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D’Écume et de sang

La confession bouleversante de Jeanne de Belleville, pirate au courage inouï…

« Je n’avais pas le droit de l’aimer. Pourtant, il nous a suffi d’un seul regard échangé pour que nous sachions que nous étions l’un à l’autre et que nous le resterions jusqu’à notre dernier souffle. Pas un instant je n’ai cessé de penser à lui, d’être à lui.

Alors, quand le roi de France me l’a arraché en toute injustice, tout cet amour, immense, éperdu, s’est transformé en haine. Et cette soif de vengeance a fait de moi l’être impitoyable que l’Histoire a retenu sous le nom de la “Tigresse bretonne”.

Pour que ma vérité s’entende, voici ma confession. Sans espoir de pardon. Et sans regrets. »

Jeanne de Belleville,
dame de Clisson et de Montaigu. 25 avril 1359

L’histoire d’amour tragique de Jeanne de Belleville, la pire ennemie du roi de France, sur terre comme sur mer. Un destin hors du commun qui fera d’elle une légende. Un roman épique et puissant sur l’une des plus grandes héroïnes de la guerre de Cent Ans.

Interview de l’auteur

Comment vous est venue l’idée de raconter ce personnage féminin de l’histoire de France, Jeanne de Belleville ?

J’ai rencontré Jeanne de Belleville, si je peux le dire comme ça, pour la première fois en 2005, après avoir participé au Printemps du Livre de Montaigu. J’ai découvert celle qui fut la Dame de Montaigu. Le destin de cette femme m’a tant troublée que j’en ai fait le sujet d’un mini-roman publié par le magazine Prima. Depuis, elle n’a cessé de me hanter. Mais je n’étais pas prête jusque-là à traduire la puissance émotionnelle de son histoire.

Pourquoi ce titre : « D’écume et de sang » ?

C’est l’une des phrases du livre. Un des moments les plus douloureux de la vie de Jeanne. Vécu par elle dans une aube d’écume et de sang. J’ai trouvé qu’il résumait bien ce qui avait été à la fois sa légende, son incroyable amour pour le puissant baron breton Olivier de Clisson, sa souffrance et son combat, dans cette période si tendue à la croisée de la guerre de Cent Ans et de celle de la succession au trône de Bretagne.

Racontez-nous…

Capturé par les Anglais, Olivier de Clisson a été finalement rendu à Jeanne, l’amour de sa vie. Le roi de France invite même Clisson au prestigieux tournoi qui clôt les festivités du mariage de son second fils. Et pourtant, à l’issue de joutes dont il sort vainqueur, Clisson est capturé, accusé d’avoir des accointances avec le roi d’Angleterre. Deux jours plus tard, on lui tranche la tête.

Accusé de haute trahison, son corps est même pendu au gibet de Montfaucon. Comment Jeanne de Belleville vit-elle cette injustice ?

C’est un choc. Car Olivier est parti le cœur en joie et la tête haute pour participer au mariage du fils du roi. Non seulement il était son invité, donc sous sa protection, mais il a emporté toutes les manches du tournoi qui clôturait les festivités, montrant à tous l’étendue de son mérite. Son arrestation arbitraire est donc totalement inattendue et inqualifiable. Mais c’est surtout la manière dont Jeanne apprend sa mort qui est terrible. Car le roi a ordonné que l’on pique la tête d’Olivier au sommet d’une des tours de la ville de Nantes, ville dans laquelle ils se sont rencontrés. C’est en y venant avec ses fils qu’elle découvre sa tête coupée exposée aux becs des corbeaux. Je vous laisse imaginer son horreur, sa sidération ! La sidération aussi de tous de ceux qui le respectaient, qui connaissaient son profond sens de l’honneur et qui, du coup, ne pouvaient pas douter de son innocence. C’est un crime qu’elle ne peut pas laisser impuni. Voici ce qu’elle en dit : « Ce n’est pas Olivier qui a trahi le royaume de France. C’est le royaume de France qui a trahi Olivier. Cher, très cher, sera le prix de cette déloyauté. »

Par amour, elle n’a pas d’autre choix que de se venger. Elle devient enragée jusqu’à paraître dure et cruelle…

Elle ne paraît pas. Elle le devient. L’amour qu’elle éprouvait pour Olivier était au-delà du dicible. C’est comme si une partie d’elle, la plus profonde, la plus pure et la plus belle disparaissait avec lui. Pour survivre, elle doit tuer l’épouse, la mère, la femme qu’elle était. Et devenir le plus impitoyable des chefs de guerre. Derrière elle, c’est une armée de quatre mille Bretons enragés qu’elle va soulever.

On la surnomme la « Tigresse bretonne », la « Lionne sanglante », tant elle se bat sur terre comme en mer. Peut-on dire qu’elle est la première femme pirate ?

Au moment de la mort d’Olivier, ses biens ont été saisis, elle est bannie du royaume sitôt qu’elle entame des représailles. Elle doit donc demander protection au roi d’Angleterre. Et dans la mesure où il soutient ses actions maritimes par une lettre de course, on doit plutôt la considérer comme une corsaire. Et oui, sans doute la première de l’Histoire.

Vous avez choisi d’écrire à la première personne du singulier, sous la forme d’une confession…

Oui, pour rester au plus près d’elle. Mais j’ai surtout écrit avec le sentiment que c’était elle qui me dictait cette confession. Comme autant de coups de poignard que j’ai pris en plein cœur.

Pour écrire ce roman, comment vous êtes-vous documentée ? Quelle part donnez-vous à la fiction ?

Comme toujours, au-delà de mes intuitions, j’ai fait appel à des historiens, j’ai fouillé dans les archives, je me suis rendue en repérage au château de Clisson… Mon but était que l’histoire de Jeanne se mêle à sa légende sans que l’on puisse faire de distinction entre les deux, mais en respectant totalement aussi bien ses actes que les faits.

Savez-vous déjà quel sera le sujet de votre prochain roman ?

Oui ! J’avais envie, depuis longtemps, de revisiter la légende arthurienne à travers le personnage de Morgane. Elle va donc devenir l’héroïne récurrente d’une série tout public, dont le premier roman paraîtra à l’automne prochain sous le titre : Morgan des Brumes et l’épée enchantée. Avec pour décor, l’Armorique du VIe siècle, au cours de ce que l’on a appelé le Dark Age. On va y découvrir un Arthur de quatorze ans insoupçonné !

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