Editions XO

Les Orphelins du Mal

  • • Roman français
  • • Parution : 12 mars 2007
  • • 524 pages
  • • Format : 153 x 240 mm
  • • Prix : 19,90 euros
  • • ISBN : 9782845632318
  • En savoir plus sur l'auteur
Traduit en 13 langues
  • Présentation

    Que sont devenus les enfants nés dans les haras humains créés par les nazis ? Un thriller saisissant

    1995, en Allemagne. Le même jour, quatre hommes sont décou­verts, une ampoule de cya­nure brisée dans la bouche, nus, la main droite coupée. Une seule cer­ti­tude : les quatre hommes sont tous nés dans un Lebensborn, l’orga­ni­sa­tion la plus secrète des nazis, des haras humains où les SS fai­saient naître de petits aryens pour réa­li­ser leur rêve dément d’une race pure. Les auto­ri­tés alle­man­des étouffent l’affaire.

    Paris, 2005. Anaïs, jeune jour­na­liste, est contac­tée par un étrange per­son­nage, Vidkun Venner, un riche col­lec­tion­neur nor­vé­gien. Vidkun a reçu une mal­lette, ano­nyme, conte­nant quatre mains momi­fiées. Quatre mains droi­tes. Il veut qu’Anaïs l’aide à décou­vrir d’où elles vien­nent, et pour­quoi on lui a envoyé ce maca­bre colis.

    Très vite, la ten­sion monte autour d’Anaïs. A mesure qu’elle avance dans son enquête, des signes inquié­tants sur­gis­sent, des dos­siers d’archi­ves sont volés, des témoins refu­sent de parler, d’autres… dis­pa­rais­sent. Anaïs en vient à douter : tout s’est-il vrai­ment arrêté à la fin de la guerre ?

    Un ter­ri­fiant par­cours ini­tia­ti­que dont ni Anaïs ni Vidkun ne sor­ti­ront indem­nes.

    A 32 ans, Nicolas d’Estienne d’Orves, jour­na­liste et écrivain, nous livre, avec ce thril­ler à la docu­men­ta­tion excep­tion­nelle, une enquête hale­tante et une extra­or­di­naire explo­ra­tion du Mal nazi.

  • Extrait

    Prologue

    Elle était parfaite : front haut, yeux écartés, oreilles discrètes, menton volontaire, lèvre esquissée, dents rectilignes, chevelure longue, soyeuse, plus dorée qu’un bretzel.

    — Ouvrez grands les yeux, Fräulein, s’il vous plaît, demanda le médecin, en se penchant sur la jeune femme.

    — Comme ça ?

    Elle fit une mine de hibou, presque comique, roulant les yeux dans leurs orbites. Cette grimace arracha un sourire à l’homme en blouse blanche, pourtant célèbre par son austérité dans le travail. Mais il y avait là matière à joie ! Rarement il avait vu un tel dégradé de cyan, turquoise, lapis-lazuli… « Deux améthystes… » songea-t-il, en écartant la paupière de ses doigts pour en jauger l’élasticité. La parturiente se laissait faire, un animal chez le vétérinaire.

    — Et le père ? demanda le docteur.

    La femme enceinte haussa les épaules avec un sourire d’impuissance. Une infirmière lut alors au médecin une fiche signalétique :

    — Ingelheim, Gawain. Vingt-deux ans. Untersturmführer. Sorti premier du Burg de Sonthofen. Possède un certificat d’aryanité sur douze générations. A « rencontré » Fräulein Greve à Halgadøm, dans la nuit du 12 au 13 mai 1938…

    — Vous confirmez ? demanda le médecin à Mlle Greve, dont il commença de palper le ventre.

    Elle hocha du chef et bredouilla :

    — Je vous confirme la date… mais vous venez de m’apprendre son nom, Herr Doktor…

    Le médecin fronça les sourcils. Ses doigts s’enfonçaient doucement dans ce ventre rond, courant du pubis au nombril. Il réalisa alors qu’il pianotait machinalement une partita de Bach.

    « La troisième… » se dit-il, non sans fierté : hier soir, pour la première fois, il l’avait jouée sans anicroche ! Ses enfants avaient applaudi et sa femme rougi de contentement. Lui-même était ressorti tout groggy de ce petit récital en famille. C’étaient là ses moments favoris. Cette intimité entre l’art et l’humain. Cette symbiose de la création la plus parfaite avec l’espèce la plus pure ! Bientôt ses enfants seront grands. Bientôt ces jeunes aryens prendront la relève. Ils sont le futur, l’avenir de la race !

    « Tout comme lui… » songea encore le docteur, en distinguant la tête à travers la peau du ventre. Il dégagea doucement les draps. Le sexe de la femme apparut, encore plus blond, plus solaire que les cheveux.

    « Fille d’Ève, sois forte ! » récita-t-il en lui-même. Le médecin passa doucement ses doigts sur les poils, comme s’il les lissait, les lustrait. L’infirmière se raidit, surprise, mais la future mère n’en sourit que davantage. Ses yeux plongèrent dans ceux du praticien, comme la glace se dissout dans le feu. Un choc tellurique. La naissance d’un monde.

    — Vous êtes prête ? demanda-t-il alors à Fräulein Greve.

    — Je suis… prête, répondit-elle, la voix hoquetante, non de peur mais d’émotion.

    L’infirmière s’avança d’un pas, en poussant une table roulante couverte d’ustensiles métalliques. Puis elle inclina le lit de la parturiente, et le transforma en table d’opération.

    — Alors allons-y… dit froidement le médecin, en enfilant des gants stérilisés.

    L’accouchement fut un rêve. La mère croyait entendre chanter les anges. Ce n’étaient pourtant que ses propres cris, ses propres gémissements, mais elle était si engagée, si galvanisée, qu’elle ne ressentait plus la souffrance. Sa conscience avait eu raison de ses nerfs. Elle sentait son ventre ravagé, ses chairs lacérées, mais ce n’était que joie, qu’évidence. Elle se livrait tout entière, aussi immaculée qu’à sa propre naissance.

    Jamais elle n’avait connu d’autre homme. Elle était restée pure pour ce soldat qu’elle avait vu l’espace d’une nuit, d’une heure, d’un baiser. Mais en le prenant dans ses bras, en l’accueillant en elle, en le laissant la pénétrer, c’est au Führer qu’elle offrait sa virginité ; c’est au Reich qu’elle faisait don de sa pureté, de son innocence, de sa beauté. Elle n’était pas grosse d’un homme, mais d’un pays. Et cette responsabilité la guidait depuis neuf mois.

    Ses frères l’avaient reniée, son père l’avait conspuée. Seule sa mère avait eu la vraie, la saine réaction :

    — Tu nous montres la voie, Heidi. Ne leur en veux pas, ils y viendront aussi…

    Mais elle ne leur en voulait pas. Comment le pourrait-elle ? Sa vie avait pris un sens, alors qu’eux vivaient dans les ténèbres. Chaque jour de sa grossesse, sa foi avait grandi, comme poussait ce petit être si rare, si vrai, au creux de ses entrailles.

    Une dernière douleur. Un cri strident, abyssal. Et la joie de l’infirmière.

    — C’est un garçon ! exulta-t-elle, tandis que le médecin tranchait le cordon ombilical.

    Heidi pleurait de bonheur. À la pendule de la salle d’opération, elle réalisa que l’accouchement avait duré près de cinq heures.

    Elle croisa alors les yeux du docteur : toute joie semblait l’avoir déserté. Les dents serrées, les sourcils froncés, il arracha ses gants avec un air de dégoût.

    La jeune mère comprit que quelque chose n’allait pas…

    — Que… que se passe-t-il ? balbutia-t-elle.

    Mais ils ne l’écoutaient pas. L’infirmière confia l’enfant au docteur, qui le prit dans ses bras malgré sa moue écoeurée.

    Il le saisit par la nuque et tendit le bras pour le montrer à sa mère. Le cou tordu, l’enfant mugit.

    Heidi n’arrivait plus à parler. Ce bébé, c’était une partie d’elle-même. Elle crut qu’on la saisissait par les cheveux, qu’on l’empêchait de respirer.

    Le bébé était de plus en plus rouge, se débattant comme s’il allait exploser. Le docteur venait de passer de l’abattement à une atroce neutralité. Plus rien ne filtrait de son regard d’acier.

    Heidi était paralysée. Les mots, la haine, la peur, tout s’engouffrait dans sa conscience, mais elle n’arrivait plus à parler. Seules les larmes ravageaient son visage.

    Le visage, justement… Le docteur affecta l’austérité, comme un policier annonce une mauvaise nouvelle.

    Il vint s’asseoir à côté de Heidi, sur le lit, et posa le bébé contre sa poitrine. Instinctivement, le bébé tendit ses lèvres haletantes vers le sein rose de sa mère, mais elle n’osait plus toucher l’enfant. Comme si elle redoutait de trop s’y attacher, de ne plus jamais vouloir le lâcher.

    Elle se contentait de fixer la figure du bébé, qui semblait effaré par la douleur, le bruit, la lumière ; le monde s’ouvrait à lui de façon si atroce. Surtout, il y avait cette plaie rose, monstrueuse, au milieu de la figure.

    — Equarta labia, assena le médecin.

    La mère restait interloquée.

    — Vulgairement, on appelle cela un « bec-de-lièvre », expliqua le docteur d’une voix encore plus neutre, comme s’il faisait un cours. Division de la voûte palatine, absence de la luette… Classique, n’est-ce pas ?

    Heidi ne savait quoi répondre. Lentement, son corps se détendait, et elle retrouvait l’usage de ses mouvements.

    Elle réussit à bouger la main jusqu’au bébé, mais elle surprit alors le geste de l’infirmière.

    Celle-ci était en train de remplir une seringue, l’oeil concentré.

    Sans même poser de question, Heidi avait compris…

    Sa main frôla l’enfant, mais le docteur se recula, gardant le bébé contre lui.

    L’infirmière lui tendit la seringue.

    — Merci, Schwester, lui dit-il. Prenez l’enfant dans vos bras, je ne voudrais pas qu’il se débatte. — NOOOOOOOOON ! ! ! ! hurla la mère, sans parvenir à se redresser, comme si on la maintenait prisonnière d’une cuirasse de plâtre.

    D’une main, le médecin caressa la tête de l’enfant. On aurait pu croire qu’il allait y poser un baiser, tant ce geste était doux et tendre. De l’autre main, il approcha la seringue du haut du crâne.

    La mère était bouche bée. Ses lèvres poussaient des cris muets. Elle vit l’aiguille se poser sur la fontanelle. L’enfant ne criait plus. Toute la pièce baignait dans un silence atroce. Le grand calme avant la mort.

    Lorsque l’aiguille pénétra dans son crâne, l’enfant n’eut qu’un sursaut. Ses yeux s’arrondirent et, instinctivement, il les tourna vers sa mère.

    Le médecin enfonça davantage puis pressa la seringue.

    L’infirmière elle-même se retenait de trembler. Elle sentait le petit être se relâcher entre ses bras.

    Mais le bébé restait pétrifié. Figé dans une tentative de dévisager sa mère ; de la reconnaître ?

    Heidi essayait de s’abstraire, d’oublier, de ne pas comprendre. Mais les yeux de l’enfant étaient si grands, si avides.

    « Les mêmes que moi… »

    En dardait un mélange de reproche et d’apaisement.

    — La première génération doit être saine, dit le médecin sans passion, avec une résignation épuisée, tandis qu’il retirait la seringue.

    — Donnez-le-lui, maintenant, fit-il à l’infirmière.

    — Jawohl, Doktor Schwöll !

    Celle-ci posa le bébé dans les bras de sa mère. Malgré son visage défiguré, malgré la petite rigole rouge qui lui barrait le front, un calme étrange baignait le nourrisson.

    Heidi le prit, comme une porcelaine. À nouveau leurs yeux se croisèrent. Ceux de l’enfant étaient maintenant voilés de beige. Son regard s’éloignait, repartait d’où il était venu.

    Il eut un soubresaut, une sorte de petit hoquet, puis il laissa valser sa tête en arrière.

    La mère était anéantie. Elle ne sentit même pas les mains de l’infirmière qui lui reprit le bébé. Elle entendit à peine la voix du médecin, douce, posée.

    — Après un mois de convalescence, vous serez à nouveau transférée à la maternité de Halgadøm. Il y aura là-bas de superbes officiers qui vous feront oublier ce petit… incident de parcours…

    Le médecin flatta la joue de Heidi avec un rictus de maquignon et ajouta :

    — Vous êtes jeune, Fräulein Greve, et le Reich a encore besoin de vous !

  • Interview de l’auteur

    Pour la première fois, vous vous lancez dans le thriller contemporain. Vous reconnaissez-vous dans ce genre ?

    Nicolas d’Estienne d’Orves : Oui, d’une certaine manière. Je fais partie de cette génération qui est tombée dans les livres en lisant Stephen King. J’ai toujours aimé avoir peur ; que ce soit devant un livre, un film ou un opéra (si, si ! c’est possible !) Et arriver à recréer la peur, l’inquiétude, l’étrangeté, le malaise est pour moi un défi que je m’impose à chaque nouveau livre. C’est pourquoi je n’ai pas réellement l’impression de changer de genre avec Les Orphelins du mal. Disons que je creuse, je tâche d’approfondir mes thèmes de prédilection… et mes obsessions !

    Sans trop en dévoiler, que pouvez-vous raconter de l’histoire du livre ?

    NEO : Oula, c’est un exercice difficile pour l’auteur… Si j’avais l’âme synthétique, je dirais que c’est une enquête policière et historique, qui s’étire entre les années 30 et nos jours, de la France à l’Allemagne en passant par la Norvège. On y rencontre une journaliste ambitieuse, un collectionneur ambigu, des rescapés du nazisme… et on finit par se demander si le IIIe Reich est vraiment mort en 1945… Pour faire prétentieux, je dirais que c’est le parcours initiatique de différents personnages en quête de leurs origines, de leur identité, de leur histoire… Chacun à sa façon, ils sont des orphelins du mal.

    Vous avez choisi une construction romanesque ambitieuse, qui court sur plusieurs époques. Est-ce votre passion pour l’opéra qui vous a inspiré ?

    NEO : Plutôt ma passion pour le cinéma. Je conçois mes livres par tableaux, par scènes fortes (avec leurs odeurs, leurs couleurs, leur musique) et mon plan est comme un story-board. Pour vous faire une confidence, durant les deux ans et demi que m’a demandé la gestation de ce livre, j’ai presque arrêté de lire. Hormis la (très vaste !) documentation dans laquelle j’étais plongé, je me suis emmuré dans les séries télévisées, qui ont été une perpétuelle source d’inspiration. La structure dramatique d’un 24 H chrono, d’un Lost, et même d’un Six feet under sont de vrais modèles de construction. Ils ressuscitent cette virtuosité feuilletonesque que l’on a pu connaître en France au XIXe siècle, d’Alexandre Dumas à Eugène Sue. Le triomphe du roman populaire de qualité.

    On sent à travers votre roman une grande connaissance de cette époque où l’Allemagne se donnait au nazisme. D’où vous vient cet intérêt ?

    NEO : Le nom que je porte pousse au déterminisme ! Honoré d’Estienne d’Orves, mon grand-oncle, était résistant. Il a été fusillé en 1941 et de nombreuses rues et places en France portent son nom… donc le mien ! Bref, j’ai beau m’en défendre : je suis né pendant l’Occupation. Mais j’ai toujours été intéressé par l’autre côté de cette atroce barrière. Comment le pays de Bach et Goethe a-t-il pu enfanter le Léviathan ? Ce sont ces noces sanglantes de l’humanisme et de la barbarie qui m’ont toujours intrigué. Je leur avais d’ailleurs consacré un précédent roman, Fin de Race.

    Vous avez choisi un thème difficile, le Lebensborn, l’organisation de la naissance d’une nouvelle race aryenne dans des haras humains. Comment l’idée vous est-elle venue ?

    NEO : C’est l’une des parties les plus douloureuses et les moins connues du IIIe Reich. Avant tout car de nombreuses personnes aujourd’hui encore vivantes y ont été conçues ! Peu de romans l’ont abordé, ce sujet, et il m’a semblé intéressant de défricher de ce côté, fût-ce par le biais d’une pure fiction policière. Et le fait qu’il y ait eu un foyer du Lebensborn dans l’Oise, à quelques kilomètres de Senlis, ma ville d’enfance, a peut-être servi de déclencheur.

    Comment avez-vous travaillé ? Avez-vous eu besoin de longues recherches ?

    NEO : Voilà des années que je voulais faire une sorte de grand roman fondé sur toute la dimension ésotérique, pour ne pas dire magique, du nazisme (ses collusions avec les sociétés secrètes, l’archéologie, la quête du Graal etc.) J’avais pour cela accumulé des notes par centaines, sans vraiment savoir ce que j’en ferais… Puis, j’ai rencontré Bernard Fixot, qui m’a donné les moyens de me lancer dans l’aventure en me faisant une confiance presque téméraire ! J’ai alors repris toutes mes notes et l’histoire s’est peu à peu imposée à moi. Le plan est né sur les murs de mon appartement, sous la forme de centaines de post-it disséminés dans toutes les pièces, comme un puzzle. Un puzzle que j’ai mis plus de six mois à ranger dans le bon ordre, avant de m’enfermer dans l’Histoire, comme un demi moine !

    Vous avez des descriptions de lieux avec des images très fortes (la province française, les îles du Nord de l’Europe, l’Allemagne). Avez-vous visité ces endroits pour écrire, ou est-ce la restitution de paysages intérieurs ?

    NEO : La province que je décris, le Tarn, est celle de ma famille paternelle. Je n’ai donc eu qu’à piocher dans quelques souvenirs… et masquer quelques noms. Pour ce qui est de la Norvège, je me suis inspiré d’images et de descriptions des archipels Lofoten, que j’ai totalement fantasmées pour en faire un pur matériau littéraire. C’est la géographie au service du conte de fée ! L’exploration la plus dure, en fait, ça a été de me mettre dans la tête d’une jeune femme de 25 ans…

    Il y a une dimension tragique dans le livre, mais aussi de l’humour, parfois potache. Est-ce une marque de fabrique ?

    NEO : C’est mon péché mignon, je le confesse : l’alliance du dramatique et du comique, la rupture de ton, le contraste qui frappe, qui dérange, qui agace, j’adore ça ! C’est peut-être mon côté gothique : sous la noblesse des rosaces, il y a toujours une gargouille qui grimace. Dans une autre vie, j’ai dû être un Quasimodo !

    Êtes-vous étonné de voir cette thématique de l’Allemagne nazie revenir sur le devant de la scène ?

    NEO : Le nazisme est toujours sur le devant de la scène ; c’est juste que cette année, il a obtenu le Goncourt ! Le succès des Bienveillantes (livre admirable, vertigineux et très intimidant) est la preuve que le mal incarné par les nazis n’en finira jamais de faire couler de l’encre. Depuis Dante, on croyait l’Enfer loin sous nos pieds ; en 1945, on a compris qu’il avait éclos en plein centre de l’Europe.

    Quels sont les thrillers/policiers ou autres (littérature et cinéma) dont la lecture vous a impressionné ? ou même inspiré ?

    NEO : J’ai une culture littéraire et visuelle très éclectique, voire un peu bric-à-brac, et je m’efforce de ne pas me laisser influencer, sinon je serais tout bonnement incapable d’écrire ! Du côté des maîtres je citerai pêle-mêle Borges, Dostoïevski, Morand, Simenon, Dumas, Barrès, Nabokov, Marcel Aymé, Pierre Louÿs, Poe, Mark Twain, Fitzgerald, Larbaud, Capote… Mais mon jardin secret s’enchante devant Jean Ray, Serge Brussolo, Barjavel, Abellio, Pierre Véry, André Hardellet… Il y a deux ans, un thriller comme La Conspiration des Ténèbres de Théodor Roszak m’a beaucoup impressionné et je l’ai regardé comme un modèle à suivre. Enfin, je ne dirai jamais assez la dette que j’ai contractée à l’égard du Matin des Magiciens de Pauwels et Bergier et du Pendule de Foucault d’Umberto Eco qui, au lycée, m’ont ouvert à l’étrange… Pour ce qui est du cinéma, je suis un farouche défenseur du vrai cinématographe (Bresson, Renoir, Welles, Tarkovski, Pialat, Powell, Rivette, Antonioni, Cassavetes, Pasolini, Altman, Bunuel, Bergman… que je vois et revois sans cesse). Mais j’adore aussi tout un cinéma bis, dans lequel j’engloberai en vrac par exemple George Romero, Joël Seria, Jean Yanne, Paul Verhoeven, Mel Brooks, les Monty-Python, Serge Leroi… Enfin, mon dieu vivant reste avant tout Jean-Pierre Mocky, ce qui m’a valu bien des brouilles avec mes amis cinéphiles !

    Quelle place tient aujourd’hui l’écriture dans votre vie ?

    NEO : Celle d’une drogue dure : chaque jour un peu plus indispensable… et plus douloureuse !

  • Critiques Presse

    Paris Match, 19/25 avril 2007 : "On pénètre avec gourmandise dans les arrière-cuisines de cette dictature qui apparaît plus que jamais aussi tentaculaire qu’une pieuvre."

    Jasmin, 7 avril 2007 : « Nicolas d’Estienne d’Orves plonge donc au coeur du mal sans complexe, fort d’un art de la composition et du suspense digne des auteurs de séries télé US. »

    Le Figaro Magazine, 24 mars 2007 :« Erudit, trépidant, parfois poétique, souvent virtuose, Les Orphelins du Mal sont avant tout l’oeuvre d’un auteur qui aime passionnément la littérature populaire et qui ne la prend jamais de haut. »

    Livres Hebdo, 9 mars 2007 : « Nicolas d’Estienne d’Orves a savamment construit un thriller aux multiples ramifications. Les Orphelins du Mal révèle un romancier naturel capable de poser sa patte sur un genre qui lui va comme un gant. »

  • Avis des lecteurs ( 17 avis )

    Donnez votre avis sur cet ouvrage

    • catherine
      25 février 2010 09:35

      Cher Vladimir, nous attendons donc votre prochain ouvrage qui aura le mérite de nous captiver, à lire votre propos ! Vous devez être un virtuose de la langue française. Toujours est-il que les orphelins du mal me captivent, je ne l’ai pas encore terminé. Je me demande toujours où est la part de réalité et la part de fiction car la plupart de ces personnages ont réellement vécu ainsi que certains lieux évoqués. Mais peut-être est-ce là la subtilité de l’écrivain ? Semer le doute ! Quel talent

    • Jayson
      16 décembre 2009 09:50

      Une splendide histoire bien ficellée et une intrigue malsaine.
      De toute façon, les thrilers sont rarement là pour nous cultiver donc quitte à en lire un, autant qu’il sorte de l’ordinaire.
      De plus, excépté la fin, le scénaris est largement crédible.
      En tout cas, le suspence est bon et comparé à bien d’autres romanciers du genre, ça se lit jusqu’à la fin...

    • Aude D’AMBROSIO
      2 mai 2009 19:27

      J’ai lu ce roman d’une traite ! S’il reste une fiction, il est merveilleusement bien documenté et très instructif !
      Une réussite totale !

    • Dewerdt Charlaine
      18 avril 2009 19:00

      Je peux dire que j’ai été passionée durant toute ma lecture par cette façon de combiner plusieurs époques et évenements qui parraissent réalistes, car si on ne m’avait pas dit que cet ouvrage était de fiction, j’aurais bu mot pour mot les écrits y figurant et tous les évenements passés. Un livre vraiment génial !En tand que lycéenne je peux dire que cet ouvrage à été ma révélation de l’année et que l’auteur à réussit à me faire prendre conscience que même si les faits qu’il relate dans ce livre ne sont pas réalistes, l’intention des nazis pouvait fort bien y être proche.

    • Anonyme
      3 février 2009 12:09

      ce livre n’est ni une biographie ni un manuscrit historique,alors pouquoi chercher la petite bête en disant :il y a des invraissemblances et des coincidances.L’auteur n’a jamais parlé de livre historique .En attendand j’ai trouvé ce livre très interréssant et passionnant.

    • sabrina
      30 janvier 2009 15:21

      je ne suis pas tres partisante de ce genre d histoire mais je dois que des les premieres pages je ne l ai plus lacher emouvant qui vous tient en haleine . je n ’en suis qu a la moitie et deja je me suis qu il faut que je lise toute les histoires concernant hittler. comme dit l auteur le nazis est il vraiment mort et enterrer ? le nazisme et le raciste e serait pas cousin germain ? bonne question

    • Lüce
      6 octobre 2008 11:59

      Bon livre ma fois, bien que legerement iréaliste en se qui concerne les reactions des personnages. J’ai une certaine pation pour pour l’histoire nazi et ce livre ma tout de même fait frissoné. Une note ? 8/10 =)

    • matthrie
      24 septembre 2008 13:43

      Je viens de terminer cet ouvrage,et je l’ai trouvé intéressant sur le son style et son histoire. Mais j’ai été déçu à la fin (10 dernières pages) qui vire vers le fantastique. Dommage !

    • bc80
      21 août 2008 13:50

      Ce livre est à la fois passionnant et terrifiant dans la mesure où il explore le Nazisme sous un angle très peu connu. C’est vraiment un très bon bouquin.

    • Elodie
      17 août 2008 21:44

      Livre excellent, je viens à peine de le commencer et je suis déjà accro. Vivement la suite de ma lecture por connaitre la suite !!

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L'actualités des Editions XO

Signature :
Guillaume Musso
au Virgin Champs Elysées
jeudi 5 avril à 18h

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