Editions XO

Et Après...

  • • Roman français
  • • Parution : 22 janvier 2004
  • • 368 pages
  • • Format : 153 x 240 mm
  • • Distinction : Et Après… de Guillaume Musso a reçu le prix du roman adaptable au Forum international Cinéma et Littérature.
  • • Prix : 16,90 euros
  • • ISBN : 9782845630963
  • En savoir plus sur l'auteur
Traduit dans 23 langues
  • Présentation

    La bande annonce du film

    Bande-annonce du film IMG/flv/AFTERWARDS_FAVOSTF_HD.flv

    Une inou­blia­ble course vers l’inconnu.

    A 8 ans, Nathan est entré dans le tunnel lumi­neux de la « mort immi­nente ».

    Plongeant dans un lac pour aider une fillette, l’enfant s’est noyé. Arrêt car­dia­que, mort cli­ni­que. Et puis, de nou­veau, la vie.

    Des années après, Nathan Del Amico est devenu l’un des avo­cats les plus renom­més de New York, lui, le fils d’une modeste employée de maison qui l’a élevée seule. Il a épousé la « petite fille » du lac, Mallory, sa femme tant aimée. Mallory qui l’a quitté il y a peu, mais qui lui manque comme au pre­mier jour…

    Nathan semble donc avoir tout oublié de sa « Near Death Experience ». C’est alors que le Dr Garrett Goodrich fait irrup­tion dans son exis­tence. Ce can­cé­ro­lo­gue che­vronné, qui dirige un impor­tant centre de soins pal­lia­tifs, n’a rien d’un illu­miné et pour­tant il se dit capa­ble de pré­voir la mort.

    Très ébranlé, Nathan com­prend que Garrett est entré en contact avec lui pour le pré­pa­rer à mourir, lui qui est déjà mort une fois.

    Comment réagir quand un homme que vous n’avez jamais vu vous annonce que vous allez mourir bien­tôt ? Incrédulité, refus, révolte… Nathan, esprit ration­nel, passe par tous ces stades. Pourtant les preu­ves, déconcer­tan­tes, s’accu­mu­lent. Alors Nathan doit affron­ter la vérité. Et la vérité, c’est qu’il était si absorbé par son tra­vail qu’il a gâché sa deuxième chance.

    Mais ce qu’il ignore, c’est que ceux qui revien­nent de « l’autre côté » ne sont plus tout à fait comme les autres. Et parce que Garrett Goodrich bou­le­verse tous les repè­res de sa vie, Nathan va enfin décou­vrir pour­quoi il est revenu.

    Une his­toire d’amour et de sus­pense, une course vers l’inconnu qui se lit avec la gorge nouée mais l’envie irré­sis­ti­ble de connaî­tre la suite. Ce roman consa­cre la nais­sance d’un « style Musso » où se mêlent l’émotion et l’inten­sité, aux fron­tiè­res de la plus essen­tielle des ques­tions : pour­quoi sommes-nous là ?

    www.guillau­me­musso.com

  • Extrait

    Pendant un long moment, Nathan et Garrett n’échangèrent aucune parole, se contenant d’admirer les lumières de la ville. Le vent continuait à souffler son haleine glacée et le froid mordait les visages. Une bonne humeur communicative s’était répandue parmi la petite faune qui, le temps d’une soirée, régnait à plus de trois cent mètres au-dessus du sol. Deux jeunes amoureux s’embrassaient avec ardeur, tout émerveillés de sentir leurs lèvres crépiter d’électricité statique. Un groupe de touristes français faisait des comparaisons avec la tour Eiffel pendant qu’un couple du Wyoming racontait à qui voulait l’entendre les détails de leur première rencontre à ce même endroit, vingt-cinq ans auparavant. Quant aux enfants, emmitouflés dans d’épaisses parkas, ils jouaient à se cacher derrière des forêts de jambes adultes.

    Au-dessus de leur tête, le vent faisait défiler les nuages à une vitesse incroyable, dévoilant par-ci, par-là, un bout de ciel où brillait une étoile solitaire. C’était vraiment une belle nuit.

    Ce fut Goodrich qui, le premier, rompit le silence :

     Le garçon à l’anorak orange, annonça-t-il à l’oreille de Nathan.

     Pardon ?

     Regardez le garçon à l’anorak orange.

    Nathan plissa les yeux et observa attentivement l’individu que lui désignait Goodrich : un jeune homme d’une vingtaine d’années qui venait de pénétrer sur la plate-forme. Une fine barbe blonde recouvrait le bas de son visage et des dreadlocks pendaient de ses cheveux longs et sales. Il fit deux fois le tour du belvédère, passant tout près de l’avocat qui put croiser son regard fiévreux et inquiétant. Il était manifestement tourmenté et son visage, marqué par la souffrance, contrastait avec les rires et la bonne humeur des autres visiteurs.

    Nathan pensa qu’il était peut-être sous l’influence de drogues.

     Son nom est Kevin Wiliamson, lui précisa Goodrich.

     Vous le connaissez ?

     Pas personnellement, mais je connais son histoire. Son père s’est jeté du haut de cette plate-forme à l’époque où il n’y avait pas encore de grillages antisuicide. Il vient régulièrement ici depuis une semaine.

     Comment savez-vous tout ça ?

     Disons que j’ai fait ma petite enquête.

    L’avocat laissa passer un silence puis demanda :

     Mais en quoi cela me concerne-t-il ?

     Tout ce qui touche à l’existence de nos semblables nous concerne, répondit le médecin comme s’il s’agissait là d’une évidence.

    À ce moment, une bourrasque de vent s’abattit sur le belvédère. Nathan se rapprocha encore de Goodrich :

     Bon sang, Garrett, pourquoi voulez-vous que je regarde cet homme ?

     Parce qu’il va mourir, répondit gravement Goodrich.

     Vous êtes… vous êtes cinglé mon vieux ! s’exclama l’avocat. Mais, tout en disant ces mots, il ne put empêcher son regard de rester collé à la silhouette de Kevin et une sourde inquiétude monta en lui.

    Il ne se passera rien. Une chose comme ça ne peut pas arriver…

    Mais il s’écoula moins d’une minute entre la prédiction inattendue de Goodrich et le moment où le jeune homme sortit un revolver de la poche de son anorak. Pendant quelques secondes, il regarda avec effroi l’arme qui tremblait dans sa main.

    D’abord, personne ne sembla remarquer son étrange comportement puis, soudain, une femme poussa un hurlement.

     Cet homme est armé !

    Tous les regards se focalisèrent instantanément sur le jeune garçon.

    Comme pris de panique, Kevin retourna alors le revolver contre lui. Ses lèvres tremblaient de terreur. Des larmes de rage roulèrent sur son visage, suivies d’un cri de souffrance qui se perdit dans les ténèbres de la nuit.

     Ne faites pas ça ! cria un père de famille alors que se mettait en branle une incroyable bousculade en direction de la salle couverte.

    Nathan restait immobile devant le jeune garçon. Tout à la fois fasciné et terrifié par ce qu’il avait devant les yeux, il n’osait pas esquisser le moindre mouvement, de peur de précipiter l’irréparable. Il n’avait plus du tout froid. Il se sentait au contraire envahi par une décharge brûlante qui se répandit d’un trait dans tout son corps.

    Pourvu qu’il ne tire pas…

    Ne tire pas. Ne tire pas gamin…

    Mais Kevin leva les yeux, regarda une dernière fois le ciel sans étoiles puis appuya sur la détente.

    La détonation creva la nuit new-yorkaise. Le jeune homme s’écroula brusquement, ses jambes se dérobant sous son poids.

    Pendant un moment, ce fut comme si le temps était suspendu.

    Puis il y eut des cris de panique et une grande agitation envahit la plate-forme. La foule s’agglutina devant les ascenseurs. Affolés, les gens se poussaient et couraient dans tous les sens. Certains avaient déjà allumé leur portable... vite… prévenir sa famille... prévenir ses proches. Depuis ce fameux matin de septembre, la plupart des New-Yorkais étaient habités par un sentiment presque palpable de vulnérabilité. Tout le monde ici avait été traumatisé à un certain degré et les touristes eux-mêmes savaient bien qu’en visitant Manhattan, tout pouvait arriver.

    En compagnie de quelques autres, Nathan était resté sur le belvédère. Un cercle s’était formé autour du corps de Kevin. Le couple d’amoureux était maintenant tout éclaboussé de sang et pleurait en silence.

     Poussez-vous ! Laissez-le respirer ! cria un garde de la sécurité, penché sur le jeune homme.

    Il empoigna son talkie-walkie et demanda de l’aide au lobby.

     Appelez les pompiers et une ambulance ! On a un blessé par balle au 86e étage.

    Puis il se pencha à nouveau sur Kevin pour constater que les secours seraient malheureusement inutiles si ce n’est pour le transporter à la morgue.

    À moins d’un mètre de la victime, Nathan ne pouvait pas faire autrement que de regarder le cadavre de Kevin. Son visage, marqué par la douleur, s’était figé à tout jamais au milieu d’un cri de terreur. Ses yeux, exorbités et vitreux, ne regardaient plus que le vide. Derrière l’oreille, on pouvait voir un trou béant, brûlé et cramoisi. Une partie de son crâne avait été réduite en bouillie et ce qui en restait baignait dans un mélange de sang et de cervelle. Immédiatement, l’avocat sut qu’il ne pourrait jamais se défaire de cette image, qu’elle reviendrait le hanter, encore et encore, au détour de ses nuits et dans les moments d’extrême solitude.

    Les curieux commençaient peu à peu à refluer. Un petit garçon avait perdu ses parents et restait là, interdit, à trois mètres du corps, le regard hypnotisé par la mare de sang.

    Nathan le prit dans ses bras pour le détourner de ce spectacle morbide.

     Viens avec moi, bonhomme. T’en fais pas, ça va aller. Ça va aller.

    En se relevant, il aperçut Goodrich qui se noyait dans la masse. Il s’élança vers lui.

     Garrett ! Attendez-moi, bon sang !

    Avec l’enfant toujours accroché à son cou, Nathan joua des coudes pour rejoindre le médecin au milieu de la bousculade.

     Comment pouviez-vous savoir ? cria-t-il en le tirant par l’épaule.

    Les yeux dans le vague, Goodrich ignora la question.

    Nathan essaya de le retenir mais il fut happé par les parents du petit garçon, profondément soulagés d’avoir retrouvé leur fils.

     Oh, James, tu nous as fait si peur, mon bébé !

    L’avocat se dégagea avec peine de ces effusions. Il allait rattraper le médecin lorsque celui-ci s’engouffra de justesse dans le premier ascenseur disponible.

     Pourquoi n’avez-vous rien fait, Garrett ?

    Pendant une fraction de seconde leurs regards se croisèrent mais c’est devant les portes coulissantes qui se refermaient que Nathan hurla sa dernière question :

     Pourquoi n’avez-vous rien fait puisque vous saviez qu’il allait mourir ?

  • Interview de l’auteur

    Comment êtes-vous venu à l’écriture ?
    Guillaume Musso : Mon coup de foudre pour les romans remonte à mes dix ans. Bien que ma mère soit bibliothécaire, les livres m’avaient toujours ennuyé jusque-là. Et puis, coup sur coup, j’ai lu deux histoires qui m’ont enthousiasmé : Les Hauts de Hurlevent d’Emily Brontë et Dix Petits Nègres d’Agatha Christie. A partir de là, j’ai passé beaucoup de mes étés à lire dans un coin de la bibliothèque municipale à Antibes, au lieu d’aller à la plage ! A cet âge, on n’a peur de rien et on n’hésite pas à se lancer dans des marathons de lecture. Je me souviens ainsi d’avoir enchaîné Guerre et Paix, Salammbô, Les frères Karamazov…. Puis la lecture a fait naître un désir d’écriture. Le déclencheur a été un concours de nouvelles organisé par un professeur de français en classe de seconde. J’avais écrit une histoire romantique imprégnée de surnaturel qui lorgnait à la fois vers Stephen King et vers Le Grand Meaulnes. Et contre toute attente c’est moi qui ai gagné… A 18 ans, j’ai commencé mon premier roman, l’histoire d’un homme séparé de sa femme, une pianiste géniale et fantasque, qu’il retrouve alors qu’elle n’a plus que quelques semaines à vivre. J’ai d’ailleurs repris une petite partie de cette histoire dans Et Après, pour construire les personnages de Garrett Goodrich et de sa femme. J’ai mis trois ans à le terminer mais je ne l’ai pas envoyé aux éditeurs, conscient qu’il contenait les défauts propres aux premiers romans. Qu’importe : je me savais capable de raconter une histoire sur trois cents ou quatre cents pages. La prochaine fois serait peut-être la bonne… Et effectivement, mon premier roman, Skidamarink, a été publié il y a trois ans. Il s’agissait d’un thriller sur fond de mondialisation économique qui partait de l’hypothèse du vol de la Joconde.

    Vous êtes professeur d’économie dans un lycée du Sud de la France. Pourquoi avoir choisi ce métier ? Et comment le conciliez-vous avec l’écriture ?
    G. M. : A la fin de mes études, j’ai beaucoup hésité entre le monde de l’entreprise et celui de l’Éducation nationale. J’ai finalement choisi de devenir professeur parce que ma discipline, l’économie, me donne l’opportunité d’enseigner une matière « vivante » en prise directe avec l’actualité. Comme toutes les professions en contact avec le « facteur humain », il n’y a pas de routine et il faut toujours être inventif pour transmettre des connaissances à un public jamais acquis d’avance. Je n’ai que vingt-neuf ans mais comme j’enseigne depuis six ans il m’arrive déjà de croiser d’anciens élèves qui reviennent me parler du « bon vieux temps » où je les avais en classe comme si il s’agissait de trente ans en arrière ! C’est gratifiant mais ça donne un sacré coup de vieux ! Parallèlement à ce travail à plein temps, j’essaie d’écrire tous les jours. Comme les journées ne sont pas extensibles, j’écris souvent le soir très tard et pendant une partie de la nuit même si, dans l’absolu, je suis plus « productif » le matin. Cette régularité dans le travail est essentielle car même la prétendue « inspiration » demande des efforts. En fait, je n’attends pas d’avoir des idées pour me mettre à travailler mais c’est souvent parce que je travaille que me viennent des idées…

    Votre roman se déroule à New York. Pourquoi ce choix d’écrire un roman « à l’américaine » ?
    G. M. : Le lieu est important car, en posant le décor, il contribue à la crédibilité de l’histoire. Bien sûr, Et après… pourrait se passer n’importe où : à Paris, Londres, Tokyo…Mais lorsque les premières images du livre ont commencé à surgir dans mon esprit, il n’y a pas eu de doute possible : c’était New York pendant la période de Noël. Car il s’agit d’un lieu où on a l’impression que tout peut arriver. C’est une ville que je connais bien pour y avoir travaillé pendant plusieurs mois lorsque j’avais 19 ans. J’étais parti un peu à l’aventure et, une fois sur place, j’avais dégotté un job de vendeur de crèmes glacées à 70 ou 80 heures par semaine ! Malgré ces conditions de travail difficiles, je suis vraiment tombé amoureux de Manhattan et, à chaque fois que j’y retourne, j’éprouve la même fascination. Mais à partir du moment où j’avais fait ce choix d’écrire sur New York, il fallait être précis dans la description de la ville et surtout de l’atmosphère. Grâce à mon éditeur, Bernard Fixot, j’ai pu me rendre à nouveau à Manhattan pour y faire quelques repérages et capter l’air du temps dans une période très particulière. En effet, une grande partie du roman a été écrite dans les mois qui ont suivi le 11 septembre. Avec les attentats, beaucoup de gens se sont rendus compte qu’ils étaient mortels. Certains ont quitté la ville, d’autres ont renoué avec un ancien conjoint ou ont fait un enfant. En tout cas, beaucoup se sont posé la question : si un autre attentat devait se produire, comment voudrais-je vivre mes derniers instants et avec qui ? Ce qui rejoint le sujet de mon roman. Pour autant, cette histoire n’est pas une vision fataliste, ni morbide. C’est au contraire un hymne à la vie. Car si la mort nous échappe, nous sommes les seuls acteurs de notre existence et il ne tient qu’à nous de mettre à profit notre passage sur terre pour la rendre meilleure.

    Nathan a vécu une Near Death Experience, une expérience de mort imminente dit-on en français. Est-ce quelque chose qui vous est proche ?
    G. M. : Pas exactement, même si j’ai eu il y a quelques années un accident de voiture qui m’a beaucoup marqué. Par chance, je n’ai pas été gravement blessé mais mon véhicule a été détruit. Moi qui n’avais jamais auparavant vraiment songé à la mort, j’ai pris conscience en une demi-seconde qu’elle pouvait nous happer sans prévenir. Je pense que c’est à partir de cet accident que j’ai commencé à réfléchir à une histoire autour de la NDE. Je me suis énormément documenté, lisant tous les livres sur le sujet que je pouvais trouver, ceux des précurseurs comme La vie après la vie de Raymond Moody, et les plus récents (La traversée de Philippe Labro…). Les NDE ne sont pas des phénomènes nouveaux. Pour illustrer sa conception de l’immortalité de l’âme, Platon raconte l’histoire incroyable d’un soldat mort à la guerre dont le corps est ramassé sur le champ de bataille, huit jours plus tard, au milieu des cadavres putréfiés. Alors que les corps sont conduits au bûcher, le soldat revient miraculeusement à la vie et se met à raconter comment son âme était sortie de son corps pour cheminer vers un lieu divin avant de réintégrer son enveloppe charnelle ! A ce jour, des milliers de récits de NDE ont été recueillis et étudiés à travers le monde et, avec les avancées médicales et le développement des soins palliatifs, il est probable que ces témoignages vont continuer à se multiplier. On pourrait polémiquer longtemps sur l’explication des NDE mais ce qui est peut-être le plus intéressant c’est de voir qu’au retour de leur expérience il reste à la plupart des « survivants » un amour de la vie et une attention aux autres, un peu comme s’il fallait avoir frôlé la mort pour apprécier pleinement la vie. De plus, certains d’entre eux affirment, après leur coma, avoir reçu un certain nombre de dons, du simple développement d’un sens artistique jusqu’au pouvoir de précognition, ce qui m’a beaucoup inspiré en tant que romancier.

    Le surnaturel fait irruption dans la vie de votre héros, justement avec ce Dr Goodrich qui dit pouvoir prévoir la mort des gens. Détient-il selon-vous un don ou une malédiction ?
    G. M. : Les deux, je crois. C’est un don dans la mesure où ce pouvoir lui est donné en vue d’aider les gens. Goodrich rentre en contact avec des personnes qui vont mourir bientôt pour les inciter à se mettre en paix avec les autres et avec eux-mêmes. D’un autre côté, c’est aussi une malédiction car Goodrich est impuissant à changer l’ordre des choses. Il sait que la mort va arriver mais il ne peut rien faire pour l’arrêter et on imagine sans mal la rage que ça doit susciter en lui. Psychologiquement ce pouvoir est donc une charge très lourde à porter, dont on ne se défait jamais, et qui est réservée à des êtres exceptionnels.

    L’histoire d’amour que vous avez créée entre Mallory et Nathan est d’une force rare. Est-il plaisant pour vous d’écrire autour des sentiments humains ?
    G. M. : Je n’imagine pas écrire un livre qui ne comporte pas une histoire d’amour ! Car c’est l’amour ou le manque d’amour qui guident une bonne partie des comportements humains. Pour reprendre la formule de Christian Bobin : « C’est toujours de l’amour dont nous souffrons même quand nous croyons ne souffrir de rien. » Pour autant, je déteste le mièvre et le mielleux. D’ailleurs, Et après… n’est pas à proprement parler un « roman d’amour ». C’est l’histoire d’un homme qui, parce qu’il lui reste peu de temps à vivre, tente de retisser des liens qu’il avait laissé se distendre. On trouve donc une pluralité de sentiments : l’amour dans le couple avec son ancienne femme qu’il tente de reconquérir, l’amour filial avec sa petite fille, l’amour parental avec sa mère et enfin une histoire d’amitié et d’apprentissage avec le Docteur Goodrich qui, à sa façon, joue le rôle de mentor et d’initiateur à quelque chose qu’on ne découvre qu’à la fin du livre.

    La fin de votre livre justement est très surprenante…
    G. M. : Oui, il y a un retournement de situation, une « chute » qui donne à l’histoire une toute autre signification. Bien sûr, toutes les histoires ne se prêtent pas à ce traitement mais j’ai toujours été fasciné par les films ou les romans qui parvenaient à créer une vraie surprise dans leur dénouement. Tout le monde se souvient par exemple de la fin de Psychose, de Sixième sens, de Usual Suspects ou du Meurtre de Roger Ackroyd…

    Quelles sont vos admirations et inspirations littéraires ?
    G. M. : Parmi les classiques, Belle du Seigneur d’Albert Cohen est sans conteste le roman qui m’a le plus marqué. Chez les contemporains, Stephen King, pour sa capacité à faire surgir l’angoisse dans le quotidien, Patricia Cornwell parce que je m’identifie sans mal à son héroïne, et Caleb Carr, l’auteur de L’aliéniste, pour l’humanité de ses personnages. Chez les Français, je suis un fan absolu de Jean-Christophe Grangé pour la fièvre qui imprègne toutes ses pages et de Tonino Benaquista. Dans mon écriture, je m’inspire des maîtres du thriller américain (Grisham, Crichton…), non pas tant dans les thèmes traités que par leur façon de construire un chapitre et de bâtir une histoire. Cette fameuse technique du « page-turner » qui fait que l’on ne peut plus poser le livre une fois qu’on l’a commencé et qu’on se retrouve à 5 heures du matin toujours en train de lire alors que l’on doit se lever deux heures plus tard ! C’est pourquoi j’essaie moi aussi de soigner particulièrement le rythme de mon histoire car il n’y a rien de pire qu’un livre où l’on s’ennuie. Il faut que chaque page en appelle une autre et qu’à la fin de chaque chapitre on se dise : « Allez, encore juste un dernier. » Le cinéma est mon autre grande source d’inspiration. Bien entendu, un livre n’est pas un film mais certains chapitres se prêtent bien à un traitement visuel. J’apprécie particulièrement les films d’Alfred Hitchcock et les grandes comédies classiques américaines de Billy Wilder (Sept ans de réflexion, La Garçonnière…) et d’Ernest Lubitsh (The shop around the corner…). Et dans les films plus récents, Sixième Sens, Le Silence des agneaux, Sleepers, la trilogie Bleu, Blanc, Rouge de Krystof Kieslowski, Magnolia, Un jour sans fin

    Avez-vous déjà pensé à écrire un scénario ?
    G. M. : Oui, j’ai deux projets sur lesquels je travaille quand les romans m’en laissent le temps : un tourné vers le thriller, un autre vers la comédie. Et puis, j’aime beaucoup les séries qui permettent de suivre les personnages sur une longue période. Par exemple, j’ai vraiment été emballé par Six Feet Under.

    Avez-vous une idée de ce que sera votre prochain roman ?
    G. M. : Je sais déjà qu’il débutera à Manhattan par la rencontre entre un homme et une femme qui n’auraient jamais dû se croiser. Il y aura du suspense, une histoire d’amour et, probablement, encore une petite touche de surnaturel…

  • Critiques Presse

    « Un remarquable thriller français à lire absolument ! » Télé Loisirs

    « Le roman de Guillaume Musso flirte entre le naturel et le surnaturel, le vrai et le mystérieux, vacille entre Stephen King et Marc Levy, tout en se forgeant un caractère propre, une ambiance haletante entre suspense amoureux et incertitudes policières, le tout enveloppé d’un halo mystérieux. » Nice-Matin

    « Chez Guillaume Musso, le suspense est un art littéraire à part entière. (…) Un thriller mâtiné d’un brin de fantastique et d’une histoire d’amour comme on les aime. » Marie-Claire

    « Une histoire d’amour, de suspense et d’illumination, le début d’un style aussi : celui de Guillaume Musso. » Métro

  • Avis des lecteurs ( 41 avis )

    Donnez votre avis sur cet ouvrage

    • Elodie C
      9 mai 2009 15:33

      Toujours les mêmes commentaires : Musso est un auteur génial.

      "Et après", est un livre (tout comme les autres livres) envoutant et entrainant.

      On y crois, on cherche à savoir le pourquoi du comment.

      Félicitation à l’auteur.
      Il a vraiment de bonnes, d’excellentes idées pour écrire ses livres.

    • Amélie
      16 janvier 2009 10:52

      envoutant, passionnant poignant on attend qu’une chose la fin non pas pour en terminé une bonne fois pour toute mais pour savoir, pour voir... Et cette fin tant attendu est tout simplement remarquable... Un livre que je conseil a tous de lire, car il est tout simplement magnifique... Ce n’est pas qu’une histoire d’amour ou un thriler ! c’est un histoire, celle de Nathan que nous vivons avec lui...

    • Joëlle
      26 décembre 2008 02:06

      C’ est le premier livre que je lis de Guillaume Musso et je n’ ai qu une chose a dire ; vite le prochain !
      Tellement j ai adoré cette merveille qui mèle histoire d’ amour, fantastique, tristesse et suspence !
      Dès que j ouvrai ce livre j arrivais que très difficilement a le refermer !!
      Maintenant j ai hate de voir l adaptation cinématographique meme si a première vue elle ne me semble pas trés fidèle !

    • catherine
      23 décembre 2008 18:41

      genial !! j’ai commencé par lire "seras tu là" je ne connaissais pas du tout guillaume musso depuis j’ai enchainé "je viens te chercher" et "et après" et je vais dévorer les autres tellement ces livres me passionnent. Suspence, sensibilité, on ne sait jamais ce qui nous attends la pages suivante. je suis conquise par cet auteur. J’ADORE !!!!!!!

    • pauline de corse
      11 juin 2008 20:59

      un roman simplement fantastique comme son auteur le dit en y mêlant le fantastique !!!! parce que je taime est mon préféré et j’attend avec impatience le film prévu pour la rentrée 2008.merci guillaume musso pour le plaisir que tu me procures a chaque livres lus ce sont eux qui ont développé ce gout de la lecture.

    • Emma78160
      30 avril 2008 19:27

      Juste une chose à dire : j’espère que le film prévu pour octobre 2008 sera à la hauteur d’un tel livre.

    • Dora 14 ans
      15 décembre 2007 18:37

      OUAWW ! Que dire de plus ? Ce livre est touchant, poignant ... J’ai finie ce livre avec une boule dans la gorge, j’était sans mot. C’est vrement Exelent.

      J’ai decouvert Guillaume Musso avec " Seras-tu la ? ". Voilà un exelent travail que fait Guillaume Musso !

      Le prochain sera " sauve-moi ". D’apres les critique c’est le meilleur de tous. J’ai hate XD

      Merci Guillaume Musso, bonne continuation pour la suite.

    • pauline
      10 novembre 2007 21:55

      Que dire ? !
      Les ouvrages de Guillaume Musso sont essentiels dans une bibliothèque... Non, ils ne sont pas essentiels, ils sont tellement plus que ça ! J’ai découvert cet auteur avec "Sauve-moi" et depuis j’ai dévoré ses livres à une vitesse hallucinante ! J’aime sa façon d’écrire, sa façon de nous faire voyager... Il me fascine, comment est-il possible d’écrire d’aussi beaux romans ? Cet homme est le génie de l’ériture par excellence. Sans ses livres, je n’aurais probablement jamais découvert que j’aime lire... Il n’y a qu’une seule chose à dire c’est : Merci !

    • Emilie
      3 novembre 2007 01:07

      Comme tous ses autres romans, Guillaume a encore réussi à nous faire passer dans une autre dimension. On se plonge complètement dans cette histoire halettante...on comprend vite l’esprit torturé d’Eliott, baladé entre passé et présent. Wahou..il fallait y penser à cette mise en scène du vieil homme donnant à son double jeune une leçon sur la vie pour ne pas reproduire les mêmes erreurs. Une leçon de vie, une course contre la mort....que du bonheur. On ne peut se détacher du livre une fois qu’on l’a commencé. j’ai hâte de voir l’interprétation cinématographique !! A quand ton prochain roman Guillaume ? Je ne tiens plus ! Merci d’être cet auteur hors-normes. Je serais ravie de vous rencontrer et me rendre compte de celui que vous êtes.

    • marine
      25 octobre 2007 17:43

      jadore c’est extraimement passionnant c’est a lire sans faute
      guillaume musso tu est le plus incroyable
      (je ne li que les magazines
      age:15 ans )
      c’est très passionnant j’ai adorée

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L'actualités des Editions XO

Signature :
Guillaume Musso
au Virgin Champs Elysées
jeudi 5 avril à 18h

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