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Jésus, Trois jours avant sa mort

Qui était vraiment Jésus ? L’« homme Jésus » qui, pendant l’occupation romaine, prêchait l’amour de son prochain et la liberté, le non-violent capable de colères face aux marchands, l’ami de Marie-Madeleine, le descendant de David, héritier de la couronne d’Israël, dont la popularité gênait les pouvoirs en place : les prêtres du Temple, le tétrarque Hérode, et – dans une posture plus trouble – le procurateur Ponce Pilate ?

Durant les trois jours qui suivirent son entrée dans Jérusalem pour la Pâque, s’est joué l’avenir de Jésus et sa condamnation à la croix. Ce sont ces trois jours, essentiels pour l’humanité, que Gilbert Bordes raconte à la lumière des érudits et des historiens. L’histoire d’un complot pour éliminer celui qui menaçait les puissants. Un crime politique.

Avec ce roman sidérant de réalisme, Gilbert Bordes montre aux croyants la profondeur humaine d’un Jésus trop souvent masquée par les paraboles. 

Aux autres, il  fait découvrir un homme semblable à eux-mêmes et leur ouvre – dans un récit où s’engage une course pour sauver le prophète – les portes d’une intense réflexion spirituelle.

Grand romancier de l’histoire, Gilbert Bordes est membre de l’École de Brive. il a remporté le prix RTL-grand public et le prix des Maisons de la presse.

Interview de l’auteur

Pourquoi écrire un autre livre sur Jésus ?

Je garde de mon enfance des images pieuses qui montraient Jésus et sa famille auréolés d’une lumière divine, mais sans aucune consistance. J’ai très vite cédé au doute face aux nombreuses questions que pose la foi. Les bâtisseurs de l’empire chrétien en faisant de Jésus un prophète-Dieu ont voulu placer le christianisme au-dessus des autres religions qu’il était juste de combattre. Pour moi, c’était inacceptable et contraire même à la parole de Jésus. Alors, j’ai voulu en savoir plus sur le personnage historique, sur l’homme, en dehors des dogmes qui cachent une réalité reniée par une Église infaillible.

Pouvez-vous décrire l’homme Jésus ?

J’ai décrit un Jésus dans son époque, avec sa famille, ses amis, ses ennemis aussi. Un personnage flamboyant, et surtout qui, pour la première fois dans  l’histoire de l’humanité après Bouddha que l’on ne connaissait pas en Occident, a dit ces mots merveilleux : « Aimez-vous les uns les autres ! Tous les hommes sont frères, les esclaves et les maîtres, les hommes et les femmes, les simples d’esprit et les plus brillants. »

Pour l’historien, le Jésus humain a eu une mère, Marie ; il n’est pas né d’une conception divine, mais d’un homme, comme le pensaient d’ailleurs les premiers chrétiens (qui ne s’en offusquaient pas) et comme des textes anciens le prouvent.

La mort de Jésus peut-elle être considérée comme un crime politique ?

À l’époque de Jésus, la vie des hommes, l’organisation de la société, ce qu’on appelle la politique, étaient indissociables de la religion. Les prophètes allaient de village en village, en campagne permanente, ils prêchaient leurs convictions, et n’étaient pas toujours d’accord avec le pouvoir en place. Pour le peuple juif, Jésus descendant de David, donc potentiel roi de Palestine, était le plus important de tous. Fort de cette
couronne qui pouvait réunir les provinces juives, il a « fait campagne » pendant trois années contre la dictature religieuse en place. C’était un merveilleux tribun  qui subjuguait les foules. Son ascension rapide, le désir  du plus grand nombre de le voir monter sur le trône de David faisaient de ce révolutionnaire un grand danger pour le pouvoir en place. Il fallait le faire taire. En entrant dans Jérusalem pour la Pâque, monté sur un ânon, il provoquait les prêtres du Temple, Hérode Antipas, roi de pacotille, et même les Romains qui  voyaient d’un très mauvais œil le couronnement de celui qui pouvait réunir les provinces juives contre eux. Tous ces gens qui se détestaient se sont donc réunis pour fomenter un complot et conduire Jésus à la croix.

Sur quels documents ou découvertes archéologiques vous êtes-vous appuyé pour relater les trois derniers jours de la vie de Jésus ?

Ce roman n’est pas une invention, une fiction destinée à combattre la foi et l’Église. Bien au  contraire. Pour moi, Jésus peut se comprendre à
deux niveaux : le niveau humain, tel que je l’ai fait, et comme le conçoivent les historiens, puis le niveau Jésus-Dieu comme l’enseigne l’Église. La rencontre avec Gérald Messadié, grand érudit et romancierqui publiait, comme moi, chez Robert Laffont, m’a beaucoup apporté. Les recherches modernes, notamment des scientifiques et archéologues américains qui ont comparé les textes canoniques et les  apocryphes, en ont retenu les contradictions et les contresens. La découverte récente de nombreux manuscrits d’époque (manuscrits de la mer Morte, Évangiles de Marie Madeleine,  de Judas, etc.) nous a rapprochés du personnage réel tel que j’ai voulu le faire revivre.

La place de la femme est importante dans le récit : pouvez-vous nous en parler ?

Le Jésus historique évolue au sein d’une famille que l’Église a effacée en partie. C’est un enfant naturel, conçu hors mariage. En plus de Jésus, Marie a eu six enfants, quatre garçons et deux filles. Leur père est soit Joseph (qui n’était pas aussi vieux que l’affirment les rares allusions des Évangiles), soit un frère de celui-ci après sa mort accidentelle. Marie Madeleine était la compagne de Jésus. J’ai fait de leurs relations des relations chastes, mais rien ne le prouve. J’y reviendrai dans un futur roman consacré à cette femme flamboyante et riche dont la légende dit qu’elle est morte en Provence. Jésus était entouré de femmes. Sa séduction était immense et il était accompagné, pendant ses déplacements de ville en ville, par une foule joyeuse de femmes, d’enfants et d’hommes qui chantaient et dansaient. Jésus était un homme, qui voulait le bonheur de tous ; il aimait la fête, la bonne chère et plaisantait beaucoup.

Quels sont vos prochains projets ?

Ce livre va marquer un tournant dans ma carrière de romancier, une rupture avec le passé. J’ai longtemps hésité avant de me lancer dans cette aventure, et j’ai découvert qu’elle était à ma portée. Jésus m’a rendu ambitieux ; je ne pourrai plus écrire comme avant. Il m’a ouvert une voie, celle de sujets universels, rarement traités dans la littérature populaire, qui sont restés dans les mémoires collectives et dévoilent un pan trop souvent oublié de l’âme contemporaine.

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