas prendre la parole à la fin du reportage sur les loups parce que tout le monde va te tomber sur la gueule », je réponds : « Mais bien sûr je vais prendre la parole ! » Je sais que tout le monde va me tomber dessus. Mais je pense qu’il faut entendre cette voix-là ! C’est pour ça aussi que je n’hésite pas à prendre position sur la chasse, sur la pêche, sur des sujets qui « détruisent » soi-disant l’image positive que je pourrais avoir. Jacques Chirac, en me remettant une décoration, avait commencé son petit speech en disant : « Nicolas est l’un de mes meilleurs ambassadeurs… », puis il a marqué un petit temps : « … de la nature ». Dans son discours, il disait qu’il avait cette chance de pouvoir parler avec quelqu’un qui avait passé quarante ans de sa vie dans la nature et que ces gens-là ne sont pas nombreux. Effectivement, pour caricaturer, on a des bergers qui vivent au fin fond des Alpes (avec lesquels j’ai fait Belle et Sébastien), et puis il y a des écolos qui sont derrière leurs ordinateurs à Paris. Entre eux, toute discussion semble impossible alors qu’elle est possible outre-Atlantique. Aux États-Unis, écolos et chasseurs travaillent ensemble, main dans la main, ils défendent leurs forêts, leurs rivières, les pêcheurs, les chasseurs, les amoureux de la nature, les randonneurs… Moi, je déjeune avec mon ami Allain Bougrain-Dubourg et le soir je dîne avec Willy Schraen qui est président de la Fédération nationale des chasseurs. Ils ont chacun bien évidemment leurs défauts et leurs qualités, et des points de vue qui ne sont pas forcément les miens, mais je rêverais que, tout comme au Canada, on puisse en France agir ensemble. Dieu sait si aujourd’hui il serait nécessaire de mettre toutes les énergies au bon endroit.

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