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La petite voleuse de la soie

Quelques œufs de ver à soie et graines de mûrier… et voilà qu’un secret jalousement gardé en Chine pendant des millénaires finira par être divulgué au‑dehors de la Grande Muraille, ce qui entraînera la chute de la puissante dynastie des Han.
Nous sommes au IIIe siècle de notre ère, et la « petite voleuse de la soie » s’appelle Étoile du Nord. Menacée de mort, cette brodeuse aux doigts d’or fera le bonheur d’un roitelet du Khotan et la richesse de cette oasis, l’un des plus anciens pays bouddhistes.
Sa fuite est le début d’une étourdissante cavalcade sur la légendaire route de la soie, épopée pleine de rebondissements, de fureur et de sensualité, où le lecteur croisera, tour à tour, un vieil ermite taoïste, un général sans peur ni scrupules, un empereur autiste et une redoutable Persane.
Avec ce roman, José Frèches nous fait partager sa passion pour la Chine. Il nous montre combien la soie était, pour tous les Chinois, une étoffe sacrée, symbole de beauté, de douceur, mais aussi de rayonnement et de domination.

Jusqu’à ce qu’un coup de foudre ne vienne tout renverser…

Un grand roman au cœur des mystères de la Chine

Interview de l’auteur

Avec La Petite Voleuse de la soie, vous nous faites partager, une nouvelle fois, votre passion pour la Chine millénaire. Votre roman est celui d’un incroyable trésor…
Avec ce livre, je raconte comment l’empire Han s’est fait chiper le secret de fabrication de la soie, pourtant le mieux gardé du monde. Je m’inspire d’un fait historique, puisque, selon certaines sources, c’est une princesse chinoise qui se serait enfuie avec des œufs de ver à soie et des graines de mûrier cachés dans son corsage… par amour d’un roitelet d’une oasis de la route de la Soie ! Dans mon roman, l’héroïne est une brodeuse aux doigts d’or qui se nomme Étoile du Nord. Quant à l’oasis, c’est celle du Khotan, le territoire cité par les sources comme lieu de la « trahison » de la princesse de la soie, l’un des plus vieux pays bouddhistes au monde.

La description que vous faites de la « Cité de la soie » montre un univers très dur, très hiérarchisé, à l’abri des regards. Cela traduit-il la réalité de ce qu’étaient les ateliers de tissage à cette époque ?
Les arsenaux, en effet, où ce trésor national était tissé, avaient l’allure de véritables forteresses. Au IIIe siècle après JC, la soie valait très cher et les belles Romaines raffolaient de ce tissu en provenance du pays des « Sères ». La Chine, qu’on appelait alors « Sérica », fut toujours associée à la soie.

Jusqu’à la chute de la dynastie des Han…
La chute de la dynastie des Han, qui correspond à un éclatement de l’empire, est pratiquement concomitante de celle de la perte du monopole de la soie. Je ne crois donc pas exagérer en imaginant une causalité entre les deux événements. La Chine sans la soie, c’est un peu comme si la France perdait son vin et ses fromages… On imagine aisément le séisme politique et économique qu’une telle perte engendrerait !

Parmi les nombreux personnages qui peuplent votre livre, on trouve un homme singulier, Théorie indicible du Chaos. Que représente-t-il ?
J’ai campé là le personnage – très chinois – du vieil ermite taoïste retiré du monde après une vie bien remplie dans la société. Père non assumé de l’héroïne principale, il va la protéger à distance. Grâce à lui, elle régnera sur la fabrication de la soie dans l’empire. Le taoïsme, qui traite du rapport entre le corps et la nature, reste l’un des deux piliers de la pensée chinoise, l’autre étant le confucianisme, la morale collective, qui est essentielle au « vivre‑ensemble ».

Votre livre donne une place importante aux proverbes et préceptes chinois. Pourquoi ce choix ?
Les Chinois adorent les dictons. Il en existe des milliers, dont beaucoup sont encore utilisés. L’idée m’est donc venue d’en faire profiter pleinement mes lecteurs. Ce langage imagé concerne tous les pans de la vie quotidienne, dont la sexualité, bien sûr. Ainsi l’expression « Quand l’épée de Jade s’accorde au vase d’or, les astres sont alignés » signifie l’entente parfaite entre partenaires amoureux.

Quels ont été pour vous les premiers souvenirs – littéraires ou touristiques – de la légendaire route de la Soie ?
Assurément le Fleuve jaune, que les soldats Han traversaient en utilisant des outres en peau de mouton qui leur servaient de bouée ; le vent de sable, susceptible d’ensevelir une bourgade en une nuit ; les chameaux blancs du Gansu, la « Rolls» des caravaniers ; et bien sûr les grottes bouddhiques creusées dans des falaises. La route de la Soie fut aussi celle des idées. À l’époque de mon roman, la soie allait vers l’occident, tandis que le bouddhisme allait vers la Chine…

Êtes-vous surpris aujourd’hui par le développement d’une nouvelle « route de la soie » – route maritime jalonnée d’immenses ports chinois construits autour du monde ?
Les autorités chinoises ont le chic pour inscrire leur action dans le temps long. C’est astucieux. Dommage que les autorités européennes ne fassent pas de même !

La Petite Voleuse de la soie est le premier roman d’un cycle que vous appelez Les arcanes de la Chine. Que souhaitez-vous transmettre au lecteur à travers cette ambitieuse série, et quel en sera le deuxième volet ?
Il s’agit pour moi, en revisitant l’histoire de la Chine, de leur faire toucher du doigt l’« ADN » de cette pensée et de cette civilisation singulières, tout en les embarquant dans des aventures haletantes. Si je réussis à mieux faire comprendre à mes contemporains la Chine, la grande puissance de demain, j’aurai fait oeuvre utile. Pour un deuxième volet, j’aimerais beaucoup raconter comment le bouddhisme est devenu religion d’État. C’est là une sorte de miracle qu’un pays comme la Chine ait adopté une croyance venue de l’Inde !

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