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Reine de Palmyre

Avec la reine Zénobie, A.B. Daniel ressuscite les jours somptueux de Palmyre, perle de Syrie aujourd’hui menacée.

La nuit où Zénobie vient au monde, au IIIe siècle de notre ère, dans le désert de Syrie, non loin de Palmyre, une boule de feu déchire le ciel pour venir frapper la terre, faisant jaillir l’eau du sable et amenant l’opulence à sa tribu. Au même moment, un jeune officier romain, Aurélien, remporte victoire sur victoire, menaçant l’ascension de la princesse du désert.

Ainsi naissent les destins croisés de ceux qui, bientôt, se livrent un combat acharné pour le pouvoir suprême. Zénobie, reine de Palmyre, vénérée comme une déesse dans tout l’Orient, et Aurélien, Dux Majorum, qui ambitionne de devenir un grand empereur guerrier.
L’histoire d’une lutte passionnée et splendide.

Sous le nom d’A.B. Daniel, le romancier Jean-Daniel Baltassat, avec Bertrand Houette son complice chargé des recherches historiques, nous offre un grand roman de passion et d’aventures fondé sur des éléments historiques très fouillés. Leur précédent défi romanesque INCA (XO Editions) a été un immense succès mondial, plus de 500 000 exemplaires vendus en France et une parution en 25 langues.

Préface de Jack Lang 
Ancien ministre de la Culture 
Président de l’Institut du monde arabe

Interview de l’auteur

Votre précédente saga, autour des mythiques Incas, a été un très grand succès. Comment avez-vous choisi votre nouveau sujet ? D’où vous est venue l’idée d’un affrontement entre un empereur romain et une reine de l’Orient ?

A. B. DANIEL : Vous venez d’utiliser le mot qui a gouverné notre choix : « mythique ». Nous voulions retrouver ce qui fait la grandeur et la splendeur historique d’Inca : des destins exceptionnels affrontant les épreuves d’un moment essentiel de l’Histoire.
Zénobie a immédiatement enflammé notre imagination. Elle est mythique autant que mystérieuse. Son destin est hors du commun puisqu’elle a voulu, tout simplement, devenir la première femme empereur de Rome !
Son époque est grandiose : l’Empire romain règne de l’Angleterre à l’Euphrate… mais s’effondre. Les dieux qui ont gouverné les croyances et le quotidien des peuples pendant plus de sept siècles, s’effacent devant le dieu des chrétiens qui ouvre l’ère nouvelle, la nôtre encore aujourd’hui…
Que peut-on rêver de mieux si l’on veut emporter le lecteur dans le grand tumulte qui a fait l’histoire des hommes ?

Précisément, quelle est la part de vérité dans ce roman ?

A. B. DANIEL : Si l’on peut se permettre cette boutade, la vérité d’un roman historique est à la mesure de l’incertitude historique !
L’histoire de Rome est bien connue, bien documentée. Nous nous sommes attachés à respecter la vérité historique des grands moments, ses grands personnages. En particulier, les batailles, les conflits d’ambitions qui jalonnent la vie d’Aurélien, jeune officier du rang qui devient Empereur par sa gloire de guerrier, sont fidèles à ce nous savons de son ascension.
À l’inverse, la personnalité de Zénobie est un mystère. Nous ne possédons pas même une image d’elle. Pas une statue, à peine un profil – très incertain – sur une pièce de monnaie. Les témoignages qui nous sont parvenus tiennent plus de la légende que des preuves historiques. Nous avons donc établi son portrait comme on le fait dans une enquête : avec des indices et des logiques sociales et psychologiques plausibles à l’époque.
Avec certitude, nous savons qu’elle a bien été reine, épouse d’un roi de Palmyre assassiné par Rome et une redoutable guerrière. Elle a considérablement agrandi son royaume au point d’en faire un mini-Empire. Il est tout aussi certain qu’elle a affronté l’empereur Aurélien, a été vaincue par lui…

Mais était-elle vraiment fille de nomades ?

A. B. DANIEL : Elle est probablement née dans une famille de riches nomades : les puissants de Palmyre étaient d’abord de riches commerçants du désert. Surtout, il semble qu’elle ait été considérée par les peuples de Syrie comme une demi-déesse. C’était le moyen le plus simple, pour l’époque, de justifier chez une femme des qualités qui n’auraient dû être que masculines : courage et ruse guerrière, noblesse et force… À quoi il faut sans doute ajouter une grande intelligence et une volonté de fer. Il en fallait pour faire trembler Rome comme elle l’a fait.
C’est ainsi qu’elle entre dans la légende et que ceux qui racontent son histoire ne peuvent s’empêcher de la comparer à Cléopâtre. Pour conclure qu’elle était encore plus belle ! Après l’avoir vaincue, l’empereur Aurélien lui-même, qui n’était pas un sentimental, subjugué par sa beauté, ne se résout pas à l’assassiner comme la « tradition » le voudrait.

Dans votre roman, un amour manqué, une jeunesse brisée et une terrible volonté de vengeance façonnent l’ambition de Zénobie et la conduisent au drame. C’est de l’imagination ?

A. B. DANIEL : De l’imagination par déduction. Au premier pas de notre travail, les questions étaient évidentes : que s’est-il passé dans la vie de cette femme pour qu’elle devienne Zénobie ? Pourquoi cette destinée fulgurante alors que rien, dans son monde, ne prédestinait une femme à surpasser les hommes ?
Nous possédions un indice : les textes qui créent sa légende vantent son charme mais insistent lourdement sur sa « froideur », sa chasteté. Au point que les moralistes du xviie siècle feront d’elle un modèle de vertu…
Heureusement pour le lecteur, nous ne les avons pas suivis ! Il y avait plus grand et plus beau à imaginer à partir de là.

On est frappé par la place que tiennent les dieux dans les choix et le destin de Zénobie. Les avez-vous inventés ou connaît-on le panthéon de Palmyre ?

A. B. DANIEL : Non, là, rien d’imaginaire. Le travail des historiens sur les divinités de l’Empire est très riche. Le panthéon de Palmyre est assez bien connu aussi. Et très fourmillant, car la place des dieux dans cette période est immense. Les divinités sont innombrables, surtout celles de l’Orient. Elles vivent en bonne intelligence, d’un peuple à l’autre, d’une caste à l’autre. Le dieu unique des chrétiens est le seul à dénoncer cette foule divine comme une fabulation. C’est la raison de son conflit avec l’Empire. La grande intelligence « politique » des chrétiens des trois premiers siècles a été de comprendre que, pour abattre cette multitude de divinités « païennes », il fallait d’abord abattre Rome. Ainsi, les chrétiens ont vaincu là où Zénobie a échoué. Quelques décennies après elle, l’empereur sera chrétien, Rome cessera d’être Rome !

Votre roman est une reconstitution minutieuse d’un univers inconnu, jusqu’aux plus petits détails. Comment se répartit votre travail entre l’écriture et la recherche historique ?

A. B. DANIEL : Sans vouloir être présomptueux ni pédant, c’est la « griffe » A. B. Daniel. C’est ce travail en double qui nous permet d’affronter des périodes très riches, où la nourriture historique abonde, et d’en dresser le paysage, la grande fresque, tout en suivant la force des personnages et de l’histoire propre à une grande saga.
Une fois le sujet choisi, Bertrand Houette fait une première recherche. Elle permet de construire un scénario, de piocher dans l’Histoire les personnages réels, d’inventer de manière plausible ceux dont le roman a besoin. Le jeu – c’est un jeu et un plaisir – est de coller autant que possible aux « vérités » de l’histoire tout en ne se frustrant d’aucune imagination.
Ensuite, la recherche historique s’approfondit dans tous les domaines – la grande histoire aussi bien que le quotidien – où la trame romanesque va nous emporter. La documentation devient énorme. Il y a un permanent aller-retour entre nous, l’un fouillant dans les documents pour soutenir – ou contredire – les folies imaginaires de l’autre. Pour écrire, il faut en être imbibé et aussi un peu distant pour que les personnages possèdent leur respiration, leur vérité. Et cela se poursuit pendant l’écriture, jusqu’aux dernières lignes.

On peut supposer qu’il y a bagarre entre le romancier et l’historien ? Qui est vainqueur ?

A. B. DANIEL : Hélas, tous les deux ! (rires). En vérité, la bagarre est permanente. Plus on avance, plus c’est terrible. Les personnages ont leur logique propre que n’ont pas toujours les faits historiques. La force de notre attelage est cette complicité qui permet la richesse du savoir autant que celle de l’imagination. Ainsi, rien n’est jamais résolu avant le mot « fin ».

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