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Monsieur Antoine

Première sélection du Grand prix RTL / Lire Magazine Littéraire 2024

Une bouffée d’oxygène… pour rallumer les feux qui s’éteignent.

À 70 ans, sans prévenir, Antoine Lagadec vend son imprimerie à Orsay, en région parisienne, et s’installe à Saint-Ambroise, zone pavillonnaire d’une petite ville du Jura. Avec ses costumes de gentleman et son vieux pick-up américain, il détonne. Son énergie et sa fantaisie touchent vite le cœur des habitants qui, pour la plupart, n’ont qu’un rêve : quitter ce lieu endormi où seule la brasserie Chez Suzie apporte vie et chaleur.

À Saint-Ambroise, Antoine croise la route de Faustine, veuve et retraitée qui ne croit plus guère en l’amour, et celle de Louise, ado passionnée de photo, en révolte contre ses parents. L’une et l’autre comprennent que Monsieur Antoine, comme tous l’appellent, cache des douleurs qui affleurent peu à peu. Il n’a pas déménagé d’Orsay, il a fui. Contre toute attente, ce sont elles qui pourraient bien lui venir en aide…

Avec sensibilité et justesse, Laurent Malot nous parle de regrets mais aussi de rédemption, d’amitié et d’espérance.

Interview de l’auteur

Monsieur AntoineÀ lui seul le titre de votre nouveau roman promet le portrait d’un homme particulièrement singulier et mystérieux. En quoi l’est-il ?

Antoine est un homme qui tente d’oublier ses démons, de se racheter. Pour ça, il fait tout ce qu’il n’a jamais fait, s’invente une nouvelle vie dans une région qu’il ne connaît pas, le Jura. En repartant de zéro, dans un quartier pavillonnaire endormi, Saint-Ambroise, cet ancien imprimeur incarne le mythe du phénix, renaître de ses cendres pour ne plus commettre les mêmes erreurs. Mais les choses ne sont pas si simples. Non seulement parce qu’il est impossible d’oublier totalement ses erreurs, de se mentir à soi-même, mais aussi parce que le passé finit par le rattraper. Tout nouvel Antoine qu’il est, il doit l’affronter, s’il en a encore la force.

Avec le quartier de Saint-Ambroise, vous dépeignez ces zones un peu grises, mi-urbaines mi-rurales, dont on parle peu. Était-ce chez vous une volonté ?

Ces zones d’ombre, un peu grises, existent dans toutes les villes. Elles sont à l’image de cette période de la vie où on ne travaille plus, mais où on a encore l’énergie d’accomplir des choses. Ce qu’on ne fait pas toujours. On laisse le vieux entrer à l’intérieur de soi, on se flétrit, comme ces vieux quartiers qui se délabrent alors qu’un coup de peinture suffit pour redonner une jeunesse. Tout cela est très symbolique, mais bien réel. Ce que j’aime chez Antoine, c’est qu’il ne passe pas des heures à se décider. Il agit souvent sur un coup de tête, pour le pire ou pour le meilleur. Peut-être parce qu’il n’a rien à perdre. Mais au moins il se passe quelque chose. La vie est toujours présente en lui. Grâce à Monsieur Antoine, comme les habitants l’appellent, Saint-Ambroise va peu à peu sortir de sa torpeur.

Les femmes tiennent une grande place dans ce roman. Elles nous parlent d’amour mais aussi d’amitié entre générations. Racontez-nous…

Comme souvent dans mes livres. Probablement parce que je crois intimement que ce sont elles qui font le monde. Du fait qu’elles ne ressentent pas le besoin de prouver systématiquement qu’elles sont fortes, elles sont plus tournées vers les autres que centrées sur elles-mêmes. Forcément, l’amour et l’amitié ont tout à y gagner. Antoine va croiser la route de Faustine, qui a son âge, et celle de Louise, encore adolescente. Toutes deux ont en commun d’être curieuses des personnes qui les entourent et d’aller chercher chez elles le meilleur. Elles créent facilement des liens parce qu’elles ne sont pas dans le jugement, elles ne s’arrêtent pas à des a priori, un des fléaux de notre société. L’une et l’autre vont vite comprendre que, derrière les enthousiasmes d’Antoine, se cachent des blessures profondes. Et un lourd secret. Je ne veux pas trop dévoiler l’histoire mais elles vont jouer un rôle très important dans le destin de cet homme.

Diriez-vous que votre roman est celui de la renaissance ? Une renaissance toujours possible par-delà les malentendus, les regrets, le sentiment de culpabilité…

Heureusement qu’elle l’est, si toutefois on s’en donne les moyens. Encore une fois, on ne peut pas se mentir à soi-même, seul devant sa glace. Et je ne connais personne qui n’éprouve aucun regret ou remords. Reconnaître ses erreurs et ses fautes est le premier pas, sans doute le plus dur. Ensuite, il n’y a plus qu’à reconstruire. C’est une volonté et une démarche personnelles de vouloir changer les choses, de s’excuser, malgré la distance ou parfois les années. Je suis convaincu qu’on se grandit en admettant s’être trompé. C’est un soulagement pour l’autre, mais aussi pour soi !

De roman en roman, vous racontez les solitudes et les épreuves vécues par chacun, tout en insistant sur l’importance des solidarités. D’où vient chez vous cette fibre sociale ?

Dès l’enfance, en habitant une cité, j’ai grandi avec des tas d’amis autour de moi, et une grande famille. C’est grâce à eux que je me suis construit. Comme Antoine, je n’ai jamais accordé d’importance à l’âge, j’ai toujours été curieux de l’autre, pensé qu’il avait quelque chose à m’apporter. On peut dire ce qu’on voudra, on est avant tout des êtres sociaux, on a besoin de l’autre pour se protéger, mais aussi pour entendre des avis contradictoires. C’est comme ça qu’on évolue. Il ne se passe rien au centre d’un cercle, il faut aller sur les contours, et même en sortir. Sinon, on se sclérose. On voit bien, aujourd’hui, la folie dans laquelle nous entraînent les communautarismes, quels qu’ils soient. C’est même triste de penser qu’il faudrait attendre de se découvrir un ennemi commun pour comprendre l’importance de la solidarité.

Connaissez-vous déjà le thème de votre prochain roman ?

J’ai plusieurs projets dont un drame romantique sur fond de coup d’État curieusement passé sous silence. Comme beaucoup d’écrivains, j’ai toujours aimé les petites histoires dans la grande Histoire…

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la presse en parle

« Laurent Malot signe un joli roman sur la rédemption, la reconstruction, l’amitié et l’importance de la solidarité.​ »
Jean-Christian Hay, Gala

« Les ailes de Clint Eastwood planent comme des anges malicieux sur le dixième roman d’un auteur que le grand public ne connaît pourtant pas plus que ça. Patience et longueur de temps sont les mamelles du talent. Or, du talent, Laurent Malot, par ailleurs scénariste en a plus qu’à revendre. Monsieur Antoine en est, croyez-moi, l’étincelante démonstration. »
Pierre Vavasseur, Le Parisien

« L’écriture de Laurent Malot, exempte de tout jugement, emplie d’empathie, permet d’explorer avec justesse ces sujets et de poser un début de réflexion qui chemine au-delà de la dernière page, parce que ce sont aussi des thèmes de société importants dans une France vieillissante et que l’on est tous concerné à un moment de sa vie. »
Magali Mustioli-Hercé, Courrier picard

« Un joli roman sur une renaissance tout en délicatesse… »
Yves Quitté, France Dimanche

« Dans une langue simple et agréable, ce roman suit le retour à la vie d’un homme en fuite et celui d’une communauté vieillissante. Émouvant. »
Télé Loisirs

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