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L’Archipel des oubliés

Cette histoire vous fera douter de tout…

Les inspectrices Grace Campbell et Sarah Geringën le savent. Malgré leurs caractères opposés, elles doivent unir leurs forces pour neutraliser l’« homme sans visage », l’architecte du plan diabolique qui mènera l’humanité à sa perte.

Seule piste : un manoir égaré dans les brumes d’Écosse. Derrière les volets clos de la demeure, l’ombre d’une jeune veuve austère, en apparence innocente. Mais cette femme est-elle vraiment ce qu’elle prétend être ? Ce que les deux inspectrices découvrent dépasse leurs pires hypothèses.

Dans une course qui les entraîne du loch Ness à la Norvège, Grace et Sarah vont devoir repousser les frontières de la peur pour rejoindre l’énigmatique archipel des Oubliés – l’ultime rempart au chaos du monde.

Un thriller glaçant. Et perturbant. Car ce qui se joue sur ces terres mystérieuses pourrait bien ressembler au choix de civilisation qui se dresse devant nous.

… même de vous…

Interview de l’auteur

Dans L’Archipel des Oubliés, nous retrouvons vos deux héroïnes, la Norvégienne Sarah Geringën et l’Écossaise Grace Campbell. Pourquoi avoir choisi de les réunir dans cette aventure ?

D’abord, il faut savoir que cette réunion a été pensée dès la construction du Dernier Message, le premier tome de la trilogie avec Grace Campbell. À la fin de L’Île du Diable, Sarah se retrouvait face à un terrible dilemme. Mais elle avait désormais les moyens de prendre sa décision, seule, sans que je sois là pour la guider. Je l’ai donc laissée suivre sa route pendant que je me consacrais à la naissance d’une nouvelle enquêtrice, Grace Campbell. Trois ans plus tard, je savais non seulement que Sarah était prête à nous dire ce qu’elle était devenue, mais qu’elle aurait aussi besoin d’aide pour achever l’enquête qu’elle avait commencé à mener pendant « mon » absence. Et cette collaboration entre les deux femmes est d’autant plus intéressante que Sarah et Grace ne sont a priori pas compatibles du tout. Là où Sarah est froide, physique et impulsive, Grace est empathique, blessée et calme. Contraindre ces deux tempéraments à travailler ensemble m’a permis d’explorer des pans de leurs personnalités qu’elles n’auraient jamais osé dévoiler dans d’autres circonstances. Le plus émouvant est peut-être le fait que, sans le savoir au début de leur rencontre, ces deux femmes vont achever ensemble l’un des cycles de leur existence.

Grace et Sarah vont toutes deux chercher à comprendre les vrais desseins de la terrible organisation Olympe…

Grace et Sarah découvrent effectivement qu’elles ont, chacune de leur côté, cherché à faire tomber Olympe. Elles possèdent donc des indices complémentaires qui tendent à prouver que la multinationale s’apprête à lancer la troisième et dernière phase de son plan destiné à changer notre civilisation. Mais qu’est-ce qu’Olympe a pu prévoir de pire après avoir abêti et terrorisé les populations ? Grace et Sarah savent que le chef d’Olympe, « Le Passager », possède une vision bien précise de ce qu’il veut faire de la Terre. Et il n’est pas du tout sûr que ce soit pour le bien-être de tous…

De l’Écosse à la Norvège, les lieux semblent avoir pour vous une grande importance. Vous jouez d’ailleurs avec vos plus anciens lecteurs qui reconnaîtront certains endroits déjà explorés dans Le Cri…

Ce troisième tome peut être lu sans problème par quelqu’un qui entre dans mon univers. Mais le lecteur qui suit les enquêtes de Sarah et de Grace depuis le début devrait éprouver un plaisir décuplé. Car L’Archipel des Oubliés est l’achèvement d’une hexalogie qui a commencé avec Le Cri. Repasser par des lieux emblématiques de leur histoire était parfaitement logique pour boucler ce cycle et faire passer Sarah et Grace vers une autre étape. Certains lecteurs devraient donc se dire : « Oh non, il n’a pas osé faire ça, quand même ! » Et si…

Dans votre roman, vous mettez en lumière les travaux menés par Thomas Edison durant les dix dernières années de sa vie et, notamment, la mise au point d’un nécrophone destiné à capter les ondes des âmes. Surprenant, non ?

Intellectuellement, j’aime l’ensemble des approches qui cherchent à voir plus loin que ce que l’on peut observer et comprendre aujourd’hui. Tout ce qui tourne autour de la question « qu’est-ce qui fait de nous ce que nous sommes ? » en tant qu’espèce et en tant qu’individu. J’explore donc les recherches qui ont été ou sont faites dans ce sens. Surtout lorsque ce sont des scientifiques qui les entreprennent. Qu’un homme si économiquement pragmatique comme Thomas Edison ait travaillé avec acharnement sur un appareil destiné à communiquer avec les morts, cela en dit beaucoup sur ce qu’est la quête profonde de l’être humain. Même ceux qui semblent les plus matérialistes…

Vous évoquez également les monolithes apparus sur Terre fin 2020. Ces phénomènes avaient passionné l’opinion. Est-ce à dire qu’on a encore besoin de mythes et de croyances pour éveiller les esprits ?

Je ne sais pas si cela sert à éveiller. Mais je suis certain de deux choses. D’une part, les questions que l’on se posait il y a des milliers d’années à travers les mythes fondateurs sont les mêmes aujourd’hui. Donc, ces récits sont toujours d’actualité. Et, d’autre part, dans L’Archipel des Oubliés, cette affaire des monolithes, sans tout vous dévoiler, est là pour rappeler aux gens qu’ils possèdent toujours le pouvoir de leur imagination. Là où une partie du système ne cesse de nous répéter que d’autres sont là pour penser et créer à notre place en nous renvoyant aux statuts d’usagers résignés, je trouve cela grisant de nous souvenir que nous sommes tous dotés de ce super pouvoir qu’est l’imagination.

Un de vos personnages cite Bernanos qui, dans La France contre les robots, affirme que la civilisation moderne est une conspiration universelle contre toute espèce de vie intérieure. À votre tour, dénoncez-vous, à travers la fiction, le tout-numérique et la difficulté à conserver un esprit critique ?

Le numérique en soi n’est rien d’autre qu’un nouvel outil. Ce qui m’inquiète le plus, c’est sa capacité à industrialiser le conditionnement des peuples. Je pense que, malgré les lois, les règles de vie en société que l’on a généralement tous envie de respecter pour vivre ensemble, l’homme a aussi besoin de savoir qu’il peut échapper à cette surveillance pour se sentir bien. Or le numérique offre une technologie qui peut envahir tout notre espace privé, toute notre intimité, au nom de notre sécurité bien sûr. Qu’est-ce qu’alors un humain dont même les pensées intérieures sont connues et contrôlées par une entité supérieure ? Rien de plus qu’une absurdité existentielle ou une machine.

Vous abordez également la question du transhumanisme et le métavers, cette course folle à l’immortalité des corps et des âmes…

Je crois intimement que certaines entreprises ont économiquement intérêt à nous « vendre » de la révolution technologique en s’appuyant sur l’imaginaire hollywoodien qui irrigue nos cerveaux. Mais j’ai le sentiment que l’humanité en général n’a pas envie de cette existence dématérialisée ou virtuelle. Il y a et il y aura une curiosité, une envie d’essayer, mais la grande majorité des gens se rendra compte que, coupés de la terre et du réel, ils se meurent. Le seul vrai risque est que ces entreprises énormes s’arrangent pour ne pas nous laisser le choix…

L’Archipel des Oubliés serait-il le dernier îlot de résistance face aux dérives de notre civilisation ? Et d’ailleurs, comment vous êtes-vous intéressé à l’île de Hirta et à sa communauté ?

Hirta est l’île principale du petit archipel de Saint-Kilda, situé à l’ouest de l’Écosse, dans les Hébrides extérieures. Le climat y est si venteux qu’il est impossible de s’y rendre par les airs. Seule l’approche par bateau est possible et elle n’est pas sans danger. On pourrait croire qu’un lieu si hostile et loin des côtes n’a jamais vu l’homme et pourtant, on y a retrouvé des traces d’habitation datant du néolithique, puis de l’époque viking et enfin du Moyen Âge. Période à laquelle les quelques résidents ont construit cet alignement de petites maisons de pierre que l’on voit cascader sur le flanc verdoyant le plus abrité du vent. Sur cet archipel, pendant des centaines d’années, a vécu une communauté totalement « oubliée » du monde. Tout en puisant leur spiritualité dans le druidisme, ils ont également inventé une société qui met la codécision et la liberté au sommet de leurs valeurs. Les derniers habitants ont quitté l’île à regret en 1930, après que le tourisme naissant y a importé des épidémies de variole. Près de cent ans plus tard, des femmes et des hommes ont tout naturellement choisi de réinvestir Hirta pour y façonner une nouvelle civilisation. C’est en tout cas ce qui est raconté dans L’Archipel des Oubliés…

Cet opus signe-t-il la fin des enquêtes de Grace et Sarah ?

Peut-être. Peut-être pas. Mais c’est en tout cas la fin d’un grand cycle.

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