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L’école buissonnière

«Au bout de l’allée forestière, là où la brume avait avalé le monde, quelque chose émergeait lentement, une chimère grandissant comme dans un rêve. Un cerf immense déchira le brouillard, sa ramure était si ample que, pendant un instant, Paul crut que l’ombre l’avait décuplée… »

Pour Paul qui n’a jamais rien connu d’autre que l’univers minéral de la banlieue parisienne, la découverte de la nature sauvage de la Sologne est fascinante.

Confié à Borel, le garde-chasse bourru du domaine du comte de La Fresnaye, et à sa femme, le jeune garçon ne tarde pas à faire la connaissance du braconnier le plus rusé du pays.

Sur les bords de la Loire se noue alors une amitié sincère entre l’homme des bois et le gamin des villes. Paul découvre les secrets de la nature, goûte à la liberté, respire à pleins poumons cette nouvelle vie, rêvant jour et nuit de cette belle et jeune Gitane qui nage nue dans l’étang de la Malnoue.

Jusqu’au jour où il tombe sur un cerf majestueux qu’il veut protéger des hommes. Une quête qui le confrontera au secret de sa propre naissance…

Avec ce roman d’apprentissage, Nicolas Vanier nous convie dans cette Sologne mystérieuse qu’il chérit depuis son enfance. 

Une ode à la nature, qui rappelle Maurice Genevoix, mais aussi une réflexion sur l’identité, les racines, l’amitié. Un texte à la fois fort et tendre, loin de l’agitation du monde.

Nicolas Vanier est l’auteur du film L’école buissonnière, qui sortira en salles en octobre 2017.

Interview de l’auteur

Après vos récits de courses (Avec mes chiens, La Grande Course…), votre Encyclopédie de la nature (Les Pieds sur terre), vous revenez à la fiction avec L’école buissonnière. Ce roman n’est-il pas d’abord un retour aux sources ?

Je suis un enfant de Sologne qui a grandi en marchant derrière les bottes de son grand-père, d’un garde-chasse. C’est dans ces forêts de Sologne et au bord de ces étangs que s’est construit mon amour de la nature. Après avoir écrit sur ces pays du Grand Nord qui remplirent une grande partie de ma vie, j’ai effectivement eu envie de revenir à ce que je suis. Comme celles des arbres, mes racines sont profondément ancrées dans cette terre.

Dans ce roman, vous faites de la Sologne un personnage à part entière. On sent chez vous une tendresse et un attachement incroyables à l’égard de cette région du centre de la France…

J’aime profondément les terres d’en haut où j’ai tant voyagé depuis que j’ai seize ans, où j’ai réalisé tant de rêves. Je m’y suis parfois senti si bien que je me suis plusieurs fois posé la question : ai-je envie de m’y installer ? Mais je n’ai jamais pu me résoudre à quitter cette petite ferme que j’habite, ces bois dont je connais chaque arbre, ces landes où j’aime me promener pour aller à la rencontre des cerfs et des chevreuils. Cette terre est ma chair.


Votre héros, Paul, est un garçonnet de onze ans, un petit citadin qui va découvrir avec éblouissement les bonheurs de la vie à la campagne. Y a-t-il un peu, chez Paul, de ce que vous étiez vous-même à cet âge ?

À onze ans, j’étais déjà plus proche d’un braconnier comme Totoche que d’un Paul qui débarque en petit parisien ignorant toutes ces choses de la nature que je connaissais très bien depuis longtemps. Je passais ma vie dans les bois, les landes et au bord des étangs. Déjà, à onze ans, je savais lire la voie d’un chevreuil ou différencier le cri des rapaces. Je savais pêcher, poser des pièges, reconnaître les champignons, construire des cabanes dans les arbres… Le petit Paul de mon roman apprend ce que les enfants des villes, de plus en plus nombreux, n’expérimentent plus, faute d’être en contact avec la forêt, les champs, les rivières et les animaux. Ce sont des valeurs que Totoche enseigne, celle de l’amitié, de la solidarité, de l’amour de la nature.

Dans ce roman d’apprentissage, Paul apprend le rythme des saisons, la cueillette des champignons, la pêche à la mouche, le nom des arbres, le chant des oiseaux… Mais il découvre également d’autres secrets plus douloureux, liés à son identité, son passé et à ses origines familiales… Ce thème vous est-il cher ?

Paul va à la rencontre d’un monde magnifique, mais assez angoissant car c’est l’inconnu. Il découvre des personnages un peu rustres d’apparence mais qui vont s’ouvrir au fur et à mesure de l’avancement de cette histoire où le présent se mêle au passé avec, pour ce petit orphelin de mère, la révélation de ce qu’il est, d’où il vient.

Quelles valeurs souhaitez-vous transmettre à travers ce livre ?

Je ne suis pas passéiste, à vouloir revenir à la charrette à cheval, mais dans ce monde qui va trop vite, beaucoup trop vite, qui abîme, détruit et se perd, il y a un nécessaire retour en arrière pour comprendre et identifier ce que nous avons perdu. Pour les besoins du fi lm, qui suivra de quelques mois la sortie du livre, nous avons reconstitué un marché de l’époque. Le soir, tous les figurants se sont mis à discuter, évoquant avec regret cette époque où les gens se parlaient, riaient, réglaient les petits conflits entre eux, échangeaient les nouvelles, minaudaient, se retrouvaient et se séduisaient sur la place du village. Aujourd’hui, les villages se meurent et les gens, pressés, vont effectuer le plus vite possible un plein de courses à l’hypermarché de la ville la plus proche. Ils remplissent leur coffre de voiture, mais que rapportent-ils d’autre ?

À onze ans, Paul lit L’Appel de la forêt de Jack London, Les Grandes Espérances de Charles Dickens… Lorsque l’on découvre dans votre roman ce personnage du grand cerf, on pense bien sûr à l’univers de Maurice Genevoix. Aujourd’hui, à quelle famille d’écrivains vous sentez-vous appartenir ?

Je n’ai évidemment pas la prétention de faire partie de cette « famille » d’écrivains prestigieux comme Maurice Genevoix que j’ai lu, relu et que je relis encore. Quelle merveille que La Dernière Harde, La Boîte à pêche ou Raboliot ! Mais de nombreux auteurs, oui, m’ont profondément inspiré : Alain Fournier et son Grand Meaulnes, Paul Vialar, Bernard Clavel, Henri Bosco, Jim Harrisson…

Ce roman, vous l’avez écrit en même temps que vous en écriviez le scénario. Le fi lm que vous avez réalisé sortira en octobre. Quel regard l’auteur que vous êtes porte-t-il sur ces deux moyens de raconter des histoires ?

On ne fait pas passer les mêmes émotions, on ne délivre pas les mêmes informations dans un livre et dans un film. Lorsqu’un de mes romans devient un film ou l’inverse, cela comble deux passions profondément ancrées en moi : l’écriture et la mise en scène. Avec la sortie du livre, puis du fi lm dans lequel joueront d’immenses comédiens comme François Cluzet et François Berléand, j’espère faire partager mon amour de la Sologne, des sentiments vrais, loin de l’agitation du monde.

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