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Le Mystère de la Main rouge

Juillet 1789.

La Bastille vient de tomber. Danton, Desmoulins et Robespierre entrent dans l’Histoire. Au milieu du tumulte, le jeune et brillant journaliste Gabriel Joly a découvert l’identité du Loup des Cordeliers, ce mystérieux justicier qui hante, la nuit, les rues de Paris. Mais alors qu’il est sur le point de le confondre, voilà que celui-ci disparaît !

La course-poursuite s’engage, menant Gabriel jusque dans les maquis de l’île de Corse, sur les traces de la Main rouge, étrange société secrète dont les membres tentent d’influer sur la Révolution en cours.

Accompagné du pirate Récif et de l’intrépide Théroigne de Méricourt, Gabriel parviendra-t-il à retrouver le Loup des Cordeliers et à découvrir ses plus noirs secrets ? Entre complots et trahisons, il devra faire usage de sa plus grande sagacité pour résoudre l’énigme de la Main rouge.

La suite attendue du Loup des Cordeliersroman salué par François Busnel, de La Grande Librairie.

 

 

Interview de l’auteur

Avec ce nouveau roman, qui se présente comme la suite du Loup des Cordeliers, on retrouve avec plaisir votre héros, le journaliste d’enquête Gabriel Joly. Quelques jours seulement après la prise la Bastille, le voilà sur la piste d’une étrange société secrète, La Main rouge. Racontez-nous…  

Le Mystère de la Main rouge débute quelques secondes à peine après la fin du Loup des Cordeliers. Gabriel Joly vient de se faire assommer par ce justicier masqué dont il est le seul à avoir découvert la véritable identité. Quand il reprend connaissance, le Loup a disparu… Débute alors une nouvelle enquête, pleine de rebondissements, pour retrouver le mystérieux fuyard. Ainsi, pendant qu’à l’Assemblée nationale la célèbre nuit du 4 août se prépare, Gabriel mène ses investigations, entouré des mêmes personnages que dans le premier tome : Desmoulins, Danton et Robespierre, le libraire Momoro et l’écrivain Mercier, mais surtout l’intrépide Théroigne de Méricourt et le pirate Récif. La longue course-poursuite va mener nos héros jusque sur l’île de Corse et leur faire vivre une authentique bataille navale de piraterie, avec course et abordage à la clef ! Ce deuxième tome est, à l’évidence, un hommage assumé aux romans d’aventure et aux romans feuilletons du xixe siècle, façon Alexandre Dumas, Eugène Sue ou Paul Féval, où l’action, l’humour et le suspense accompagnent le lecteur de page en page. Mais c’est aussi, pour moi, l’occasion de proposer un éclairage différent sur la période trouble que nous traversons en ce moment, en la comparant à celle de la Révolution… Entre gilets jaunes et Covid-19, les analogies de l’histoire sont parfois étonnantes et invitent à la réflexion !

 

Votre roman est riche de références historiques mais aussi mythologiques. Comment vous êtes-vous documenté ? Qu’en est-il en particulier du culte antique de Mithra qui occupe une place centrale dans votre intrigue ?

La documentation dans la série des aventures de Gabriel Joly représente au moins la moitié de mon travail. J’ai une nouvelle fois bénéficié de l’aide avisée de plusieurs historiens spécialistes de la période, et j’ai de nouveau lu – non sans plaisir – plus d’une cinquantaine d’ouvrages, tantôt d’époque (plus savoureux…), tantôt modernes (plus rigoureux…). Pour ce qui est du culte antique de Mithra – né en Perse au iie siècle avant J-C, mais qui a connu une période de renaissance pendant l’empire romain –, je m’en suis en effet inspiré pour créer cette étrange société secrète dite de la Main rouge, mais pas uniquement. Celle-ci est aussi inspirée du carbonarisme, une société initiatique et politique qui est apparue quelques années plus tard en Italie, et qui puisait ses rituels dans ceux du compagnonnage et de la franc-maçonnerie, en les dévoyant quelque peu… Comme souvent dans mes romans, je me suis amusé à prendre le contre-pied des sempiternelles théories du complot – et il y en a eu beaucoup au sujet de la Révolution, tout au long du xixe – pour en tirer, avec humour je l’espère, le substrat romanesque. En renouant avec le polar dit ésotérique, j’ai encore voulu rendre hommage à Dumas et à son Joseph Balsamo. Gabriel Joly, enquêteur fondamentalement cartésien, s’amuse du complotisme ambiant et de l’ésotérisme de bazar de cette société secrète, un peu à la manière du Guillaume d’Ockham de mon cher et vénérable Umberto Eco, un autre de mes maîtres à écrire… 

Vous semblez avoir eu beaucoup de plaisir à faire vivre la Corse de l’époque. Entretenez-vous un rapport particulier avec l’île de Beauté ?

Oh oui ! J’ai la chance de compter en Corse de merveilleux amis, que je vais voir aussi souvent que possible, et qui me font chaque fois partager leur amour pour leur terre. La Corse est pleine de mystère et de légendes, c’est un terrain fabuleux pour le roman d’aventure. Mais, surtout, les révolutions corses ont précédé la Révolution française. Depuis la nuit des temps, le peuple de Corse, soumis à l’oppression, se bat pour sa liberté. Un combat qui m’est cher. En outre, cela a été pour moi l’occasion d’approfondir ma connaissance de l’histoire de l’île, que nous ignorons trop souvent sur le continent. C’est une histoire fascinante, profondément émouvante, et je pense qu’on ne peut pas vraiment comprendre la Corse sans comprendre son histoire, ses luttes ancestrales contre les annexions successives… Enfin, comme son surnom l’indique, l’île de Beauté est tout de même l’une des terres les plus ravissantes de notre planète ! 

De nombreuses figures historiques traversent votre roman, comme la flamboyante Théroigne de Méricourt ou l’écrivain prolifique Louis-Sébastien Mercier. D’autres, comme le pirate Récif, sont pure fiction. Comment avez-vous procédé à votre « casting » ?

En réalité, en dehors du Loup, du héros Gabriel et de son meilleur ami, le pirate Récif, tous les personnages du roman sont en effet des figures historiques de la Révolution. J’aurais pu choisir un personnage réel comme héros, mais je voulais me laisser une plus grande liberté, pouvoir réserver des surprises aux lecteurs. La série de Gabriel Joly n’est pas un livre d’histoire, c’est avant tout un roman d’aventure et, même si j’ai tenu à rendre le plus fidèlement possible tout ce qui touche à l’histoire de la Révolution, je tenais avant tout à faire des romans ludiques et emplis de suspense. Pour Gabriel, le héros, il a sans doute en lui un peu de Sherlock Holmes, d’Hercule Poirot et de Guillaume d’Ockham, mais c’est aussi un personnage que je tiens à accompagner longtemps, et qui va beaucoup évoluer, grandir, apprendre et se blesser… À la fin du deuxième tome, il n’est déjà plus du tout le même jeune homme qu’au début du premier !

 Restons sur Récif. À vous lire, on sent une grande tendresse pour ce personnage…

En effet… D’abord parce qu’il est assez directement inspiré d’un ami qui m’est cher, un authentique pirate des temps modernes, libertaire, un autodidacte brillant, malin et roublard à souhait, dont les ancêtres ont très probablement navigué dans les eaux de la République des pirates de Salé, aujourd’hui rattachée au Maroc. Et ensuite parce que la figure romanesque du pirate m’a toujours séduit. Adolescent, j’étais friand de romans de piraterie, et je me régale à présent à mettre en scène un grand coquin de flibustier !

 Le Loup des Cordeliers a été un grand succès. Au-delà de l’engouement du public pour l’intrigue et votre héros Gabriel Joly, estimez-vous qu’il traduit un fort intérêt des Français pour la Révolution ?

Pour la Révolution française en particulier, oui, et pour l’esprit révolutionnaire en général, certainement. Ce moment incroyable de notre histoire a forgé beaucoup de nos valeurs, celles de notre République et de sa devise, Liberté, Égalité, Fraternité. Et puis la Révolution entre étonnamment en écho avec notre actualité. Ce n’est sans doute pas un hasard si une série télévisée française se lance sur le même thème, en ce moment même. Le thème de la liberté et de la quête de souveraineté des peuples est souvent présent dans mes romans ; il l’était dans la trilogie de La Moïra ou dans mon roman Nous rêvions juste de liberté, et je pense que c’est un thème qui est aussi cher aux lecteurs. La modernité est souvent perçue comme allant de pair avec une perte de liberté. En réalité, je crois que se battre pour se créer un espace de liberté est un combat quotidien et ancestral, peut-être même celui qui donne le sens le plus profond à notre existence.

 Quels sont vos projets d’écriture ? Retrouvera-t-on prochainement Gabriel Joly dans une nouvelle aventure qui nous plongera, plus loin encore, dans les coulisses de la Révolution française ?

Je prends énormément de plaisir à faire vivre Gabriel et je pense que, tant que ce plaisir sera intact, je continuerai de l’accompagner sur ses aventures dans la France révolutionnaire. Je travaille déjà sur la suite, dont je peux vous dire que l’essentiel de l’intrigue se déroulera entre les murs de la Comédie- Française, qui était à l’époque installée dans notre actuel théâtre de l’Odéon… Il me reste encore beaucoup de choses à dire sur la Révolution : ce deuxième tome se termine à la fin de l’été 1789, nous n’en sommes qu’aux débuts ! Quand nous en serons à la période dite de la Terreur, par exemple, ce sera encore pour moi un terrain extraordinaire pour des romans à suspense ! Qui sait ? Gabriel est même assez jeune pour continuer à enquêter pendant l’Empire ! On verra… Ce format feuilletonnant me permet en tout cas de développer les personnages avec bien plus de profondeur qu’on ne peut le faire en un seul roman et, à chaque nouveau tome, c’est un peu comme retrouver des amis que l’on voit mûrir. Bref, rendez-vous déjà l’année prochaine, car j’ai bien l’intention de poursuivre sur ce rythme d’un roman tous les ans ! Quand je n’y prendrai plus de plaisir, nous passerons à autre chose (j’ai encore une ou deux autres époques à visiter…) ! J’ai toujours pensé que pour que le lecteur prenne du plaisir, l’auteur devait aussi en prendre. Et pour l’instant, le plaisir est au rendez-vous, donc, nous n’en avons pas terminé !

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